Ukraine : bientôt la suppression des droits de douane par l'UE

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Cette mesure doit permettre à l'économie ukrainienne d'économiser 487 millions d'euros. (Photo : Reuters)
Cette mesure doit permettre à l'économie ukrainienne d'économiser 487 millions d'euros. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Les députés européens ont voté en faveur de la suppression des droits de douanes sur les produits ukrainiens. Dans le même temps, la Russie met fin au tarif préférentiel du gaz livré à Kiev.

Le Parlement européen a donné jeudi son feu vert à une quasi suppression des droits de douane pour les produits exportés par l'Ukraine vers l'Union européenne, afin d'aider le nouveau pouvoir pro-européen de Kiev.

Les députés européens ont en effet approuvé à une très large majorité la proposition faite début mars par la Commission de réduire les tarifs douaniers pour un montant de près de 500 millions d'euros en année pleine.

95% des importations de biens industriels

"C'est le moment de démontrer notre soutien en termes concrets, afin d'aider l'Ukraine pendant la crise économique qu'elle traverse, face à une pression accrue du Kremlin", a déclaré le rapporteur du texte, l'élu polonais Pawel Zalewski. Et d'ajouter : "comme Poutine ferme le marché russe aux exportations ukrainiennes, nous ouvrons le nôtre"...

Cette mesure unilatérale supprimera les droits de douane sur 94,7% des importations de biens industriels et sur plus de 80% des produits agricoles. Elle devrait permettre aux fabricants et exportateurs ukrainiens d'économiser l'équivalent de 487 millions d'euros en année pleine, dans le cadre du plan d'aide massif de l'UE d'au moins 11 milliards d'euros.

Pour entrer en vigueur, cette disposition doit encore être approuvée par le Conseil européen, qui représente les 28 pays de l'UE, et devrait être formalisée courant avril. Elle devrait alors s'appliquer jusqu'au 1e novembre 2014, ou jusqu'à ce que l'accord d'association UE-Ukraine, incluant un accord commercial renforcé, entre en vigueur, a précisé le Parlement.

Moscou annule son dernier rabais sur le gaz

Parallèlement, la Russie intensifie ses sanctions envers Kiev. Moscou a ainsi annulé jeudi le dernier rabais octroyé à l'Ukraine sur les livraisons de gaz russe, faisant passer le prix des 1.000 mètres cubes de 385 à 485 dollars - soit l'un des prix les plus élevés appliqués aux pays européens. Cette annonce, par le patron de Gazprom Alexeï Miller, met de facto fin à une réduction de 100 dollars accordée en 2010 lors d'un accord entre Moscou et Kiev.

Mardi, Gazprom avait déjà annoncé mettre fin à un autre rabais sur le gaz, octroyé en décembre 2013 à Kiev en échange de son renoncement à un accord avec l'Union européenne, augmentant de fait son prix de plus d'un tiers, à 385 dollars les 1.000 mètres cubes.

"Que nos partenaires ukrainiens cherchent les finances nécessaires pour rembourser leurs dettes et payer leurs factures, car sans cela aucune coopération, ni dans ce domaine ni dans d'autres domaines, ne peut être mise en œuvre", a lancé le Premier ministre russe Dimitri Medvedev, qui exige que l'Ukraine rembourse sa dette de 2,2 milliards de dollars. Moscou envisagerait également de réclamer une compensation pour le manque-à-gagner occasionné au budget russe par le tarif préférentiel appliqué depuis 2010. La guerre économique s'annonce féroce.

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a écrit le 04/04/2014 à 1:15 :
Le procureur général, le ministre de l'intérieur et le chef des services de sécurité ukrainiens ont présenté, jeudi 3 avril, les premières conclusions de l'enquête sur les tueries qui ont lieu sur Maïdan, la place de l'Indépendance, pendant le soulèvement qui a abouti à la chute du président Viktor Ianoukovitch. Au plus fort des violences, du 18 au 20 février, près de 90 personnes avaient été tuées. « TOUT A ÉTÉ COORDONNÉ » Selon Valentin Nalivaïtchenko, chef des services de sécurité ukrainiens, « des agents du FSB [les services secrets russes] ont participé à la planification et à la mise en œuvre de la soi disant opération anti-terroriste». M. Nalivaïtchenko a également précisé que Viktor Ianoukovith « a donné l'ordre criminel (...) autorisant l'usage des armes contre les manifestants ». « Tout a été coordonné par des membres des forces de l'ordre » a insisté le ministre de l'intérieur, Arsen Avakov Plus tôt dans la matinée, douze membres des anciennes forces spéciales antiémeutes, les « Berkout », rincipaux acteurs de la répression, avaient été interpellés. « Il s'agit d'une unité baptisée 'unité noire', dédiée aux opérations spéciales, qui a distribué des armes, dont des fusils de snipers » , a déclaré le procureur général d'Ukraine, Oleg Makhnitski.
Réponse de le 04/04/2014 à 4:40 :
Vous relater un article tellement à charge (et qui n'est pas de La Tribune) que sa crédibilité est douteuse.
Réponse de le 04/04/2014 à 9:24 :
Quels intérêts avaient les russes à déstabiliser un pays pro-russe? Qui venait de faire un bras d'honneur à l'UE qq semaines auparavant ?

