Les États-Unis et la BCE font chuter l'euro à son plus bas niveau depuis 12 ans

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La devise atteint des planchers sous l'effet de la reprise aux Etats-Unis et du plan de quantitative easing de Mario Draghi.
La devise atteint des planchers sous l'effet de la reprise aux Etats-Unis et du plan de "quantitative easing" de Mario Draghi. (Crédits : Reuters)
La devise européenne est tombée mardi matin à 1,07 dollar, tirée par le plan Draghi d'assouplissement quantitatif et les chiffres optimistes de l'économie aux Etats-Unis.

La monnaie européenne accélère sa chute. L'euro baissait nettement face au dollar mardi 10 mars tombant à des plus bas en près de douze ans, sous l'effet du rachat de dette publique européenne par la Banque centrale européenne (BCE), tandis que le billet vert profitait d'un regain de spéculation sur un resserrement monétaire anticipé aux États-Unis.

À la mi-journée, la monnaie européenne valait 1,0755 dollar. Elle était auparavant tombée à 1,0735 dollar à 11h45, son niveau le plus faible depuis mi-avril 2003. La veille, en fin de journée, elle valait encore 1,0853. L'euro baissait également face à la monnaie nippone à 130,85 yens contre 131,55 yens lundi.

Le dollar progressait également face à la devise japonaise, à 121,65 yens - grimpant même en cours d'échanges asiatiques à 122,03 yens, son niveau le plus fort depuis fin juillet 2007.

Hausse des taux de la Fed ?

"La tendance haussière à court terme du dollar a été renforcée par les chiffres meilleurs qu'attendu de l'emploi aux États-Unis. qui ont alimenté les spéculations sur le fait que la Fed (Réserve fédérale américaine) va relever ses taux à partir du milieu de cette année", commentait Lee Halpenny, analyste chez Bank of Tokyo-Mitsubishi. Le département du travail a annoncé vendredi 6 mars un taux de chômage de 5,5%, sous les prévisions des analystes, porté par les créations d'emplois (295.000 au lieu de 240.000 attendus).

Le dollar avait subi lundi quelques prises de bénéfices après le bond de la fin de semaine, mais se trouvait de nouveau prisé mardi par des investisseurs en quête d'achats à bon compte et pariant sur un resserrement monétaire anticipé de la Fed. Une telle action de la banque centrale américaine rendrait le dollar plus rémunérateur et donc plus attrayant pour les investisseurs. En outre, le président de la Fed de Dallas, Richard Fisher, a averti lundi que si la hausse des taux d'intérêt était retardée, la première économie mondiale risquait la récession.

L'Euro lesté par la BCE

De son côté, l'euro était lesté par le lancement lundi du vaste programme de rachats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE), des injections de liquidités dont le but est de tenter de relancer les prix et soutenir l'économie, mais ont pour effet collatéral de diluer la valeur de la monnaie unique.

La BCE va racheter, à hauteur de 60 milliards d'euros par mois, quelque 1.140 milliards d'euros d'actifs, dont de la dette souveraine, et ce au moins jusqu'à fin septembre 2016. Mais le président de l'institution monétaire européenne, Mario Draghi a réaffirmé jeudi 5 mars qu'il pourrait se poursuivre au-delà de cette date, tant que l'inflation ne sera pas clairement en route vers l'objectif de 2%, fixé par la BCE.

La chute de l'euro s'est accélérée depuis quelques jours. Il y a une semaine, il valait environ 1,12 dollar. Depuis, il s'est installé sous le seuil de 1,10 dollar en fin de semaine dernière, plombé par un cocktail de détails sur les rachats d'actifs de la BCE.

Inquiétudes sur un référendum en Grèce

La prudence était par ailleurs toujours de mise en zone euro alors que les cambistes scrutent la situation en Grèce, où le gouvernement, dominé depuis janvier par la gauche radicale, s'est félicité du résultat "positif" d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles et a annoncé que les discussions techniques sur les réformes envisagées commenceront mercredi.

