Obama va annoncer mercredi un plan d'action contre l'Etat Islamique en Irak

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(Crédits : reuters.com)
Quatre frappes aériennes sur des combattants de l’Etat islamique (EI) ont été lancées dimanche près du barrage de Haditha, dans l’ouest de l’Irak, a annoncé le Pentagone. Barack Obama présentera mercredi son "plan d'action" contre l'Etat Islamique.

Les avions de combat américains ont étendu pour la première fois à l'ouest de l'Irak leur zone de frappes contre les combattants de l'Etat islamique (EI), le président Barack Obama s'apprêtant à révéler mercredi sa stratégie anti-jihadiste longtemps attendue.

Mettant ces frappes à profit, les forces irakiennes appuyées par des tribus sunnites ont lancé une vaste offensive contre les jihadistes de l'EI dans la région de Haditha, près d'un barrage vital sur l'Euphrate, dans la province à majorité sunnite d'Al-Anbar.

Jusque-là, les Etats-Unis avaient concentré leurs raids sur les positions de l'EI au nord de Bagdad, aidant l'armée appuyée par les combattants kurdes et les miliciens chiites à reprendre quelques secteurs à l'EI, principalement le barrage de Mossoul, le plus important du pays.

Ce groupe extrémiste sunnite, responsable d'atrocités en Irak mais aussi en Syrie voisine, avait pris dès janvier des secteurs de la province d'Al-Anbar, frontalière de la Syrie, et s'était emparé de nouvelles régions à la faveur de son offensive lancée le 9 juin en Irak.

"A la demande du gouvernement irakien, les forces militaires américaines ont attaqué les terroristes de l'EI près de Haditha (...) en soutien aux forces de sécurité et aux tribus sunnites protégeant le barrage de Haditha", selon le Commandement central américain.

L'objectif était "d'empêcher les terroristes de menacer la sécurité du barrage", a-t-il ajouté, alors que l'EI a tenté maintes fois de s'emparer du barrage de Haditha qui, avec celui de Mossoul, sont vitaux pour la production d'électricité et l'irrigation dans le pays.

A la faveur de ces frappes, les forces armées "soutenues aussi par des raids aériens irakiens et des tribus ont lancé une offensive d'envergure autour de Haditha", a déclaré un porte-parole militaire. Le gouverneur d'Al-Anbar, présent lors de cette offensive, a été blessé par des tirs d'obus, selon un correspondant de l'AFP sur place.

La force conjointe a réussi à reprendre la ville de Barwana, à l'est de Haditha, aux jihadistes qui ont laissé derrière armes et véhicules. L'armée a hissé le drapeau irakien sur le principal check-point de la ville après avoir retiré celui de l'EI.

Dans le nord du pays, les combattants kurdes appuyés par des frappes américaines sont parvenus à reprendre cette semaine le mont Zardak, un site stratégique surplombant l'est de Mossoul, ville aux mains de l'EI, selon un responsable.

L'extension des frappes témoigne de la détermination des Etats-Unis à combattre l'EI, moins de trois ans après le départ des dernières troupes américaines du pays.

Outre ces raids, Washington a envoyé des armes aux forces kurdes et plus de 800 conseillers militaires et soldats pour aider l'armée et défendre le personnel américain.

Mais c'est surtout la décapitation par l'EI de deux journalistes américains enlevés en Syrie -James Foley et Steven Sotloff- et la menace de tuer un otage britannique, filmées dans des vidéos, qui ont écoeuré la communauté internationale et l'ont poussée à agir plus rapidement.

Barack Obama a annoncé qu'il présenterait dans un discours mercredi son "plan d'action" contre l'EI, martelant qu'il ne prévoyait pas l'envoi de troupes au sol et n'entendait pas lancer "l'équivalent de la guerre en Irak".

"Nous allons faire partie d'une coalition internationale en menant des frappes aériennes en soutien au travail sur le terrain par les troupes irakiennes et kurdes", a-t-il dit. "Nous allons les affaiblir. Nous allons réduire la taille du territoire qu'ils contrôlent. Et, en fin de compte, nous les vaincrons".

