Ukraine : les taux directeurs passent de 19,5% à 30%

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Le président ukrainien, Petro Porochenko, doit gérer une véritable guerre civile et une grave crise économique.
Le président ukrainien, Petro Porochenko, doit gérer une véritable guerre civile et une grave crise économique. (Crédits : reuters.com)
Alors que le conflit s'enlise dans l'est du pays, l'Ukraine fait face à une grave crise économique qui combine forte inflation, et forte baisse de la devise.

La banque centrale ukrainienne a annoncé mardi qu'elle allait relever à partir de mercredi son principal taux directeur de 19,5% à 30% pour tenter d'endiguer l'inflation galopante dans le pays, liée en grande partie à la dévaluation sans précédent de la monnaie ukrainienne.

Selon la banque centrale, cette décision fait partie d'une liste de mesures financières visant à "stabiliser la situation macroéconomique" dans l'attente d'une approbation définitive concernant l'octroi d'un prêt de 17,5 milliards de dollars (15,5 milliards d'euros) par le Fonds monétaire international (FMI).

En pleine guerre civile

L'Ukraine, en proie depuis onze mois à un conflit armé dans l'Est séparatiste prorusse, doit aussi faire face à une grave crise économique. L'inflation a atteint 28,5% en janvier sur an.

Cette hausse des prix spectaculaire est dopée essentiellement par une dépréciation catastrophique de la monnaie ukrainienne, la hryvnia, dont la valeur a presque été divisée par trois depuis début 2014. La banque centrale ukrainienne n'a cessé depuis des mois de relever son taux directeur qui est passé de 12,5% à 14% en novembre, puis à 19,5% en février.

Tentative désespérée?

Selon les analystes de Capital Economics, cette dernière hausse est "une tentative désespérée de la banque centrale de reprendre le contrôle de la monnaie". Cela "semble avoir eu un certain succès. Suite à l'annonce, la hryvnia s'est reprise", ont-ils dit, précisant que la monnaie ukrainienne s'établissait désormais à 24 hryvnias pour un dollar contre 27 auparavant. Néanmoins, les analystes se montrent sceptiques quant à l'impact de cette mesure sur le long terme.

"Sans une résolution pacifique, s'inscrivant dans la durée, du conflit dans l'est, la fuite des capitaux va se poursuivre", ont-ils estimé, précisant que "beaucoup allait dépendre du prêt du FMI".

Le Fonds doit approuver le 11 mars un nouveau programme de prêts à l'Ukraine de 17,5 milliards de dollars dans le cadre d'un plan d'aide global estimé à 40 milliards de dollars mais dont les contours restent relativement flous. L'octroi de ce nouveau prêt est conditionné à l'adoption de mesures d'austérité par le Parlement ukrainien, qui examine depuis lundi ces questions.

Un premier prêt accordé

L'aide du FMI devrait notamment servir à renflouer les réserves monétaires de la banque centrale, dont le niveau est très bas, pour aider à stabiliser la monnaie nationale. Le FMI avait déjà accordé en avril dernier 17 milliards de dollars d'aide d'urgence à l'Ukraine, mais ce programme s'est avéré insuffisant face à l'aggravation de la crise économique et à la poursuite du conflit armé dans l'est industriel du pays, qui a fait près de 6.000 morts en onze mois.

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Commentaires
a écrit le 04/03/2015 à 18:05 :
Juste pour l'anecdote : le 23 février est le jour de la création de l'Armée Rouge, aussi appelé "Jour du défenseur de la Patrie". Cette année les chocolats Poroshenko ont commémoré la date en portant dans leurs emballages des rubans de St-George, le symbole de la Russie. Or ces mêmes rubans qui ont été interdits en Ukraine par…Poroshenko lui-même.
Décidément, y a quelque chose qui ne va pas avec ce pays-là…. mdr
a écrit le 04/03/2015 à 13:46 :
Les principaux dirigeants européens (l'Allemagne en tête) ne veulent pas de l'Ukraine ni dans l'UE ni dans l'OTAN. Ils savent bien que la sécurité en Europe passe par d'abord par la Russie pas par l'OTAN US. Nous, les Européens, nous avons déjà réalisé que les vraies intentions des américains en Ukraine ne sont pas les mêmes que les nôtres.

