A cause du pétrole, le Japon affiche son pire déficit commercial depuis 1979

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Le yen faible a provoqué l'explosion de la facture énergétique japonaise et le plus important déifict commercial du Japon pour un mois d'octobre depuis 1979. (Photo : Reuters)
Le yen faible a provoqué l'explosion de la facture énergétique japonaise et le plus important déifict commercial du Japon pour un mois d'octobre depuis 1979. (Photo : Reuters) (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le déficit commercial du Japon a doublé en un an sous l'effet du renchérissement des importations, en particulier d'hydrocarbures, à cause du yen faible.

Le Japon a déploré un déficit commercial doublé sur un an en octobre, 16e mois d'affilée dans le rouge, une durée inédite due à des importations colossales d'hydrocarbures, dont le coup à presque doublé en un an conjuguées à une hausse des devises étrangères face au yen depuis près d'un an. Au mois d'octobre, le commerce extérieur japonais a affiché un solde négatif de 1.090,7 milliards de yens (8,25 milliards d'euros), contre seulement 556 milliards un an auparavant, a annoncé le ministère des Finances.

Plus important déficit depuis 1979

Il s'agit du plus important déficit enregistré pour un mois d'octobre et du 3e tous mois confondus depuis 1979, date depuis laquelle ces statistiques sont compilées.

En octobre, la valeur des importations a augmenté de 26,1% sur un an à 7.195,2 milliards de yens (54,5 milliards d'euros), même si le volume, lui, n'a progressé que de 6,3%. Cette différence s'explique par la dépréciation de 25,5% subie par le yen depuis l'année dernière face au dollar et à l'euro, en raison de l'assouplissement monétaire décidé par la banque centrale du Japon (BOJ) dans le cadre de la politique économique du Premier ministre de droite Shinzo Abe, redevenu chef du gouvernement en décembre 2012.

Hausse importante du coût des hydrocarbures à cause du yen faible

La hausse des factures de pétrole brut, de gaz naturel et de composants électroniques constitue la principale cause de cette nouvelle flambée du coût des importations qui ont connu 12 mois consécutifs d'augmentation en valeur, a précisé le ministère.

Le Japon est dépendant de l'étranger pour son approvisionnement en énergie, d'autant qu'il reste privé de l'intégralité de ses 50 réacteurs nucléaires, arrêtés à cause des suites de l'accident de Fukushima en mars 2011.

Les importations de circuits intégrés en provenances de Taïwan, comme de vêtements et smartphones fabriqués en Chine, ont aussi élevé l'addition.

Au total, la valeur d'importations en provenance de Chine (1.654 milliards de yens - 12,7 milliards d'euros) a été la deuxième la plus forte jamais constatée en un mois.

Nette progression des exportations

Les exportations vers les divers marchés extérieurs, elles, dans leur ensemble, ont aussi été plus importantes (+18,6% en valeur, +4,4% en volume), mais leur montant a plafonné à 6.104,5 milliards de yens (46,25 milliards de yens).

La progression en valeur des ventes à l'étranger de voitures (+31,3%), de composés organiques et de produits minéraux a été en grande partie à l'origine de cette appréciation, qui n'a cependant pas suffi à compenser l'envolée des frais d'achats extérieurs.

D'après les analystes, le Japon risque de souffrir encore des mois d'un déséquilibre commercial auquel il n'était pas habitué, lui qui se targuait avant le tsunami du 11 mars 2011 d'aligner d'énormes excédents commerciaux.

Toutefois, le tableau n'est pas totalement sombre, car les exportations se sont plutôt pas mal comportées, grâce notamment aux véhicules, même si elles n'ont pas permis d'en finir avec le déficit commercial vis-à-vis de l'Union européenne, de l'Asie et de la Chine, avec laquelle le montant inscrit en rouge a atteint 506,4 milliards de yens, 3,8 milliards d'euros), le plus important pour un mois d'octobre.

Le déficit commercial pourrait finir par se réduire

Les exportations ont pris 26,4% en valeur vers les Etats-Unis, 27% à destination de l'Union Européenne, 14,9% en direction de l'Asie et 21,3% vers la Chine, ce qui est plutôt de bon augure pour le produit intérieur brut (PIB) de l'archipel qui avait souffert entre juillet et septembre d'un manque de tonus des exportations, rappelle, Yasuo Yamamoto, économiste de l'Institut de recherche Mizuho.

"Je pense que nous allons voir le déficit commercial mensuel se contracter progressivement, mais seulement peu à peu", a indiqué Yasuo Yamamoto, interrogé par l'agence Dow Jones Newswires.

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Commentaires
a écrit le 23/11/2013 à 13:07 :
Et oui, la fin du nucléaire imposé une auguemantation des besoins énergétique, donc une hausse importante des importations de pétrole.... Il faut bien faire des choix..... Une logique implacable, les besoins électrique ne peuvent ce restreindre....
a écrit le 20/11/2013 à 9:48 :
Le Japon a failli "crever" du fait et a cause de ses excédents commerciaux qui entrainaient une appréciation débile de leur monnaie qui les rendaient de moins en moins compétitifs notamment vis à vis de la zone dollar (dont Asie). Ce qui va se produire est simple, ce sera un renouveau du Japon industriel...au détriment de qui en grande partie?..de l'Europe. Les américains jouent sur du velours, puisque ce sont bien les amerlocs qui ont donné le feu vert à la politique de ABE. Remarque pittoresque: Nous en Europe on a aussi un ABE ou plutôt une, mais elle a la tête à l'envers puisque on la nomme en anglais EBA, et tout le reste est à l'avenant, la pensée à l'envers.

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