Lagarde veut plus de femmes dans l'économie, car c'est un gage de croissance

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Un peu plus de femmes dans l'économie, cela ne peut pas faire de mal à la croissance, rappelle Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international. (Photo Reuters)
"Un peu plus de femmes dans l'économie, cela ne peut pas faire de mal à la croissance", rappelle Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international. (Photo Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La directrice du FMI souhaite que davantage de femmes intègrent le marché du travail. Pour en convaincre les responsables politiques, elle souhaite leur demander des comptes à ce sujet... jusqu'à en faire une condition de l'obtention d'un prêt?

Plus de femmes dans l'économie, c'est un gage de croissance. Ce credo, la directrice du Fonds monétaire international affirme même le répéter à chacune de ses rencontres avec des responsables politiques. "Ils ont besoin d'entendre ce refrain encore et encore", a-t-elle affirmé lors d'une interview à l'agence Bloomberg. Pour en accroître encore l'importance aux yeux des chefs d'Etat et de gouvernement, l'ancienne ministre française de l'Economie souhaite que les pays "rendent des comptes" sur cette thématique. Certains pays ne fournissent aucune statistique sur le nombre de femmes actives ou qui travaillent à temps partiel. Or, le Fonds pourrait utiliser ces données pour ses évaluations annuelles. 

"Se concentrer sur l'autre moité de l'humanité ne fait pas de mal à la croissance et au développement économique, bien au contraire", a-t-elle encore déclaré.

Une condition pour obtenir une aide?

La place des femmes dans l'économie sera-t-elle pour autant une condition d'obtention de l'aide du FMI? La directrice du Fonds n'ira pas jusque là. En cas d'observation de  "principes inappropriés" ou bien de problèmes de discrimination, "nous pouvons toujours soulever cela au cours de nos discussions avec les gouvernants dans le contexte des programmes d'aide, mais je ne dirais pas que ce sera l'un des points principaux", a toutefois concédé Christine Lagarde. 

L'exemple japonais

Sans être contraignants, les "suggestions" du FMI sur les questions de genre ne sont pas pour autant dénuées d'influence. Ainsi, l'an dernier, le Fonds avait déjà choisi cet angle pour évoquer les leviers de rétablissement de l'économie japonaise (voir le rapport intitulé "Can women save Japan?" "les femmes peuvent-elles sauver le Japon?"). L'institution internationale n'était pas la seule à prodiguer ce type de conseils. Mais Shinzo Abe les a visiblement entendu. Le Premier ministre nippon a ainsi pris en avril 2013 des mesures visant à accroître la part des femmes dans l'économie. Parmi elles: un quota de 30% des postes de cadres seniors réservé aux femmes d'ici 2020. 

Les femmes, l'emploi et l'économie

Le FMI fait paraître ce 24  septembre une note sur "les femmes, l'emploi et l'économie". Il apparaît que, dans le monde, d'après les statistiques disponibles (incomplètes donc), environ 50% des femmes en âge de travailler sont présentes sur le marché du travail. 

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Pour aller plus loin:

>> Christine Lagarde aux femmes: "ne lâchez rien" (Interview)

