Israël, une économie solide mais fortement dépendante des Etats-Unis et de l’Europe

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Entre l'été 2009 et l'été 2010, les prix de l’immobilier ont augmenté de 21% en Israël.
Entre l'été 2009 et l'été 2010, les prix de l’immobilier ont augmenté de 21% en Israël.
François Hollande est en visite officielle dans un pays dont les performances économiques pourraient le faire un rien rêver. Une croissance de 3,8%, un taux de chômage est relativement faible et un système bancaire stable. Mais dans les années à venir, Israël va devoir relever deux défis: l’exploitation de ressources naturelles récemment découvertes et la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales.

Pour la première fois depuis son élection à la Présidence de la République, François Hollande est en visite officielle en Israël et sur les terres palestiniennes. Un déplacement sous le signe du compromis qui a débuté par Tel Aviv dimanche en fin de matinée avec un accueil par les dirigeants israéliens Shimon Peres et Benjamin Netanyahu et s'est poursuivi ce lundi en Cisjordanie, à Ramallah à la rencontre du président palestinien Mahmoud Abbas.

L'occasion de donner un coup de projecteur sur l'économie israélienne, celle d'un pays peuplé par 7,9 millions d'habitants, coincé entre la Jordanie, la mer Méditerranée, l'Égypte, le Liban et la Syrie.

Forte dépendance des exportations vers les États-Unis

Sur le plan macro économique, Israël est classé dans la catégorie des pays développés, il est devenu membre de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économique) depuis 2010 et affiche un PIB de 257,48 milliards de dollars en 2012. Pour 2013, la croissance est attendue en progression de 3,8%. Un niveau qui a tendance a stagner, conséquence directe du ralentissement de l'économie aux États-Unis et en Europe. En effet, le pays est - et c'est là sa faiblesse - fortement dépendent des investissements étrangers. Après deux années excédentaires en 2009 et 2010, la balance commerciale était à nouveau déficitaire en 2011 d'après les données de la Banque mondiale.

« Le pays jouit d'un secteur bancaire extrêmement solide et d'un niveau d'endettement moyen, tout le contraire de ce que l'on observe en Europe » souligne l'économiste et chercheur israélien Jacques Bendelac basé à Jérusalem. Ceci dit, la croissance reste fragilisée par cette forte dépendance aux exportations. Et pour cause, les recettes générées par la vente de produit vers l'étranger engendrent plus du tiers du PIB israélien.

Des exportations qui sont néanmoins pénalisées par une monnaie nationale forte, le shekel. Un shekel vaut 0,2 euro et 0,2834 dollar à ce jour. « C'est une économie qui a un potentiel énorme mais qui est handicapée par sa très forte dépendance vis-à-vis des investissements venus des États-Unis et de l'Europe » résume ce spécialiste de l'Israël contemporain.

40% du PIB grâce aux technologies de pointe

Le pays exporte des produits agricoles et chimiques, des diamants taillés, du textile mais est surtout connu pour son savoir-faire dans le domaine des hautes technologies, dans des secteurs variés comme l'informatique, l'électronique, le médical, la fibre optique ou encore l'aéronautique.

Le groupe TEVA, leader mondial du générique est par exemple israélien et a son siège à Petah Tikva. Israël se classe au deuxième rang derrière le Canada au niveau du nombre d'entreprises enregistrées auprès des Bourses américaines.

Israël échange également considérablement avec le Japon, l'Inde, la Chine et la Turquie. En revanche, les relations avec les pays voisins sont quasi nulles. Une union douanière existe entre Israël et les territoires palestiniens mais « elle profite essentiellement aux produits israéliens alors que les autorités israéliennes freinent la libre circulation des marchandises palestiniennes » jugeait déjà Jacques Bendelac en avril dernier dans une interview accordée au site de la revue Politique étrangère.

Concernant sa politique en termes de taux d'intérêt, le pays continue de chercher à trouver un point d'équilibre : un niveau faible qui favorise la croissance, mais qui ne l'est pas de trop afin de ne pas encourager l'inflation. Depuis le 23 septembre 2013, la Banque centrale israélienne a fixé son taux d'intérêt général à 1%. Il dépassait les 8,5% en 2003.

Un équilibre difficile en termes d'objectifs de politique budgétaire

Sur le plan intérieur, Israël

« évite la situation budgétaire difficile à laquelle sont confrontés un certains nombre d'autres économies de l'OCDE. Néanmoins un équilibre difficile reste à trouver en termes d'objectifs de la politique budgétaire entre réduction de la dette, maitrise des dépenses et réforme de la fiscalité », notait l'OCDE dès 2011 dans une étude économique.

Le gouvernement a adopté un plan de rigueur budgétaire visant à ramener le déficit public à 3% du PIB en 2013, après que celui-ci ait culminé à 4,2% en 2012, soit le double des projections. Des coupes budgétaires de l'ordre de 3 milliards d'euros, ainsi qu'une augmentation de la TVA, des impôts, des prix du tabac et de l'alcool ont été décidées pour faire face à l'augmentation du budget de la défense et au financement de la gratuité de la garde d'enfant instaurée après la révolte sociale de 2011 contre la cherté de la vie, précise le Moci (moniteur du commerce international) dans une fiche technique.

De fortes disparités de niveaux de vie

Le niveau de vie global a beau ne rien avoir à envier à celui des autres pays développés, de fortes inégalités sociales persistent.

«Pour l'instant, le partage des richesses n'est pas réussi, c'est le point noir de la croissance israélienne » estime Jacques Bendelac.

La sécurité sociale israélienne avait d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme le 17 novembre 2011 en publiant un rapport sur l'état de la pauvreté portant sur l'année 2010. Le taux de chômage a beau être relativement bas (6% au second semestre 2013 pour une population active estimée à environ 3 millions de personnes) et l'inflation plutôt faible, un israélien sur quatre est pauvre.

C'est même le cas d'un enfant sur trois selon ce rapport.

« 25%, c'est l'un des taux de pauvreté les plus élevé des pays développés, résultat d'un politique libérale et fiscale favorable aux sociétés mais qui a contribué à creuser les inégalités » analyse Jacques Bendelac.

Les populations arabes israéliennes et juives ultra orthodoxes demeurent à l'écart de la société israélienne et ne bénéficient généralement pas d'un bon niveau de formation, contrairement au reste de la population du pays.

Gaz et pétrole récemment découverts

La réduction de ces inégalités constituera un défi majeur pour le pays dans les années à venir. La récente découverte de ressources naturelles (gaz et pétrole) sur son territoire pourrait constituer une opportunité de richesse prompte à les diminuer, mais les dirigeants politiques entendent utiliser cette source de richesse supplémentaire pour constituer un fonds souverain.

En février 2012, Benjamin Netanyahu disait avoir décidé que ce pactole allait être investi en grande partie à l'étranger afin que le pays dispose d'un « filet de sécurité » pour faire face à des évènements imprévus qui pourraient affecter l'économie nationale telles que des guerres, des désastres naturels, des crises financières.

 

>> Israël va fonder son propre fonds souverain

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Commentaires
a écrit le 11/01/2014 à 21:17 :
Dieudonné
a écrit le 19/11/2013 à 15:38 :
Un pays d'existence récente, Le tout sur une terre aride. Que tous les Pays de cette région Jaloux-Fainéants-Intégristes, cessent de diaboliser Israel, et fassent enfin Aussi Bien.
Réponse de le 13/07/2014 à 2:17 :
Un rapport du congrès américain, montre que l’aide américaine à Israël atteint le montant de 3,9 milliards de dollars par an, soit 8,2 millions par jour !
a écrit le 18/11/2013 à 21:05 :
sont nombreux d'après vous les pays dans le monde a ne pas être tributaires de leur relation économique avec les US et l UE?
Réponse de le 18/11/2013 à 21:50 :
Très bonne réflexion : )))
a écrit le 18/11/2013 à 21:01 :
Il y a la guerre !
a écrit le 18/11/2013 à 19:09 :
Très bon article. Israël est le 51ème état des usa. Sans le dollar, le shekel ne vaut rien.
a écrit le 18/11/2013 à 18:48 :
Etonnant petit pays de travailleurs et d’entrepreneurs. Une exception dans une région archaïque et en retard économiquement parlant. Pourquoi? Différences culturelles, religieuses?

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