Chine : nouveaux signes de contraction de la production manufacturière

 |   |  551  mots
A Shanghai, en Chine. L'indice officiel des directeurs d'achats dans les services en Chine a reculé à 54,3 en mai contre 54,5 en avril, annonce lundi le Bureau national de la statistique, alimentant la crainte d'une baisse de régime de l'économie. /Photo prise le 30 mai 2013/REUTERS/Carlos Barria
A Shanghai, en Chine. L'indice officiel des directeurs d'achats dans les services en Chine a reculé à 54,3 en mai contre 54,5 en avril, annonce lundi le Bureau national de la statistique, alimentant la crainte d'une baisse de régime de l'économie. /Photo prise le 30 mai 2013/REUTERS/Carlos Barria (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
L'indice avancé de production manufacturière en Chine s'est contracté en mai pour la première fois depuis sept mois, et bien plus que prévu, selon les chiffres définitifs publiés lundi par la banque HSBC.

Les mauvais indicateurs continuent d'apparaître en Chine. Ce 3 juin, l'indice PMI des directeurs d'achat publié par la banque HSBC est tombé à 49,2, soit un chiffre inférieur aux estimations publiées fin mai, qui faisaient état d'un indice à 49,6. Il s'agissait déjà de la première contraction de ce secteur d'activités depuis sept mois. Un indice supérieur à 50 marque une expansion de l'activité manufacturière et un indice inférieur à cette limite, signifie une contraction.

A la suite de la publication de cet indice, les Bourses ont chuté, en Asie puis en Europe. La Bourse de Tokyo a notamment terminé la séance avec une très forte baisse de 3,72%.

La production manufacturière s'était déjà nettement ralentie en avril, avec un indice PMI à 50,4, contre 51,6 en mars. Le chiffre de mai est le pire depuis les 47,9 enregistré en septembre dernier. Cet indice, ainsi que d'autres indicateurs des directeurs d'achats, compilés par des établissements privés ou par le gouvernement, sont des éléments clés pour suivre l'évolution de l'économie chinoise, numéro deux mondiale.

L'indice PMI des directeurs d'achat compilé par le gouvernement, publié samedi, signalait en revanche une légère expansion de l'activité manufacturière, à 50,8 en mai, contre 50,6 en avril. Ses sondages sont réalisés auprès de grosses entreprises alors que l'indice de HSBC privilégie les PME.

Une demande intérieure toujours atone

Pour Qu Hongbin, chef économiste chez HSBC pour la Chine, l'indicateur de la HSBC "suggère un léger affaiblissement de l'activité manufacturière fin mai, en raison d'une détérioration des conditions intérieures". "Avec des vents contraires persistants, Pékin doit encourager la demande intérieure pour éviter une poursuite du ralentissement de l'activité (de ce secteur) et ses effets négatifs sur le marché du travail", ajoute-t-il.

Au total, les nouvelles commandes ont reculé en mai pour la première fois depuis septembre. Plus précisément, les nouvelles commandes destinées à l'exportation ont reculé pour le 2e mois consécutif, en raison d'une baisse de la demande des Etats-Unis, selon des directeurs d'achats interrogés.

L'activité reste molle

Les analystes ne s'attendent pas à une accélération de la croissance chinoise en 2013, après des signes de reprise fin 2012. Les données mitigées publiées en mai -exportations, production d'électricité, stocks de charbon... - montrent que l'activité reste molle, indique Shen Jianguang, économiste chez Mizuho Securities à Hong Kong. "Un rebond au deuxième semestre n'est pas garanti (...) et une politique budgétaire expansionniste est vraiment nécessaire", selon lui.

L'an dernier, la Chine, deuxième économie mondiale, a connu sa plus faible croissance en 13 ans, à 7,8%. Pékin a arrêté pour 2013 un objectif de croissance de 7,5%. Au cours du premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 7,7% en rythme annuel, après un léger rebond à 7,9% au quatrième trimestre 2012.

Les dirigeants chinois ont averti que la croissance économique ralentirait dans les années à venir. Pékin veut accorder une place plus importante à la consommation des ménages dans une économie aujourd'hui fortement dépendante des investissements et des exportations. Mais cette évolution peine à se concrétiser, la hausse de l'investissement restant largement supérieure à celle des ventes de détail ou de la production industrielle.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/06/2013 à 18:42 :
LA chine va se retrouve avec une grave crisse de surproduction doubles d un endettement faramineux les boursicoteurs francais qui ont intalle leur procdutions ont interes a rapatrier en france
a écrit le 03/06/2013 à 10:25 :
7,8 % de croissance pour 2012: ça fait rêver les politiques des pays occidentaux. cela fait bien longtemps qu'en France la croissance est proche de 1,5 % voir moins ces dernières années. les dirigeants chinois ne pensaient pas avoir des t% de croissance annuels à deux chiffres pendant 40 ans? dans 4 ou 5 ans (à l'horizon 2020) la chine dépassera les états unis et deviendra la première puissance mondiale: objectif atteint. que veulent ils de plus?
a écrit le 03/06/2013 à 9:27 :
La Chine découvre qu'à vouloir fabriquer chez elle toute la production du monde (et de surcroit à bas prix et sans grand respect des ceux qui le font) elle est en train de tuer tous les emplois locaux de chaque pays qu'elle inonde et qu'ainsi elle perd au final ses consommateurs et détruit sa propre économie.
Juste retour de bâton de cet hégémonisme démoniaque qui tire l'ensemble du monde vers le bas.
Je reste positif: L'équilibre en lieu et place d'un ultra-libéralisme aveugle et égoïste finira par s'imposer naturellement
Réponse de le 03/06/2013 à 10:36 :
Je suis assez d'accord avec vous avec deux bémols:
1 - Ceux sont nos entreprises qui ont été massivement investir en Chine depuis le milieu des années 80 au détriment des usines en Europe. Dans un premier temps le consommateur occidental a bénéficié de produits moins chers pour finalement se retrouver au chômage!!
2 - Si la Chine n'est plus compétitive, il reste malheureusement d'autre région du monde encore attractive pour cette mondialisation féroce (l?Afrique?), la Chine allant se retrouver dans la position européenne, avec des couts du travail élevés, une population vieillissante et une croissance en diminution.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :