Les Abenomics font augmenter de 0,9% le PIB japonais au premier trimestre

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La croissance économique au Japon a progressé de 0,9% au premier trimestre par rapport au dernier trimestre de 2012, une bonne nouvelle pour le Premier ministre conservateur Shinzo Abe qui a fait de la relance son cheval de bataille depuis son retour au pouvoir en décembre.

La croissance est bien de retour au Japon. Le pays, qui était sorti de six mois de récession au dernier trimestre 2012, a vu au premier trimestre 2013 sa production progresser de 0,9%. Entre octobre et décembre 2012, son Produit intérieur brut (PIB) avait enregistré une hausse de 0,3% par rapport au trimestre précédent, d'après des données révisées publiées jeudi.

Selon ces statistiques officielles, l'activité s'est intensifiée au début 2013, encouragée par une certaine reprise de l'économie américaine ainsi que diverses mesures de soutien prises par le nouveau gouvernement au Japon, bien que les entreprises restent prudentes. Le moral des consommateurs a fortement rebondi depuis le retour aux affaires du conservateur Shinzo Abe en décembre, suite à la large victoire de son Parti Libéral-Démocrate aux législatives du même mois.

Sitôt réinstallé, Shinzo Abe a fait pression sur la Banque du Japon (BoJ) pour qu'elle assouplisse davantage sa politique monétaire, afin d'aider le pays à sortir de la déflation qui entrave la consommation des ménages et l'investissement des entreprises.

Hausse des exportations vers les Etats-Unis

Principal moteur de l'activité, la consommation des ménages a grimpé de 0,9% au premier trimestre par rapport au précédent, bien que des analystes avertissent qu'elle pourrait se faner si les salaires ne progressent pas à leur tour. Les exportations ont aussi augmenté en ce début d'année, à un rythme dynamique (+3,8%), tirées par une hausse des ventes d'automobiles notamment vers les Etats-Unis et une accélération des livraisons de produits chimiques. Elles ont augmenté plus vite que les importations (+1,0%), rendant la contribution du commerce extérieur du Japon à sa croissance positive pour la première fois depuis le premier trimestre 2012.

Jadis structurellement excédentaire grâce à la puissance de l'industrie (automobile, électronique, sidérurgie, etc.), la balance commerciale japonaise est en effet régulièrement déficitaire depuis l'accident nucléaire de Fukushima de mars 2011 qui a élevé les besoins du pays en pétrole et gaz importés.

Yen faible et travaux publics pour la relance

Nombre d'économistes estiment que la récente dépréciation du yen, favorisée par la politique monétaire ultra-accommodante de la BoJ, devrait continuer de doper l'industrie nationale, ce qui compensera largement l'inconvénient du renchérissement de la facture énergétique.

Le gouvernement a consacré plus de 40 milliards d'euros aux travaux publics dans son budget annuel, qui s'ajoutent à une somme voisine déjà intégrée dans un plan de relance mis sur les rails en janvier. La demande publique, qui a augmenté de 0,6% au premier trimestre, pourrait donc continuer de grimper et doper la croissance.

Seule ombre au tableau, l'investissement privé (hors immobilier) a continué de reculer, de 0,7%, indiquant que les entreprises restent malgré tout prudentes. Après une croissance honorable de 2,0% enregistrée en 2012, le PIB japonais pourrait progresser de 1,6% en 2013 d'après les dernières estimations du FMI.

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Commentaires
a écrit le 16/05/2013 à 19:38 :
A lire les commentaires, beaucoup semblent ignorer que les créanciers du Japon sont... les Japonais eux-même ! Eh oui, la dette de l'Etat a beau afficher un nombre extravagant (presque 240% du PIB), il n'en reste pas moins qu'elle est financée à 93% par les Japonais, et ça, ça change tout ! En effet, car les épargnes Japonaises représentants plus de 300% du PIB, c'est le peuple qui de lui-même achète les obligations d'Etat, plaçant la dette à l'abri des marchés en étant seuls maîtres à bord, même les agences de notations telles que Moody's n'ont absolument aucun pouvoirs, pas même une quelconque influence. Sans oublier que de ce fait, ils fixent eux-mêmes leurs propres taux d'intérêts (actuellement fixés par la boj à 0,1%). L'autre point non négligeable et que tous semblent aussi ignorer, c'est que le Japon est le premier créancier de la planète devant même la Chine, c'est lui qui finance les dettes du monde entier, ce qui laisse un pouvoir d'action à la boj encore bien plus important, et rend la dette Japonaise encore plus sûre...
a écrit le 16/05/2013 à 15:11 :
Le Japon tente de siphoner le monde pour payer ses retraites. La stratégie Abe a produit un feu de paille alors que les stocks et la production industrielle du pays baissent. Pourtant les acteurs économiques ne se réforment pas ou si peu. Si l'on est investisseur on se tiendra à l'écart des sirènes financières japonaises.
a écrit le 16/05/2013 à 14:50 :
500 milliards annuel d'argent frais qui augmente leur dette à 250% du PIB pour obtenir 09% de croissance, il n'y a pas de miracle.
a écrit le 16/05/2013 à 14:09 :
Le Japon qui repart quelle blague! Une dette de 200%, une balance commerciale negative alors qu' elle a toujours été positive (embargo de la Chine sure les produits Japonais à cause d'une querelle territoriale, suite de Fukushima etc...). Le deuxième effet " kiss cool" sera l'explosion des taux d'intérêts qui va rendre la dette insupportable et on risque un effondrement de l'économie. Sauf que le Japon est la 3e économie mondiale contrairement à la Grèce et Chypre... Pour tous les chantres de la planche à billet, on en reparle en Juillet!
a écrit le 16/05/2013 à 13:53 :
Tiens, comme par hasard à la suite de la "politique ultra accommodante" de la BoJ, ou planche à billet comme on ne veut jamais le dire... Coïncidence ?
a écrit le 16/05/2013 à 12:38 :
La relance du Japon est remarquable, et due carrément à la planche à billets. Faut dire qu'après 20 ans de croissance morbide, il était temps.
Réponse de le 16/05/2013 à 18:00 :
Une croissance tellement morbide qu'il suffit de voir le niveau de vie des japonais il y a 20 ans et celui d'aujourd'hui pour constater que l'histoire de la décennie perdue est juste un mythe risible.
La déflation japonais ne les a en aucun cas pénalisé puisqu'il font mieux sur cette période donnée que la plupart des grandes puissances.