D'ailleurs l'Europe commence déjà à lâcher prise vis-à-vis de Poroshenko, c'est assez visible. Le problème c'est que l'Ukraine actuelle est devenu un nid de nazis (on en voit même quelques-uns sur nos forums) et à ce moment l'UE n'a pas le choix entre un président-oligarque corrompu jusqu'à la moelle, et une junte de national-socialistes venus du passé le plus noir de l'Europe, alliée à une meute de "hooligans" de tous bords. C'est un cadre triste, désespérant.

L'UE a commis une grave erreur, elle en est consciente, et essaye de colmater les brèches qu'elle a même causé en Ukraine, elle veut sauver la face. Une tâche ardue, sans le moindre doute, mais pas impossible.
Réponse de le 04/03/2015 à 16:03 :
Un excellent article de Stephen Cohen à ce sujet "Poroshenko n'a plus le contrôle de Kiev" se trouve ici : russia-insider.com/en/2015/03/03/4049

Dommage qu'on ne voit jamais des articles pareils à La Tribune….
Réponse de le 05/03/2015 à 8:35 :
La Tribune est devenu un véhicule de propagande pour Wall Street-Maison Blanche, même tout ce cocorico absurde qu'on y voit c'est de la diversion, son but même c'est faire du bashing des pays qui ne sont pas alignés au diktat de Washington-New York. Voilà l'explication. Bonne journée.
a écrit le 04/03/2015 à 13:32 :
Pendant ce temps, la Russie (selon Aleksey Pushkov du comité des affaires étrangères de la Duma) les USA "font du fric" en faisant du commerce avec la Russie. D'un côté Obama demande à l'UE d'augmenter (voire serrer) les sanctions contre la Russie, d'autre côté les sociétés américaines font des grandes transaction commerciales et même contrats milliardaires (comme Halliburton et d'autres) avec des sociétés russes. Au grand détriment de l'Europe qui a subit déjà près de 50 milliards de dollars de pertes à cause de l'embargo russe sur les agroalimentaires.