Le président américain s'exprimait dans un entretien à NBC News diffusé dimanche et réalisé samedi à la Maison Blanche, au lendemain de son retour du sommet de l'Otan au Pays de Galles, où il a rallié de nombreux pays occidentaux et la Turquie à son projet de coalition contre l'EI. Son secrétaire d'Etat John Kerry est attendu prochainement au Moyen-Orient pour sonder les partenaires des Etats-Unis.

Dimanche, le patron de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi a appelé, lors d'une réunion ministérielle de l'organisation au Caire, les Etats arabes à faire face "militairement et politiquement" à l'EI, en soulignant la nécessité de prendre "des décisions courageuses".

La question d'une éventuelle intervention étrangère contre l'EI en Syrie reste en suspens, les Occidentaux excluant pour le moment toute coopération avec le régime.

Ce groupe, responsable de multiples exactions -viols, exécutions, enlèvements- contre les habitants des régions qu'ils contrôlent, compte dans ses rangs des centaines de combattants européens et américains qui risquent d'exporter en Occident leurs actes de "terrorisme".

L'Irak, qui a réclamé maintes fois l'aide de l'étranger, a salué le projet de coalition contre l'EI alors que son Premier ministre désigné Haïdar al-Abadi poursuit les tractations pour former un gouvernement rassemblant toutes les communautés réclamé par Etats-Unis. Il a jusqu'au 9 ou 10 septembre pour l'annoncer.

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Commentaires
a écrit le 07/09/2014 à 21:40 :
"Une coalition aux contours encore flous"
Flous pour qui?
Une coalition qui crée, alimente, arme et finance des groupes pour semer désordre et terreur dans des régions où ça sent le gaz et le pétrole.
Une coalition qui fabrique des « révoltés » et des « printemps » pour justifier une intervention et la liquidation d'un dictateur insoumis ou pour se frayer un passage contre tous ceux qui résistent aux calculs des coalisés.
Une coalition qui cherche et trouve le moyen de faire diversion - grâce à une propagande organisée - pour remettre à demain, à après après demain ou à jamais la résolution des problèmes urgents de "leurs" citoyens (emploi, santé, éducation, loisirs...)
"Une coalition aux contours encore flous" ? Pas si flous que ça pour celles et ceux qui ouvrent bien les yeux.
Derrière cette engagement contre leur création l'EI, la coalition ne vise t- elle pas l'axe de résistance à Israël, Iran-Syrie-Hezbollah et à tenter d’effacer l'humiliation subie par les barbares à Gaza ?
Réponse de le 08/09/2014 à 11:37 :
tout est dit ;
a écrit le 07/09/2014 à 18:01 :
Quand on pense qu'il y a à peine un an, il était question de faire la guerre à Assad pour aider les rebelles syriens, dont l'El, et qu'on devait vraisemblablement financer ces derniers à tire-larigot, on se dit qu'on a un problème en Occident.
Ce qui semble se confirmer quant on voit qu'Obama va expliquer à ses ennemis ce qu'il compte faire. J'en reste pantois. Vraiment.
a écrit le 07/09/2014 à 14:13 :
Mais qu'attendent-ils pour mettre le paquet??? L'EI met la monde entier à feu et à sang: Moyen-Orient, Afrique, Asie, bientôt Europe! (Tiens!! Bizarre!! L'Amérique semble oubliée?? Ou ceci explique t-il cela? Un ennemi qui affaiblit mes concurrents, ce n'est pas une si mauvaise chose que ça!).
A force de tergiverser, la gangrène sera partout et incontrôlable!
Au lieu d'enquiquiner les russes, Amérique et Europe feraient mieux de se remuer pour endiguer l'islamisme! D'autant plus que l'aide des russes sera indispensable pour essayer d'éliminer cette engeance!
Réponse de le 07/09/2014 à 15:20 :
Pourquoi endiguer à tout prix l'islamisme tandis que les forces sionistes massacrent des milliers de civils palestiniens?

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