Le Japon peine encore à sortir de la déflation, malgré les Abenomics

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Shinzo Abe est toujours sur le fil du rasoir avec ses Abenomics, qui visent à mettre fin à la délfation et à relancer la croissance au Japon (Photo : Reuters)
Shinzo Abe est toujours sur le fil du rasoir avec ses Abenomics, qui visent à mettre fin à la délfation et à relancer la croissance au Japon (Photo : Reuters) (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les prix ont augmenté de 0,9% en septembre en rythme annualisé au Japon. Mais c'est surtout le fait de la hausse des prix de l'énergie à cause du yen faible. S'il y a un léger mieux par ailleurs, le pays n'est pas encore sorti de la déflation.

Pour le quatrième mois consécutif, les prix ont augmenté au Japon. Hors produits périssables, ils ont en effet progressé de 0,7% en rythme annuel au mois de septembre, selon les chiffres officiels. Serait-ce la marque du succès pour les Abenomics, cette batterie de mesures destinées à sortir la troisième économie du monde de la déflation et à relancer également sa croissance ?

Sans crier victoire, le ministre de la Revitalisation économique Akira Amari s'est réjoui face à "un mouvement positif vers la sortie de la déflation". Même son de cloche du côté du ministre des Finances Taro Aso qui y voit "des progrès dans le bon sens".

La hausse des prix est surtout la conséquence du renchérissement des importations

Il faut toutefois être très prudent. Car cette hausse des prix masque un déséquilibre qui coûte cher au pays. De fait, si les prix montent en moyenne, c'est surtout à cause d'une augmentation du coût du carburant et de l'électricité qui se répercute sur l'ensemble de l'activité économique.

La hausse des tarifs de l'énergie est le résultat des effets conjugués de la politique du yen faible menée par la banque centrale du Japon (BoJ) et de l'arrêt des centrales nucléaires nippones suite à l'accident de Fukushima.

En effet, le pays est obligé d'importer des hydrocarbures qu'il paie de plus en plus cher pour soutenir sa production électrique, à cause du yen faible, dévalué de 25%. Si bien que le Japon, traditionnellement tourné vers les exportations, accentue un déficit commercial qui va de record en record depuis l'arrêt des centrales nucléaires.

Hors produits importés, certains prix continuent de baisser

Les prix de l'électricité ont notamment augmenté de 7,6% sur un an et ceux de l'essence de 9%. Et ce mouvement est valable pour tous les produits qui font appel aux importations. En revanche, les prix des appareils électroménagers et d'autres articles divers ont continué de refluer sur fond de forte concurrence et de demande encore insuffisante, montrant que le mouvement déflationniste n'est pas terminé.

Mais le gouvernement n'a pas tout à fait tort non plus en constatant quelques signes d'embellie. Car pour la première fois depuis près de cinq ans, les prix hors nourriture et énergie se sont stabilisés, mettant fin à leur chute continue depuis des lustres. Et la hausse globale des prix à la consommation durant quatre mois d'affilée est du jamais vu depuis 2008.

Pour confirmer un léger mieux, le gouverneur de la BoJ Haruhiko Kuroda avait pour sa part indiqué mercredi entrevoir "un rétrécissement du fossé entre l'offre et la demande et des signes d'amélioration sur de nombreux articles".

Dans l'attente de l'inflation vertueuse

In fine, même si les prix progressent en moyenne depuis plusieurs mois, on ne pourra dire que le Japon est sorti de la déflation que lorsque le pays verra les prix augmenter grâce à la progression de la demande intérieure. Ce qui confortera les entreprises dans leur volonté d'augmenter les prix sans crainte de perdre des clients, et leur permettra de dégager des marges pour investir et augmenter les salaires. Bref, dégager du pouvoir d'achat supplémentaire pour les Japonais et relancer une spirale inflationniste vertueuse.

C'est cette inflation saine et contenue que vise le gouvernement en tentant lui-même d'amorcer la pompe avec des commandes publiques couplées à des injections de liquidités dans les circuits bancaires via la banque centrale.

