Santé : comment les émergents peuvent rattraper les pays développés

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Les téléphones portables et leur utilisation représente une des clés du développement de la santé dans les pays émergent, estime l'étude.
Les téléphones portables et leur utilisation représente une des clés du développement de la santé dans les pays émergent, estime l'étude. (Crédits : Reuters)
Le recours aux nouvelles technologies et aux systèmes de santé alternatifs sont les solutions clés pour que les pays émergents développent des systèmes de santé aussi efficace que ceux des pays de l'OCDE, estime le Boston Consulting Group.

Les économies émergentes dépensent de plus en plus d'argent dans la santé. Cela est somme toute logique puisque leur niveau de vie augmente. Ainsi, entre 1995 et 2012, les dépenses de santé ont ainsi augmenté de 7,4% par an dans les pays émergents (contre 3,5% dans les pays développés), explique le Boston Consulting Group (BCG) dans une étude publiée jeudi 22 janvier. Il assure même qu'en 2022, environ 50% des dépenses de santé mondiales seront issues des pays émergents.

Mais ces investissements, de plus en plus pharaoniques, ont une faible efficacité si les émergents tentent de copier les modèles de santé des pays développés, estime le cabinet international de conseil en stratégie, chiffres à l'appui. Ainsi, si le Nigeria formait son personnel médical sur le modèle des pays développés, "il lui faudrait 300 ans de plus que les pays de l'OCDE pour former le même nombre de médecins par habitant".

Encourager l'innovation et créer des cercles vertueux

Quelle solution pour ne pas prendre le chemin des pays développés souvent bloqués par "un système de santé fixé ou des intérêts particuliers"? Passer directement par des systèmes de santé alternatifs et par l'innovation, notamment proposés par certaines ONG et les industries de la santé de façon diffuse, répond le BCG. Revue de détail.

  • Recourir massivement aux nouvelles technologies

Les pays émergents doivent jouir à l'envi des opportunités offertes par les nouvelles technologies. Les téléphones portables doivent être utilisés massivement pour prévenir, créer de la demande pour des soins de santé et informer. Le rapport cite notamment, le système "SMS for life" introduit par l'industrie pharmaceutique Novartis dans les zones rurales tanzanienne éloignées. Un message est envoyé aux habitants via téléphone portable, afin d'améliorer leur accès à des traitement contre la malaria.

La télémédecine est également encouragée. Elle aide les personnes habitant des zones éloignées à se soigner. Selon le cabinet international, cela crée un effet de levier avec une expertise à la fois centralisée et localisée. Ce système a notamment été mis en place en Inde par l'entreprise GE Healthcare.

Le rapport prône également la création de cartes intelligentes biométrique pour les personnes bénéficiant d'une assurance, ou encore de centraliser nationalement les données santé électroniques pour optimiser leur utilisation.

  •  Micro-assurances et production de médicaments localisée

Encourager la création de micro-assurances améliorera l'accès aux soins les rendant plus abordables financièrement, estime le BCG.

Enfin, pour bénéficier de médicaments à bas coûts, le BCG encourage en outre à intégrer et développer la gestion logistique de production de médicaments, comme ce que pratique USAID, une agence indépendante du gouvernement des États-Unis, avec le projet "deliver".

  • Améliorer les comportements

Selon le BCG,améliorer les comportements est tout aussi fondamental. Il prône également l'attribution de récompenses pour "bonnes habitudes santé" aux assurés, tout en les encourageant par la création de label les rendant conscient de leur choix alimentaire, en indiquant si un produit est conseillé ou non.

Par ailleurs, prôner la transparence et récompenser les personnes suggérant des innovations, par des prix notamment, est primordial selon BCG.

  •  Etablir des cercles vertueux

Si des pays émergents connaissent l'échec, c'est par manque d'organisation assure encore l'étude. Créer un concept, analyser les opportunités, tester sa faisabilité et son potentiel, puis le développer en s'assurant de sa viabilité ; telles sont les étapes à suivre pour s'ouvrir la voie du succès. Viennent ensuite l'association du concept à tous les composants du système de santé, ainsi que la liaison avec les institutions, les assureurs, les habitants, tout en utilisant le big data.

L'objectif ultime est d'atteindre un cercle vertueux, synonyme de plus de croissance économique. Il se définit par des demandes de services de soin croissantes aboutissant à des investissements accrus dans la santé, eux-mêmes propices à une offre médicale accrue.

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Commentaires
a écrit le 24/01/2015 à 0:04 :
Qu'ils subsistent déjà par leurs propres moyens et sans nos impôts avant de penser à nous dépasser... Dans 1000 ans peut-être.... Hahaha.
a écrit le 23/01/2015 à 18:31 :
Je n'ai pas l'impression que les pays émergents aient des leçons à recevoir de qui que ce soit. Les médecins cubains sont parmi les meilleurs du monde. Par exemple, combien d'Américains et de Canadiens vont au Nicaragua pour se faire soigner les dents, etc, et tou cela à des prix plus que nettement inférieurs à ceux pratiqués en Occident :-)
Réponse de le 24/01/2015 à 0:06 :
Combien de ressortissants de ces pays sous-développés viennent-ils remplir les queues de pôles emploi, de la CAF et autre organisme d'assistanat...
Réponse de le 24/01/2015 à 11:11 :
@cjesus: certainement pas beaucoup de latinos. Faut pas tout confondre non plus. Je sais, le président algérien nous critique dès qu'il a une occasion, mais cela ne l'empêche pas de venir se faire soigner chez nous :-)
Réponse de le 17/02/2015 à 0:10 :
Combien de médecins spécialistes exercent dans les hôpitaux de France et discriminés parce que sous payés par rapport à leurs homologues français.. CJESUS l'obscurantisme est une tare dans la république

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