Au menu du G20, croissance et confiance

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Trente chefs d'État, de gouvernement et d'institutions internationales se réunissent demain à Londres pour s'efforcer de résoudre la crise.

Rarement sommet aura suscité autant d?attentes que la réunion, demain à Londres, des chefs d?état et de gouvernement des 20 pays les plus importants, qui comptent pour 85 % du PIB de la planète, comme en témoigne le sondage européen que nous publions (voir ci-contre). D?abord parce que le monde est en pleine « hémorragie économique » selon l?OCDE, qui publiait hier de nouvelles prévisions noires : la production pourrait baisser de 4 % à 7 % cette année dans les pays membres de l?organisation, les premiers signes de reprise n?étant pas attendus avant 2010. Ensuite parce que les enjeux du G20 ont été quelque peu « flattés » par ses initiateurs. Nicolas Sarkozy, qui est à l?origine de la première réunion du G20, le 15 novembre dernier à Washington, avait fixé l?objectif de « refonder le capitalisme », avec l?emphase coutumière des Français. Mesuré à cette aune ambitieuse, le G20 peut-il être autre chose qu?un échec ? C?est tout à fait possible, à deux conditions. Il faudrait d?abord donner le sentiment d?une communauté mondiale unie, et décidée à agir simultanément sur les deux fronts : la relance de l?économie, priorité américaine, et la réforme du système financier, à laquelle tiennent davantage les Européens. Etsur la réforme, les Vingt ne peuvent se contenter de réaffirmer wleur détermination. Il leur faut maintenant confier les chantiers techniques aux organisations internationales, à charge pour elles de faire des propositions qui seront validées plus tard. Car nul doute, le G20 de Londres n?est qu?une étape d?un processus qui s?étagera sur plusieurs années : on ne fait pas la révolution en un soir, fût-ce une révolution capitaliste.

L?Europe veut des protections

En premier lieu, face à la crise, 54 % des Européens veulent être protégés. « Le débat sur le protectionnisme pourrait bien être au coeur des élections européennes de juin prochain », avance Bruno Jeanbart, directeur des études politiques et d?opinion chez OpinionWay. Autant dire que les récentes mises en garde des responsables politiques européens tombent à plat? Les Européens ont également l?esprit chagrin sur la crise : une dégradation des conditions économiques est envisagée aussi bien en Allemagne qu?en France ou au Royaume-Uni. Cela dit, malgré la sévérité de la crise outre-Rhin, l?Allemagne profite encore de son image de locomotive européenne. Et les personnes interrogées sont sceptiques sur la gestion de la crise par leur gouvernement. À cet égard, Berlin tire le mieux son épingle du jeu, devant Paris. Le doute les assaille également en ce qui concerne les résultats du G20. Si les Latins (Français et Italiens) semblent encore croire à une refondation du capitalisme, les Anglo-Saxons se montrent franchement dubitatifs. Illustration du fossé entre la communauté des affaires et l?homme de la rue, Anglo-Saxons et Latins se réconcilient sur la nécessité d?encadrer l?activité des banques et la rémunération des dirigeants.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est la croissance folle qui a mené à la crise et le G20 parle de redémarrer la cause pour résoudre la conséquence ou encore de refaire la faute qui a mené à la faute. Sont-ils tous crétins ?

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