Tunisie : comment Sfax veut récupérer "sa" mer

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Le projet Taparura sur les côtes de la deuxième ville de Tunisie vient de boucler sa première phase. Coup de projecteur sur l'avancée d'un chantier gigantesque qui en cache d'autres. La suite de notre dossier d'été Spécial Méditerrannée.

Sur la colline, quelques milliers d'arbres de taille encore modeste résistent vaillamment au soleil brûlant de la matinée. Un tracteur tire une citerne et sillonne l'endroit pour arroser : il fait très chaud et pas question de négliger « la première pierre » du projet Taparura. Car nous sommes ici sur une colline de phosphogypse, un matériau polluant et radioactif issu de la production de phosphates, secteur clé en Tunisie. Et Sfax, deuxième métropole du pays, a longtemps abrité des usines de traitement de ce minerai en plein coeur de la ville...

« Taparura vise à réconcilier la ville et la mer, explique Mohamed Gouider, le PDG de la SEACNVS, société à capitaux publics et privés, responsable du projet. L'idée date de 1985. Mais les travaux ont débuté en 2006 ! ; il a d'abord fallu dépolluer les côtes. » Comment ? « Nous avons isolé le matériau par des couches de sable, le sol est en argile donc évite la pollution », rassure Ramzi Ben Helal, cadre supérieur de la SEACNVS. De plus, un étui de ciment-bentonite, réalisé par Solétanche, isole la colline. L'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) a distingué le projet.

Cette première phase, titanesque, vient juste de s'achever : il a fallu dépolluer 140 ha de côtes, dont une cinquantaine sous la mer, et remblayer pour parvenir à une zone de 420 ha. Les travaux ont coûté près de 90 millions d'euros, financés en grande partie par la Banque européenne d'investissement (BEI) et les gouvernements belge et français. Fin 2010, le projet a failli être cédé pour un dinar à un investisseur du Golfe, dans le plus pur style de l'ancien régime. La révolution est arrivée et a « sauvé le projet », explique, soulagé, Mohamed Gouider.

Premier succès : depuis 2011, la baignade est autorisée sur trois plages de la ville de Sfax, impossible auparavant, à cause de la pollution. À terme, le projet regroupera aménagement urbain, équipements sanitaires et de loisirs, bureaux, logements sociaux, etc.


(Source Taparura)

Un projet en attente d'un statut juridique

Aujourd'hui, le site est donc propre et la deuxième phase est prête à être lancée. Mais une incertitude de taille subsiste. Quelle forme donner à la gestion du projet ? La Tunisie en transition n'a pas encore bouclé son Code d'investissement, ni la loi sur les partenariats publics-privés, schéma qui semble avoir la préférence des autorités.

Taparura II et III sont donc suspendus à une décision des autorités que Mohamed Gouider espère proche et permettra « au projet d'être finalisé d'ici dix ou quinze ans ». « L'aménagement intramuros est évalué à 300 millions d'euros, et à 400 millions d'euros pour l'intégration extra-muros, sans prendre en compte le déplacement de la gare », précise le PDG.

Le Premier ministre s'y est déclaré favorable. Mais, explique Mohamed Gouider, « l'inclusion des côtes sud [dépollution et aménagement] est une des conditions posées par les bailleurs de fonds, notamment la BEI, pour la suite du projet ». Soit un espace « treize fois plus grand que Taparura », se prend à rêver Mohamed Gouider.

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Commentaires
a écrit le 29/07/2013 à 20:59 :
c'est d'un bidon...
a écrit le 29/07/2013 à 20:28 :
Financé par les Français (en partie)...Voilà ce que je retiens.
Réponse de le 14/02/2014 à 22:39 :
c'est un crédit , ne vous inquiétez pas c'est pas un cadeau.
a écrit le 29/07/2013 à 14:40 :
bravo l'état sfaxien et à quand l'indépendance du Tunistan, ce pays de nammi ?

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