Un peu de bon sens...
Réponse de le 04/04/2014 à 10:16 :
l'Ukraine ne devait pas être si pro-russe que cela. Si elle l'avait été Poutine n'aurait pas eu besoin de mettre un dictateur marionnette à sa tête et le pays n'aurait jamais entamé des négociations officielles avec l'UE en vue d'un accord commercial.

Ensuite déstabiliser un pays pour ensuite justifier une invasion étrangère est une technique vieille comme le monde.Ça marche même à l'intérieur des pays.
a écrit le 03/04/2014 à 23:35 :
Les économies pour l'Ukraine? Pas si sur. La baisse des droits de douane risque de faire très mal aux certains secteurs dans le pays, surtout la production d'automobiles, mais pas uniquement.
a écrit le 03/04/2014 à 17:45 :
Et si l'Ukraine demandait une compensation en milliards devant les instances internationales pour la Crimée a Moscou ?
Réponse de le 03/04/2014 à 19:20 :
Qu'un peuple soit pro-russe vous dépasse tellement qu'il faudrait porter l'affaire devant des instances internationales ?
Réponse de le 04/04/2014 à 1:10 :
La Crimée votait en 91 un référendum à 54% favorable à son attachement à l'Ukraine. Alors l'argument pro-russe ne tient pas sinon comme propagande poutinienne.
Réponse de le 04/04/2014 à 4:34 :
C'est sûre, le capitalisme sauvage a ravit les cœurs depuis 91 !
Réponse de le 04/04/2014 à 12:42 :
En 1991, l'URSS s'effondrait et avec elle l'économie russe. La Russie avait besoin d'une aide alimentaire massive et a avalé toutes les couleuvres, qu'elle n'a pas digérées. On avait aussi promis à la Crimée un statut qui lui permettrait de choisir plus tard. L'Ukraine l'en a très vite privé. En 20 ans, les ukrainiens n'ont pas réussi à donner au peuple de Crimée de rester chez eux. Il n'a fait que mettre en oeuvre une possibilité dont on l'a privé pendant 20 ans.
a écrit le 03/04/2014 à 17:39 :
meme pas capables de gerer l'europe et ils veulent donner des leçons a l'ukraine
Réponse de le 03/04/2014 à 19:38 :
Ou voyez vous que l'UE veut donner des leçons à l'Ukraine ??
Réponse de le 03/04/2014 à 20:33 :
Ah en plus de nous couter des milliards, il ne faudrait pas donner de leçons à l'Ukraine ?!!
a écrit le 03/04/2014 à 16:58 :
C'est une défaite politique, diplomatique et économique majeure.

l'Ukraine est (était) le grenier à grain de l'URSS et possède des gisements importants en hydrocarbures,métaux et terre rares. Le comportement agressif de Moscou l'a poussé directement dans le camp de l'occident alors qu'un peu de bon sens et de diplomatie en aurait fait en allié proche, tout l'y prédisposait, l'histoire, la langue, la géographie et l'économie. Faut quand même pas être malin...
Réponse de le 03/04/2014 à 17:25 :
L'Europe a gagné un gros boulet, un de plus, un nouveau gros trou sans fonds a subventions europeennes. Le contribuable europeen va se faire tondre et presser. Bien joue la Democrature europeenne. Pour info, le gaz et petrole sont en Crimee qui est russe maintenant et pour le ble, la Russie est autosuffisante et se tournera vers le Kazakhstan. Quant a l'agriculture ukrainienne, elle va semé la misere chez les agriculteurs francais. Vive le dumping social et salarial europeainise, viva Barroso !
Réponse de le 03/04/2014 à 17:46 :
Bonjour,

Vous pensez sincèrement que poutine est assez bête pour saborder lui même sont propre bateau ?
Poutine n'avait aucun intérêt a déstabiliser ce pays avec lequel il commerçait, et avec lequel il avait de très bon rapport.