>> Le Japon prépare une révolution culturelle de son modèle économique

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Commentaires
a écrit le 28/10/2013 à 20:36 :
Tout objet en plastique est donc en hausse comme le pétrole et avec l'ensemble des charges inhérent à la fabrication, le transport, la vente? l'inflation peut enfin se manifester. Et les voilà heureux mais ce qu'ils n'annoncent pas nos gouvernants c'est la compétition monétaire mortelle qui se joue et qui risque de faire dérailler le scénario mis en scène.
a écrit le 26/10/2013 à 17:54 :
Le Japon a un ennemi de l'intérieur : ses propres chefs d'entreprises, anciennes mafias érigés en conglomérats qui se sont partagé le pays. Personne ne veut bouger et toute action est transformée en avantage financier. On assiste donc à une montée de l'inflation qui n'est pas une résultante technique de l'économie multiple mais d'une mécanique totalitaire qui prend et ne donne rien. Incapables de créer de nouveaux actifs tangibles et probants, les entreprises du pays se suicident en augmentant leurs prix (intérieurs) pour des marchandises dépassées (à l'extérieur). Cela se nomme un protectionnisme sauf qu'ici ce sont les mafieux qui remplacent l'état dont le rôle est réduit à celui du secrétariat.
J'ai parlé de boycott actif, on peut imaginer une nationalisation des actifs ou une mise en prison des caïds concernés. Peut-on prendre un peuple en otage et couler son économie ?
L'Histoire nous dit que si.
a écrit le 26/10/2013 à 15:16 :
Japon : "The End". Pour les téméraires qui y sont encore un conseil : couvrez vous bien contre la baisse du yen.
a écrit le 25/10/2013 à 15:13 :
Le game over est dans pas longtemps pour eux. Il n'y a plus que les Tsunamis et autres catastrophes pour les sauver de la récession année après année. Ils ont de l'avance sur le vieillissement mais nous sommes sur la même voie. D'aucuns diraient: Les retraités, c'est la plaie.
Réponse de le 25/10/2013 à 17:36 :
Le problème va venir de leur dette. Si les prix augmentent, les japonais & les entreprises japonaises ne peuvent plus porter la dette nouvelle en absence de croissance. Ainsi, la dette japonaise va devoir être détenu de plus en plus par les étrangers. Les investisseurs vont surement demander plus de rendement, les taux vont monter, les porteurs japonais vont se retrouver avec du papier sans valeur, qu'ils vont surement shooter et appuyer sur de nouvelles émissions --> un défaut/restructuration sera envisageable. La prochaine crise, fin 2014 peut venir d'Asie.
Réponse de le 25/10/2013 à 19:13 :
tout à fait d'accord avec votre analyse, d'autant plus qu'il faut bien financer désormais le déficit de la balance commerciale (qui se creuse, se creuse) encore que vu leur 240% de dette et leur croissance à plus ou moins 0 en 20 ans, ils ne vont peut être pas se précipiter les étrangers,...on l'a vu en Europe à des taux d'endettement bien inférieurs. La prochaine effectivement peut venir d'Asie (candidats nombreux) mais pourrait bien aussi revenir par US avec également un Krach obligataire et là bonjour les dégâts...Un autre signe? Le lundi des patates, le mardi des patates,...
Réponse de le 25/10/2013 à 19:48 :
" Ainsi, la dette japonaise va devoir être détenu de plus en plus par les étrangers". Non. Désolé de vous décevoir. Le Japon est un protectorat US. Et les US ne permettront pas, par l'intermédiaire du fémi, que le Japon soit en rupture de remboursements. Ainsi va le monde actuel.
Réponse de le 25/10/2013 à 23:47 :
ouai enfin le FMI a pas non plus des moyens démesurés (ni US, et on a vu leur volonté avec Lehman et autres) le carton serait énormissime
a écrit le 25/10/2013 à 14:02 :
La Japon ne peut pas en sortir avec sa population vieillissante et en diminution. La demande de ce pays est structurellement anémique.
a écrit le 25/10/2013 à 13:12 :
Le Japon c' est mort. Le fmi vient de gronder pas plus tard que cette semaine. L' ocde dans ses notes de perspectives d' avant l' arrivée de Abe faisait déjà part d' un rare pessimisme. inutile de dire qu' avec le programme du pyromane d' extrême droite, la messe est dite.... C' est eux qui couleront dans les premiers, le reste du monde suivra. .. http://www.oecd.org/fr/eco/perspectives/50381022.pdf
a écrit le 25/10/2013 à 12:51 :
Au Japon, tout va très bien, madame la marquise.

Japon : la dette dépasse le million de milliards de yens.

Quelque 46,3% du budget de l'Etat nippon d'avril 2013 à mars 2014 est financé par l'émission de nouvelles obligations et le remboursement de la dette représente, lors du même exercice, 24% des dépenses.

http://www.romandie.com/news/n/Japon_la_dette_depasse_le_million_de_milliards_de_yens33090820131245.asp

En clair :

Cette année, le Japon consacre 24 % de ses dépenses au remboursement des intérêts de sa dette publique.

Je dis bien : 24 % de ses dépenses.

Et vous croyez vraiment qu'un Etat peut continuer à consacrer un tel pourcentage de ses dépenses au remboursement des intérêts de sa dette publique ?

Et quand ce sera 50 % des dépenses de l'Etat ?

Oui, il y aura un défaut de paiement du Japon.

Non, je ne connais pas la date.
Réponse de le 25/10/2013 à 13:17 :
Salut BA. Pour rappel, ton habitude est de critiquer l' Europe, et là, tu sors de ton domaine, Camarade... Une évolution de la crise..?? J'attends toujours ma choucroute, Vieux.
a écrit le 25/10/2013 à 11:54 :
D'après mes sources, ils pensent organiser une grande fête pour les 30 ans de déflation...
a écrit le 25/10/2013 à 11:52 :
s'il vous plaît arrêtez de parler "des" abenomics. c'est "l'abenomics". ça provient d'"economics", c'est un singulier...

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