La loi martiale décrétée en Thaïlande dans un climat de guerre civile

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Déclarer la loi martiale n'est pas un coup d'État, mais vise à restaurer la paix et l'ordre public, ont voulu rassurer les militaires, face à l'inquiétude généralisée.
"Déclarer la loi martiale n'est pas un coup d'État", mais vise "à restaurer la paix et l'ordre public", ont voulu rassurer les militaires, face à l'inquiétude généralisée. (Crédits : Reuters)
L'armée thaïlandaise a décrété mardi la loi martiale et déployé des soldats dans Bangkok, après des mois de crise politique et des manifestations anti-gouvernementales ayant fait 28 morts.

La crise en Thaïlande a franchi un nouveau cap mardi, alors que l'armée a déclaré la loi martiale et déployé des soldats dans Bangkok sans que le gouvernement ne soit mis au courant. "Déclarer la loi martiale n'est pas un coup d'État", mais vise "à restaurer la paix et l'ordre public", ont voulu rassurer les militaires, face à l'inquiétude généralisée.

Ils avaient menacé jeudi d'intervenir dans la crise, après la mort de trois nouveaux manifestants dans une attaque à la grenade en plein Bangkok. C'est désormais chose faite.

Un conflit oppose les Chemises rouges, fidèles au gouvernement, à l'opposition soutenue par les élites royalistes, qui craignent pour la survie de la monarchie à cause de la popularité du clan au pouvoir actuellement, en place depuis 2001. Depuis six mois qu'il dure, le conflit a déjà fait 28 morts.

Déploiement militaire

Des hommes ont été déployés dans le centre de la capitale, en particulier dans les quartiers des hôtels et des chaînes de télévision, a rapporté l'AFP. Il a par ailleurs été demandé aux deux camps qui s'opposent de rester sur leurs sites de rassemblement respectifs. Le représentant de l'armée a par ailleurs invité la population à "ne pas paniquer et à continuer à vivre normalement", dans son adresse à la télévision.

Les inquiétudes sont néanmoins vives, dans une capitale gardant en mémoire les plus de 90 morts de 2010 lorsque l'armée, sur ordre du gouvernement de l'époque, avait donné l'assaut contre les Chemises rouges, qui occupaient le centre de Bangkok.

Les médias censurés

L'armée "interdit à tous les médias de rapporter ou de distribuer toute information ou toute photographie nuisibles à la sécurité nationale", a ajouté le général Prayut Chan-O-Cha dans une déclaration lue sur toutes les chaînes de télévision et de radio nationales.

Elle a aussi privé d'antenne dix chaînes, dont les très partisanes BlueSky (pro-opposition) et, du côté des pro-gouvernement, AsiaUpdate et UDD, au motif qu'elles risquent de "déformer l'information" et d'"aggraver le conflit".

Le gouvernement intérimaire sous pression

Le gouvernement intérimaire est de plus en plus sous pression dans ce conflit. Il n'avait pas été avisé par les militaires de la mise en place de la loi martiale. "Déclarer la loi martiale relève de l'autorité militaire", a toutefois relativisé le conseiller en charge de la sécurité auprès du gouvernement, qui assuré que ce dernier restait en place.

L'opposition assure quant à elle être dans sa dernière ligne droite contre le gouvernement intérimaire, dont vient d'être destituée la Premier ministre Yingluck Shinawatra. Selon eux, elle n'était que la marionnette de son frère, Thaksin Shinawatra, lui-même destitué par un précédent coup d'État en 2006 et aujourd'hui en Exil. "Nous sommes convaincus que l'invocation de la loi martiale va bénéficier à notre mouvement et servir notre cause", a réagi Sathit Wongnongtoey, un des meneurs des manifestants d'opposition.

Inquiétude des États-Unis et du Japon

A Tokyo, le gouvernement japonais a fait part de ses "grandes inquiétudes" face aux événements en Thaïlande, un pays où le Japon investit massivement. La loi martiale décrétée par l'armée thaïlandaise doit être "temporaire" et ne doit pas saper la démocratie, ont averti lundi soir les Etats-Unis, qui ont eux aussi des intérêts dans la région.

"Toutes les parties en présence doivent respecter les principes démocratiques, y compris la liberté d'expression", a déclaré dans un communiqué la porte-parole du département d'Etat Jen Psaki, qui a également exprimé l'inquiétude de Washington face à la crise politique en Thaïlande.

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Commentaires
a écrit le 20/05/2014 à 17:50 :
Pays dynamique à forte croissance mais voila comme partout le fonctionnaire veut sa grosse part du gâteau ( militaires dans ce cas) gagné par l'entreprenariat privé et fou un bordel monstre.
a écrit le 20/05/2014 à 16:56 :
Les plaies de la Thaïlande que sont : l'élite réac bangkokiane, la corruption à tous les étages, la police, l'armée qui ne sait pas rester dans son rôle de défense du pays d'attaques extérieures et qui possède banque, chaînes de radio et tv, et j'en passe et des meilleures, sans compter les querelles de palais, cela fait beaucoup pour qu'un pays puisse connaître une réelle stabilité politique.
a écrit le 20/05/2014 à 16:14 :
y a rien a dire, tout comme en france on a la situation politique qu'on merite!.
a écrit le 20/05/2014 à 12:14 :
Et qu'est ce qu'il en dit Obama ? Et qu'est ce qu'il en dit BHL ? Bizarre leur silence sur ce qui se passe en Thailande depuis maintenant plus de 4 ans.
Réponse de le 22/05/2014 à 15:31 :
notre Malbrought national va envoyer la troupe,pour faire régner l'ordre et la discipline qu'il ne sait pas faire régner en France

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