Les pas très malins ne sont pas forcement toujours les méchants russes.
Réponse de le 03/04/2014 à 19:27 :
Comme un disque rayé où toute les fautes incombent a Poutine, pourtant on a beaucoup joué dans l'instabilité actuel ! Oui l'Ukraine était utile à la Russie, maintenant l'Ukraine va être l'horreur des contribuables Européen, merci l'OTAN/Obama/Fabius et tout les empressés du Gaz de Schiste !
Réponse de le 03/04/2014 à 19:48 :
Ce ne serait pas le premier. Attaquer la Russie en 1941 c'était une énorme bêtise, attaquer les Falklands en 1982 en était une autre. Les dictateurs ne réagissent pas comme les gens normaux, leur idéologie les intoxique et les pousse a des actes irraisonnés. Chez lui, Poutine est en position délicate, il ne peut rester au pouvoir qu'en violant la constitution, il lui fallait un truc spectaculaire pour faire passer ce qu'il va faire en Russie, une proclamation de Poutine président à vie.
Réponse de le 03/04/2014 à 22:52 :
@@Ric : et Barroso, jamais élu qui dirige l'Europe, Barroso n'a JAMAIS eu de mandat électif de toute sa vie ! Il a toujours été nommé par sa caste, jamais élu au suffrage du peuple. Belle preuve de democratie europeenne, pardon, devrai je dire de democrature
Réponse de le 04/04/2014 à 1:14 :
Comment voudriez-vous que Barroso puisse être élu par tous les habitants des 28 pays européens ? Pas très pratique comme système. Un président de l'Europe oui mais pas un président de commission qui elle-même est le reflet des votes du parelement.
Réponse de le 04/04/2014 à 7:17 :
@pro europeen : et les votes des francais et irlandais et hollandais au referendum de 2005 sur lesquels la democrature europeenne s'est aisement assise, c'est beau aussi ?
a écrit le 03/04/2014 à 16:57 :
L'Ukraine a toujours fait une très belle jambe aux Européens, la plupart ne savaient même pas où ce pays se trouvait. Tout un coup, il suffit d'un coup monté (et qui a mal tourné) pour que ce pays en perdition devienne le souci majeur de l'UE. La deuxième guerre froide vient de commencer et comme toutes les guerres on sait quand elle commence mais pas quand elle finira. Qui survivra, verra.
Réponse de le 03/04/2014 à 19:30 :
Et pourtant tout le monde connaissaient la "Crimée"... Comme quoi ça doit être un pays (enfin, comme la Catalogne)
Réponse de le 04/04/2014 à 10:26 :
La Crimée a été associé depuis un siècle dans les souvenirs français à une bataille sanglante de la première guerre mondiale, je ne sais pas si ça dit encore quelque chose aux moins de 40 ans.

Le souci ce n'est pas vraiment la Crimée, c'est le comportement de Poutine et ce sont ses troupes qui sont sur le pied de guerre, pas les nôtres.
a écrit le 03/04/2014 à 16:48 :
Bon j'espère que cette fois c'est clair pour TOUT LE MONDE !!! Révolte BIDON que NOUS avons organisée, petites querelles avec la RUSSIE planifiées et hop le tour est joué. Comment peut il y a voir encore des gens assez naifs pour croire à tout ça !!!!!
Réponse de le 03/04/2014 à 19:31 :
Attention, Anti Poutine va venir vous dire que Poutine, c'est Staline ! Et il faut surtout pas chercher plus loin... !!
a écrit le 03/04/2014 à 16:46 :
alors qu'il faudrait une tva sociale aux frontieres vraiment le monde à lenvers
a écrit le 03/04/2014 à 16:36 :
Genial, avec des ouvriers qualifies payes 250 euros par mois (moins chers que les chinois), je vais delocaliser en toute quietude. Merci l'Europe pour ce dumping social et salarial de genie. A 2 heures d'avion de Paris seulement et une autoroute toute neuve qui relie l'Ukraine a l'Allemagne par la Pologne pour transporter le fret rapidement, c'est l'eldorado !
Réponse de le 03/04/2014 à 23:15 :
Pas si sur à propos d'eldorado. La corruption, l'administration assez folle, les ressources humaines pas toujours terribles, maintenant en plus l'inflation élevée et le chaos économique.

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