a écrit le 16/05/2013 à 11:37 :
Au Japon, la croissance repart. Le Japon connait une croissance de + 0,9%. Et en Europe ? Réponse :

A propos du premier trimestre 2013 en Europe :
Pourcentage de variation du PIB par rapport au même trimestre de l?année précédente :

10- Allemagne : - 0,3%.
9- France : - 0,4%.
8- Belgique : - 0,5%.
7- Pays-Bas : - 1,3%.
6- République tchèque : - 1,9%.
5- Finlande : - 2%.
5- Espagne : - 2%.
4- Italie : - 2,3%.
3- Médaille de bronze : le Portugal : - 3,9%.
2- Médaille d'argent : Chypre : - 4,1%.
1- Médaille d'or : la Grèce : - 5,3%.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-15052013-AP/FR/2-15052013-AP-FR.PDF
Réponse de le 16/05/2013 à 12:07 :
Le Japon a une dette de 245% du PIB. C'est très facile de faire 0,9% de croissance quand on lâche les dépenses publiques à ce point. Faites la même chose en France, vous n'aurez plus aucun chômeur, c'est garanti. Pourquoi pas après tout, puisque ces temps-ci tout le monde le fait (USA, Chine, Japon...)
Réponse de le 16/05/2013 à 12:11 :
Et le Japon a un ratio dette publique/PIB de plus de 200% et continue de faire des politiques de relance... Jusqu'à quand ?
Réponse de le 16/05/2013 à 13:00 :
Fred et Otto, vous n'avez pas compris grand chose. L'objectif de la banque du Japon c'est d'atteindre un niveau d'inflation convenable. C'est donc une relance par l'inflation (imprimer des billets de banque, si vous voulez), ce qui fait BAISSER la dette.
Réponse de le 16/05/2013 à 14:00 :
Pour mon travail, j'importe du Japon, donc si si, j'ai bien compris ce qu'ils cherchaient à faire. Que ce soit bon pour mon fournisseur japonais, bien sûr. Que ce soit bon pour l'industrie en France, en zone Euro et en zone USD, clairement non.
Quant à l'Etat Japon, cela ferait baisser la dette effectivement si dans le même temps ils ne continuaient pas de l'augmenter par de nouvelles dépenses extravagantes (travaux publics, armement etc).
Réponse de le 16/05/2013 à 16:04 :
Question @rsl
Une fois l'inflation atteint un niveau convenable. Quel sera le taux d'intéret pour les dettes publiques? Toujour aussi confortable comme aujourd'hui ou plutôt insupportable?
Réponse de le 16/05/2013 à 16:42 :
L'objectif du Japon est aux alentours de 2% d'inflation. Rien de dramatique, et bien plus désirable qu'une déflation. L'inflation fera baisser l'ancienne dette (les 200% de PIB). Ajouté à la croissance retrouvée, cela fera baisser les taux d'intérêt à long terme, car les créditeurs seront plus confiants de se faire rembourser. Donc il n'y a pas que des aspects négatifs pour la nouvelle dette.
a écrit le 16/05/2013 à 11:30 :
La dévaluation du yen a renchéri le cout des importations,c'est de la que vient la hausse de la consommation,pas de l'optimisme des japonais! l
Réponse de le 16/05/2013 à 14:39 :
Ce n'est pas en renchérissant le coùt des importations qu'on augmente la consommation à priori... Sinon l'augmentation des impôts en France aurait déjà relancé notre consommation, ainsi que la hausse de TVA à venir... Donc votre raisonnement ne tient pas.
Réponse de le 17/05/2013 à 10:10 :
a dédé , n'importe quoi , les importations françaises de produits japonais diminuent , au japon c'est l'inverse les produits importés augmentent par deux leviers le premier la baisse du yen face aux autres paniers de devises internationales et enfin la TVA qui est un impôt nouveau au japon , enfin la dévaluation est positive pour des pays exportateurs comme le japon , pour la france consommatrice , cela pénaliserait son pouvoir d'achat un tel système , a défaut de changer de mentalité ? mais on y viendra peut-être un jour très proche ?
a écrit le 16/05/2013 à 11:27 :
40 milliards de travaux publics en plus cette année ? C'est comme si demain en France F. Hollande disait allez, je balance 20 milliards en travaux publics divers et variés d'ici la fin de l'année. Allez, on refait toutes les routes, même celles qui sont toute neuves. Après tout, c'est à crédit, ce n'est pas bien grave.

C'est très facile de faire de la croissance et de l'emploi comme cela. Doit-on faire exactement la même chose, je ne suis pas certain.

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