Les médias, muselés ou complices de la clique à Bruxelles, n'en disent rien. Mais la grogne monte auprès des exportateurs européens car les sommes versées par l'UE en guise de dédommagement sont dérisoires selon eux. Donc, qu'y a-t-il de vrai dans toute cette histoire ? en connaissant le servilisme des Européens et le grand renard futé qui sont les Américains en questions commerciales, n'importe qui n'aura de peine pour savoir qui est le vrai dindon de la farce dans cet imbroglio.
a écrit le 04/03/2015 à 9:58 :
Pas grave l europe paiera...
Réponse de le 04/03/2015 à 10:32 :
Et paiera cher, très très cher.
a écrit le 04/03/2015 à 3:38 :
La propagande de Poutine a entre autres pour objectif de diviser les États membres de l'Union européenne via ses partis collaborateurs comme le FN en France. Les chefs d'États qui dirigent par la force ont une chose en commun : ils ne respectent pas les règles. Poutine nous submerge avec sa propagande qui pourrait faire exploser l'UE de l'intérieur. Toute crise est liée à un non-respect des règles. L'UE est un projet pour la paix, mais la paix n'est pas seulement l'absence de guerre, c'est aussi les droits de l'Homme et l'État de droit. Toutes les crises commencent avec la transgression de certaines règles. L'Ukraine et la Pologne par exemple avaient des niveaux de vie et de développement économique similaires au moment de l'effondrement de l'Union soviétique au début des années 1990. Aujourd'hui la Pologne est 25 fois plus riche que l'Ukraine grâce à l'État de droit. La corruption a évincé le président pro-russe Viktor Ianoukovitch mais l’on peut encore constater la splendeur extravagante de la maison du procureur général d'Ukraine Viktor Pshonka. Le Kremlion souhaite voir les pays d’Europe centrale dans la même situation que l'Ukraine sous Viktor Ianoukovitch. Mieux vaut faire le choix qu'a fait la Pologne 25 ans plus tôt. La meilleur arme c'est l'intégration grâce notamment à l'Union de l'énergie et à l'union bancaire. L'image si travaillée et bling bling de Poutine qui monte à cheval, nage dans les rivières ou vole avec les oiseaux comme il vole les russes ne suffit pas à régler les problèmes de son pays dont il ferait mieux de s’occuper réellement plutôt que d’envahir les autres.
a écrit le 04/03/2015 à 2:43 :
La situation de l'Ukraine est moins pire que celle du Vénézuela, de l'Argentine voire de la Grèce en terme notamment de niveau d'endettement. La situation est encore stabilizable, encore faut-il que Poutine n'envahisse pas Marioupol etc.
Réponse de le 04/03/2015 à 11:21 :
@Mariupol: 1. Peut-être elle et meilleure uniquement en rapport "dette/PIB", mais la dévaluation de hryvna risque d'augmenter bien ce rapport pour l'Ukraine. Dans tous les autres aspects la situation ukrainienne est pire que dans les pays mentionnés.
2. Vous ne savez pas par hasard qui a arrêté l'avancement des rebelles aux abords de Mariupol en septembre dans la situation, quand l'armée ukrainienne a subit partout des défaites très lourdes et reculait ? La bonne réponse est V. Poutine :)
a écrit le 04/03/2015 à 1:07 :
Enfin un article sur la situation économique de l'Ukraine qui est dans la phase extrêmement aigue de la crise depuis plusieurs jours. Quelques remarques : 1. La valeur officielle de hryvna ne reflet pas tout la réalité. Le cours de hryvna sur le marché (non-officiel) est plutôt 32-40 pour 1 USD. A propos, même à 24 gr./USD le salaire moyen en Ukraine est à peine de 100 euros/mois, et le minimal est à 40 euros/mois.
2. Le taux à 30% ne résoudra pas grande chose. L'inflation réelle risque d'être quelques fois plus importante que celle officielle.
3. Il y a une forte baisse du « gâteau » ukrainien, la baisse de PIB nominal en 2014 est >50%. Les oligarques deviennent plus « pauvres ». Cela risque d'aggraver les conflits entre eux.
4. Si le financement occidental avec le niveau des sommes indiqué dans l'article sera lancé, je vous(nous) félicite : vous allez payer pour l'oligarchie ukrainienne ultra-corrompue et sa politique irresponsable (+ celles des nationalistes, des E.-U.). Mais soyons optimistes : jusqu'à ce moment le financement occidental, c'était uniquement pour qu'ils payent les dettes et les intérêts.
5. Le conflit a fait quelques dizaines de morts, en réalité, pas 6.000.
En résumé : bienvenue dans les nouvelles années 90, mais avec une guerre civile en plus.
Réponse de le 04/03/2015 à 11:10 :
correction: p.5 , le conflit a fait quelques dizaines milliers de morts, pas 6000.
a écrit le 03/03/2015 à 23:28 :
Plusieurs pays ont connu des situations pires et s'en sont sortis. Si Poutine n'était pas venu envahir ce pays et semer le chaos comme partout notamment en Syrie, l'Ukraine n'en serait pas là.
Réponse de le 04/03/2015 à 13:35 :
Désolé de vous dire mais vos propos démontrent bien que vous ne savez pas grande chose au sujet de la dégringolade de l'économie ukrainienne. D'ailleurs dans votre commentaire plutôt à côté de la plaque, le rance de la propagande anti-Poutine n'a pas passé inaperçu….
a écrit le 03/03/2015 à 22:25 :
@yvan
"L'ukraine n'a rien a faire en europe" !!! Faut l'ecrire celle la. Vous me faites penser a ce predicateur saoudien qui explique que la terre n'est pas ronde. Allez faites nous rire encore!!!
a écrit le 03/03/2015 à 22:07 :
Si le FMI dit ""non" a un nouveau prêt le 11 mars, alors on peut craindre le pire!
a écrit le 03/03/2015 à 21:45 :
Tiens, on se réveille ?
a écrit le 03/03/2015 à 20:28 :
La terre tres recherchée pour y faire de la culture OGM qu'on ne peut faire en Europe; on peut même acheter des ukrainiennes pour des prix tres compétitifs. On est quand même dans une drôle de société; c'est parait-il la société moderne.
Réponse de le 03/03/2015 à 20:42 :
Non sans oublier les filles, toujours très ravissantes (DSK en sait long, parait-il….).