Ces déclarations ont un peu rassuré les marchés, alors qu'Athènes avait évoqué dimanche la possibilité de nouvelles élections, voire d'un référendum sur un accord sur la dette.

>> Lire aussi La baisse de l'euro va stimuler la croissance : vrai ou faux ?

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Commentaires
a écrit le 10/03/2015 à 22:58 :
Ça sent le roussi de partout, car la croissance est très faible partout et l'inflation presque négative partout.
a écrit le 10/03/2015 à 20:55 :
Ce qui tue la France c'est son social et ses impôts qui réduisent sa compétitivité. L'euro aggrave la situation. Pas de réformes, pas d'emplois. Il est trop tard. La gauche bloque ce pays depuis 30 ans et maintenant la confiance est morte. Les Français vont perdre 10 ou 20 % de leur pouvoir d'achat. FINI LE MODELE FRANÇAIS JAMAIS COPIÉ PAR QUI QUE CE SOIT !!!!!!
a écrit le 10/03/2015 à 18:31 :
Le système financier international actuel est fondé sur une surprise : la décision inattendue de l’administration Nixon de ne plus indexer le dollar sur l’or le 12 août 1971.

C'était le premier coup de Jarnac de la politique monétaire US envers les économies du monde. À part les économies américaine et française, bien sûr, voilà la cause du bourbier où se trouvent 95% des économies du monde à ce moment.
a écrit le 10/03/2015 à 16:39 :
Le système financier international actuel est fondé sur une mauvaise surprise : la décision inattendue de l’administration Nixon de ne plus indexer le dollar sur l’or, le 12 août 1971. ^^
C'était le premier coup de Jarnac de la politique monétaire US envers les économies du monde. Voilà la vraie cause de ce bourbier où se trouvent 95% des économies du monde à ce moment. ^^
a écrit le 10/03/2015 à 15:47 :
Et depuis des jours c'est la dégringolade chez le CAC 40 ^^
a écrit le 10/03/2015 à 14:36 :
Il manque plus maintenant que les taux américains se mettent a remonter....
Attention a la culbute!!!!!!
a écrit le 10/03/2015 à 14:27 :
L'arrivée de la zone économique transatlantique impose à mon avis un euro à parité avec le dollar voir plus faible.. On peut aussi imaginer une seule monnaie unique pour cette zone d'échange la plus importante de la planète...
a écrit le 10/03/2015 à 13:50 :
L’inquiétude "des rentiers" c'est l'inflation dut a l'augmentation de la masse monétaire, donc on est pas prêt de la voir s'investir dans l'économie réelle!
a écrit le 10/03/2015 à 13:45 :
Tous les pleurnichards qui voyaient la baisse de l'euro comme la solution de tous nos problèmes .
On les entend plus ???
Réponse de le 10/03/2015 à 19:36 :
Grosse erreur, le militant pour la sortie de l'union que je suis a toujours dit, écrit que l'euro fort ne convenait pas à la France mais à l'Allemagne et qu'il fallait pour la France sortir et dévaluer. Un euro baissier mais à parité Allemagne France perpétue cette hérésie économique..!
Réponse de le 12/03/2015 à 9:58 :
L'Euro ne convient pas mieux à l'Allemagne en ce moment, qui aime avoir une monnaie forte (c'est loupé a l'heure actuelle!!) De plus le Deutsh Mark serait bien plus haut que l'Euro actuellement.C'est l'Allemagne qui nous tire vers le haut ,sans elle l'euro serait peut etre a 2€ pour 1USD !!
Le retour du baton va bientot arriver,lorsqu'il va falloir payer les factures de nos importations en € dévalué.Nous avons pratiquement pas de machines outils,pas ou très peu d'électroménager français,pas du tout d'informatique (ordinateurs etc),pas de marque d'appareils photos etc ,etc..les mois a venir vont etre très difficiles !!

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