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Commentaires
a écrit le 25/09/2013 à 18:14 :
On a Christine et Blythe c'est déjà pas mal,comme arme de destruction massive.Ah j'oubliais la dame de la Fed Janet Yellen.à sa décharge elle n'ait pas encore en fonction donc à suivre.
Réponse de le 26/09/2013 à 10:48 :
?La dignité d?une femme est de rester inconnue. Sa seule gloire réside dans l?estime de son mari et le service de sa famille. Dieu l?a créée pour supporter les injustices de l?homme et pour le servir ?. J.J. ROUSSEAU
a écrit le 24/09/2013 à 15:35 :
Cela fait quand même deux patrons successifs du FMI qui sont d'accord sur ce sujet ! Je m'étonne d'arriver si tard et d'être le premier à soulever cette convergence de vue ;-)
a écrit le 24/09/2013 à 14:59 :
La route qui conduit les citoyens sur le chemin de la parité est encore longue. Dans la sphère économique, la promotion des femmes aux responsabilités accuse un retard flagrant. Alors qu elles comptent pour 60 % des diplômés de l enseignement supérieur, seulement 12 % des membres des conseils d administration sont des femmes, et elles représentent moins de 3 % de leurs présidents. Autrement dit, un conseil d administration moyen de dix membres ne comporte qu une seule femme ; et 34 % des grandes sociétés de l Union européenne n ont aucune femme dans leur conseil d administration. On peut d autant plus déplorer cette situation que la parité n est pas seulement un droit fondamental, mais c est aussi un facteur de croissance et de compétitivité. De multiples études le montrent : la présence de femmes dans les instances de décision est un gage de meilleure gouvernance. La Direction générale de l emploi de la Commission européenne a mis en évidence le lien positif entre la présence de femmes à de tels postes et les performances financières et organisationnelles . Ces résultats sont corroborés par des études privées. a compté dans un premier temps sur l autorégulation, mais celle-ci a eu des résultats extrêmement décevants. Seules vingt-quatre grandes entreprises européennes ont signé la lettre d engagement volontaire pour atteindre 30 % de femmes dans les conseils d administration en 2015 et 40 % en 2020. Au niveau européen, au rythme où vont les choses le nombre de femmes progresse d un demi point par an dans les conseils d administration 40 ans seraient nécessaires pour arriver à une situation satisfaisante. La valeur de la mixité doit encore être démontrée. Malgré les études internationales qui attestent de façon patente la corrélation entre la performance des entreprises et la mixité, peu d entrepreneurs en sont encore convaincus et l ont intégrée dans leur schéma de croissance . Les quotas ne sont ni favoritisme, ni discrimination positive mais constituent la réponse efficace à la discrimination de fait à laquelle se heurtent les femmes. On peut discuter sur les quotas. C est une proposition d avenir pouvant motiver les jeunes filles qui, de plus en plus nombreuses, entrent dans les grandes écoles, et se préparent à ces responsabilités. Elles seront ainsi motivées pour se lancer dans ces carrières. A long terme, on ne se posera plus cette question de la parité et des quotas pour uniquement considérer les compétences. Il faut donc créer de la motivation. Force est de constater que dans nos économies, les choses n avancent pas vite : 26% de femmes à des fonctions de top management pour la France, c est ridicule à l aune du nombre de femmes diplômées du supérieur et des filières d excellence ; les disparités de salaire, à responsabilités identiques, sont une autre facette du problème... Le gouvernement français a eu recours à l instauration de quotas pour faire bouger les lignes mais il est clair qu il faut ouvrir un grand chantier pour que culturellement nous puissions dépasser cette première approche et nourrir des viviers de talents féminins en haut des pyramides (top management) de manière, lors des nominations, à ne plus se poser de questions sur le sexe mais uniquement sur les compétences ! L établissement de quotas ne fait que renforcer les réflexes endogamiques et statutaires: la nomination d une femme à un poste à responsabilités doit-elle se faire sur ses compétences ou sur son genre ? Pour moi, seule la première réponse est légitime.
Réponse de le 30/09/2013 à 14:01 :
Si je suis convaincu de l'évidente qualité de nombreuses femmes, dans de nombreux domaines, je reste néanmoins sceptique quant aux raisons invoquées et solutions apportées. Si on prend les chiffres que tout le monde connait, on se demande pourquoi des quotas seraient si performants, au sens du bien commun et de l'intérêt des entreprises. Les femmes cadres sup que je connais se sont fait plus souvent barrer par leurs supérieurs féminins que masculins, qui les ont au contraire régulièrement soutenues et promues. Par ailleurs cela ne règlera en rien notre problème national qui est la domination de coteries et autres réseaux, le plus souvent au détriment de la performance réelle. Jusqu'à quand? Tous ces arrangements ne peuvent fonctionner que tant qu'ils peuvent s'appuyer de fait sur une économie de connivence biaisée par l'entregent du politique, compensant par la prédation indue ce qui est perdu par la médiocrité croissante des dirigeants et la perte de l'esprit entrepreneurial. Au final, le poids des compromis, des allégeances et des réseaux fera s'écrouler tout l'édifice. D'un coup. C'est ce qui se passe toujours quand on consomme du capital et du goodwill en croyant être les maîtres du monde. C'est aussi le cas d'un certain capitalisme anglo-saxon qui aujourd'hui ne vit que par la captation continue de la richesse des autres, que ce soient les données privées qu'ils pillent sans quasiment les payer, ou la mise en place d'oligopoles qui appauvrissent les classes moyennes grâce au lobbying, ou encore pratiquent l'illégalité à grande échelle, sans jamais avoir à encourir ni les conséquences de leurs actes, l'état ayant à la fois retiré l'aléa moral et leur risque judiciaire personnel, les laissant tirer profit des risques sans assumer les pertes.
