L'eau, un défi économique majeur pour les entreprises

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Une étude du cabinet McKinsey montre que la demande mondiale en eau pourrait dépasser de 40% les réserves disponibles d'ici 2030.
Une étude du cabinet McKinsey montre que la demande mondiale en eau pourrait dépasser de 40% les réserves disponibles d'ici 2030. (Crédits : Reuters)
La raréfaction de l'eau et son accès de plus en plus difficile peuvent menacer la croissance des plus grandes entreprises à travers le monde prévient un rapport de l'organisation internationale Carbon disclosure project (CDP).

La pénurie, l'accès et la qualité de l'eau sont des sujets d'inquiétudes qui prennent de l'ampleur dans les conseils d'administration. Le rapport de l'ONG CDP, publié mercredi 5 novembre, indique que les deux tiers des plus grandes entreprises mondiales interrogées pour son étude (répertoriées à l'index FTSE Global 500) se disent exposées à cette menace, et 20% d'entre elles considèrent qu'elle présente un risque pour leur croissance.

Perte de compétitivité

Selon l'organisation, qui a accès aux données environnementales de ces sociétés, 68% d'entre elles estiment que leurs opérations, leurs activités ou leur revenu pourraient être impactés. Parmi elles, ce sont notamment les industries des secteurs de l'énergie, des matières premières, des aliments de base, du textile ou encore de la santé qui sont les plus concernées. Et pour cause, le rapport indique que la concurrence pour accéder à cette ressource fait grimper les prix, "perturbe les affaires et peut provoquer des pertes de licences". Pire, "un manque d'eau, ou sa mauvaise qualité, peuvent altérer voire stopper la production".

Les actionnaires de ces groupes sont ainsi directement concernés par ce défi et incitent de plus en plus, selon le CDP, à investir dans des solutions pérennes. "Si la pénurie prévaut, les entreprises pourraient ne plus être en mesure de fournir leurs produits et services et perdre leur capacité à se développer", explique Constantina Bichta, chercheur en gouvernance au Boston Common Asset Management, citée dans l'étude. Elle ajoute :

"En tant qu'investisseur, c'est quelque chose qui nous concerne profondément. Les entreprises basées sur une grande chaîne d'approvisionnement courent le risque de se retrouver en conflit avec les communautés locale, là où elle sont implantées, sur cette question de l'accès à l'eau."

Des engagements encore insuffisants

Des opérations conséquentes sont déjà menées rappelle le CDP. Coca-Cola a dépensé près de 2 milliards de dollars pour réduire sa consommation d'eau dans ses usines d'embouteillage, Nestlé a consacré 43 millions de dollars dans ses équipements de retraitement des eaux usées l'an passé et BHP Billiton a investi 2 milliards de dollars dans une centrale de désalinisation au Chili pour assurer l'approvisionnement de ses activités minières. Des objectifs contraignants ont aussi été décidés, comme celui du géant pharmaceutique AstraZeneca pour réduire sa consommation d'eau de 25% d'ici 2015.

Mais les engagements ne sont pas encore suffisants pour faire face à ce challenge sur le long terme, jugent les analystes du CDP. Seules 35% des entreprises interrogées se projettent au delà de 10 ans pour estimer l'impact que la problématique de l'eau aura sur leur développement. Et ce, malgré les données de l'ONU indiquant que d'ici 16 ans, la demande mondiale en eau pourrait dépasser de 40% les réserves disponibles.

Déficit de communication

Le président du CDP Paul Simpson pointe également le manque de réactivité de certaines multinationales,réticentes à communiquer à leurs actionnaires les données sur leur exposition aux problèmes liés à l'eau. 42% des entreprises sollicitées seraient concernées, selon lui, dont Nike Inc et Exxon Mobil, considérées comme les groupes ayant potentiellement l'impact le plus important sur les ressources en eau.

"Nous vivons à une époque de demande sans précédent. En quatre ans, le nombre d'investisseurs demandant une responsabilité des entreprises sur cette question a été multiplié par quatre. C'est très inquiétant que des groupes aussi important échouent à communiquer sur leur gestion de l'eau et ses risques à leurs actionnaires", regrette-t-il.

En France, la polémique autour du barrage de Sivens —censé mettre fin aux problèmes d'irrigation des agriculteurs de la vallée— montre que cette problématique est présente à toutes les échelles, aussi bien locale, nationale qu'internationale. Par ce rapport, le CDP rappelle également que l'eau est devenue une problématique atteignant autant le secteur privé que le secteur public.

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a écrit le 06/11/2014 à 8:59 :
Merci d'etre un peu plus precis. Il n'y a pas de rarefaction de l'eau! le volume d'eau mondiale est tjs le meme et sera tjs le meme vu qu'on est en cercle fermé. On consomme plus d'eau par contre ce qui cré le pb lié à l'approvisionnement d'eau, nuance!
a écrit le 05/11/2014 à 17:02 :
Ca me fait penser à mon ancienne entreprise installée à Bezons à quelques centaines de m de la seine, une nappe phréatique très sale mais bon débit, 800m3 par jour à 15°,on ne polluait pas, juste refroidir nos installations et retour à la seine.
On a fermé l'usine pour partir en Bretagne, le forage à 50 m incapable de fournir 50m3 par jour, on était obligés d'utiliser d'énormes tours de refroidissement, de multiples refroidisseurs et complèter avec de l'eau potable très très chère.
C'était ruineux,
Dans mon métier pour ces raisons, beaucoup s'installent sur de vieux moulins et on les comprend, les frigories coûtent 5 fois plus cher que les calories, il faut y penser quand on construit une usine.
a écrit le 05/11/2014 à 11:48 :
En même temps que les entreprises crient au secours, elles disposent de tous les éléments pour résoudre le problème. Il n'y aura plus assez d'eau : il faut en consommer moins. La qualité de l’eau diminue : il faut la polluer moins. C’est une opportunité de croissance pour les entreprises qui mettront en œuvre ces solutions. Pourquoi se plaignent-elles. D’autant que ces tendances ne sont pas une nouveauté. Si elles se plaignent c’est peut-être pour obtenir de l’argent public, comme toujours, à les écouter, il faut privatiser les bénéfices et socialiser les efforts. Une campagne de tweets ?
a écrit le 05/11/2014 à 10:21 :
POUR CONSERVE LEAU IL FAUT ARETTE CONSTRUIRE SUR LES NAPPES COMME A ROYBON DANS L ISERE. OU TOUS LES ELUES SAUF LES ECOLOGISTES ET LES GENS DU COIN S OPPOSENT??? ET DE PLUS CES NAPPES EN FRANCE DEPORDE? DONC IL Y A ENCORE DE LA SPECULATION DAND L AIR???
Réponse de le 05/11/2014 à 12:02 :
Et encore lui avec ses majuscules....
a écrit le 05/11/2014 à 9:18 :
On a plus de 100 ans de réserve d'eau sous nos pieds, sans qu'aucune pluie ne tombe, où est le problème !
Réponse de le 05/11/2014 à 12:26 :
Vous êtes serieux ? 100 ans de réserve pour vous c'est suffisant ? Vous êtes complétement à côté de la plaque mon pauvre...Ah ce point, franchement, ça fait peur.
a écrit le 05/11/2014 à 8:24 :
McKinsey meilleur ami de la finance folle, qui aimerait bien transformer l'eau en matière première rare dont elle serait propriétaire.
L'eau est à tout le monde : elle tombe du ciel.

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