Plus sérieux, une superbe et très actuelle analyse sur l'état (catastrophique) de l'économie ukrainienne, aves des diagrammes et chiffres mis à jours se trouve à cette adresse : lesakerfrancophone.net/la-charge-de-dette-de-lukraine-risque-de-devenir-insupportable/

À voir absolument.
a écrit le 03/03/2015 à 20:02 :
Cela fait un taux net de 1.5%
a écrit le 03/03/2015 à 19:52 :
Sachant que l'otan voulait y poser ses missiles, suffit de lui présenter la note. Les US ont la dette facile, ces siècles-ci...
a écrit le 03/03/2015 à 19:34 :
L'Ukraine est devenu le Zimbabwe de l'Europe.
Réponse de le 03/03/2015 à 19:53 :
L'Ukraine n'avait RIEN à faire en Europe, car ceci était décidé par l'otan. Personne d'autre.
a écrit le 03/03/2015 à 18:49 :
Et le contrôle des capitaux alors ? Pas assez dans les intérêts des oligarques je supposes ( et de leurs soutiens étrangers). Rien de tel qu'un taux à 30% pour tuer ce qui reste de l'économie. Les ventes à des fonds US à vils prix ne vont pas tarder.
a écrit le 03/03/2015 à 18:26 :
ils sont bons à cueillir , mûrs à points !
a écrit le 03/03/2015 à 17:50 :
Pas grave, ils vont entrer en Ue et adopter l' euro.. sinon pourquoi on les auraient arracher des griffes de l' ours Russe hein ?
a écrit le 03/03/2015 à 17:23 :
A propos, Bloomberg vient d'annoncer les 5 économies les plus pauvres du monde : l'Ukrainie, le Venezuela, l'Argentine, l'Afrique du Sud et la Grèce (celle-ci d'ailleurs en faisant partie de la zone euro).

Un sacré coup de deux pour l'Europe qui devance l'Afrique et l'Amérique du sud au palmarès des pays les plus pauvres de la planète. Alors il va falloir que Poroshenko intensifie ses prêts au FMI pour qu'il achète encore plus d'armes léthales aux USA, et ainsi son pays deviendra une vraie puissance économique mondiale !
Réponse de le 03/03/2015 à 18:01 :
Bomberg c'est l'équipe qui na pas vu la crise des subprimes et qui nous prédisait le baril à 150$ des génies??? Donc pas de soucis car comparer la Grèce avec l'Afrique du Sud c'est des vrais experts.... Mort de rire ......................
Réponse de le 03/03/2015 à 19:37 :
Qu'a-t-il de faux dans ce classement Bloomberg ? vous voulez un triple AAA pour l'Ukraine ? ou pour la France ? mdr
Réponse de le 03/03/2015 à 19:56 :
Tyler. Faudrait que vous ouvriez les yeux sur l'unilatéralisme des US, un de ces 4... Si vous êtes capable de discernement, bien sûr...

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