Réponse de le 30/09/2013 à 17:13 :
Lorsqu?un peuple est incapable de s?appliquer à lui-même les règles que la décence ou le bon sens devraient lui imposer, il faut alors que le législateur le fasse à sa place » Albert Camus
Nous n en sommes plus à la recherche d'alibis pour protéger les traditions ( y compris le comportement féminin) il y a convergence sur le dynamisme de la mixité : Il faut maintenant ancrer la théorie féministe du droit dans le paysage de la recherche juridique française L article 1er de la Constitution dispose que : « La loi favorise l égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu aux responsabilités professionnelles et sociales. » En effet, si les instances de direction reflétaient la mixité des compétences et des talents des entreprises et des établissements publics, il ne serait pas utile de prendre des mesures obligatoires. Comme en politique, les femmes sont aujourd hui bloquées dans leur accession aux postes à responsabilité de l entreprise. Oui, j ai le droit de travailler, d avoir mes propres moyens de paiement et de gérer mon argent comme je l entends sans demander l autorisation de personne. Ce n aurait pas été le cas si j étais née quelques décennies plus tôt. Oui, je peux me présenter aux élections et la loi me garantit depuis quelques années une certaine forme d égalité des chances (d être sur une liste, sinon d être élue). Oui, je peux porter mon nom, mon nom à moi, qui n est pas un "nom de jeune fille, qui est un vrai nom en soi et le transmettre à mes enfants. Et je partage la co-responsabilité de leur éducation et de leur bien-être avec mon conjoint (qui n est plus désigné d office comme "le chef de famille"). S il faut dire merci, je le dis à celles et ceux qui se sont bagarrées, de très haute lutte, parfois, pour que ces droits fondamentaux de l humain soient aussi ceux de l humaine. Pour que l égalité progresse. Nous savons qu une partie de la réalité à laquelle nous assistons tous les jours a de quoi décevoir notre confiance. Nous comptons sur l autre partie de la réalité, celle qui, à force d exemples inspirants et d initiatives porteuses de résultats, donne de l espoir. Celle qui, parce qu elle place au centre la bonne foi et la bonne volonté, les valeurs et leur mise en application, ressource notre courage. Nous avons la certitude que l égalité est un bon principe, sur lequel il est exclu de céder en s en remettant à quelque cynisme un peu trop aisé qui prendrait la face de la réalité la plus vide de sens pour une plénitude irrémédiablement aliénante. Nous prenons la face de la réalité la plus pleine de sens pour ce qu elle est : une preuve que l humain n est pas si mauvais. Le féminisme est un optimisme, il repose sur la conviction que nous avons toutes et tous à perdre un jour ou l autre aux inégalités. Et tous et toutes à gagner, au fond, en tant que dignes humaines, à l égalité.
a écrit le 24/09/2013 à 14:23 :
Effectivement et tout le monde sait qu'elle est bien placée pour savoir qu'elle ne sait pas de quoi elle parle! La politique ne sera jamais faite par les muets...
a écrit le 24/09/2013 à 14:04 :
Elles sont même assez faux derche pour oser inventer la croissance négative....
Réponse de le 25/09/2013 à 14:46 :
Virilité et féminité ne sont pas des faits de nature mais de culture
a écrit le 24/09/2013 à 13:34 :
L'idée (plus ou moins bien défendue) fait lentement son chemin. Un peu plus de femmes mieux payées et avec plus de responsabilités auraient certainement un effet positif sur nombre d'économies. La diversité et la pluralité évitent de sombrer dans la monoculture. Quelle tristesse que ce ce soit Christine Lagarde qui en parle, elle qui en tant que ministre des finances de Sarkozy a détruit la croissance de la France. Les femmes gage de croissance ? Oui, certainement, sauf si c'est Lagarde.
a écrit le 24/09/2013 à 12:12 :
"Je veux plus d'économies chez les femmes"
a écrit le 24/09/2013 à 11:54 :
C'est sur que les femmes s'y connaissent en cycles!
a écrit le 24/09/2013 à 11:52 :
hummmm je me délecte de ces quelques commentaires complètement à côté de la plaque !
En tant que femme (blonde) je suis opposée aux quotas ou à toute forme de discrimination positive.
Mais ce que dit C Lagarde ici, c'est que plus le nombre de femmes qui travaillent est élevé, mieux se porte l'économie du pays.
L'exemple Suédois est frappant : ils ont baissé le montant des allocations chômage et créé un congé maternité mieux rémunéré et partagé entre l'homme et la femme d'un an (non prolongeable). Du coup, les femmes se sont remises à travailler et l'économie est repartie à la hausse. Le travail crée le travail...
Et le travail émancipe les femmes, crée de la richesse, etc.
a écrit le 24/09/2013 à 11:00 :
la parité ok mais pas seulement cela arrange ex pour la garde des enfants accordées à 85 % AUX FEMMES .
a écrit le 24/09/2013 à 10:36 :
C'est du sexisme à l'envers. Ca prouve juste une chose, c'est que la parité est désormais totale : les femmes en arrivent à raconter autant de bêtises sur le sujet que les hommes !
Réponse de le 25/09/2013 à 14:43 :
Les termes de SEXISME et de RACISME impliquent une notion de HIÉRARCHIE: des sexes (l?homme étant considéré comme supérieur),des races (la blanche étant considérée comme supérieure),
Le sexisme est un ?racisme? contre toutes les femmes
a écrit le 24/09/2013 à 9:34 :
Ce que Madame Lagarde raconte est in finé d'une très grande vacuité...
a écrit le 24/09/2013 à 9:31 :
Lagourde nous fatigue avec ses problèmes de femme !!! Sa compétence s'est avérée assez nulle, pourquoi donc des quotas de femme !! c'est RIDICULE
Réponse de le 25/09/2013 à 14:51 :
Les hommes ont élaboré une argumentation compliquée pour prouver que les femmes, par nature, sont adaptées à leur rôle. C?est toute l?idée de la NATURE DE LA FEMME
a écrit le 24/09/2013 à 9:26 :
Les grandes idées se rencontrent : exactement le meme souhait que son prédécesseur devenu conseiller .

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