La toute nouvelle présidence tchèque de l'UE bousculée par les crises

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Succédant à la France, la République tchèque, à la tête du Conseil européen depuis le 1er janvier 2009, entame sa présidence sur fond de crise gazière et de conflit au Proche-Orient. Les Vingt-Sept doivent se réunir le 5 janvier à Prague pour tenter de trouver une solution à la crise énergétique.

"Nous serons confrontés à des problèmes aussi importants que la présidence française de l?UE", déclarait le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, à "EurActiv République tchèque" dans une interview publiée le 19 décembre 2008. Il ne croyait pas si bien dire. Il s?agissait à l?époque pour le numéro un du gouvernement de se défendre contre les attaques des Vingt-Six et notamment de la France sur la capacité des Tchèques à exercer correctement leur présidence de l?UE. Mais Mirek Topolanek n?avait alors vraisemblablement pas imaginé qu?une crise gazière éclaterait entre l?Ukraine et la Russie et que le conflit au Proche-Orient entre les Israëliens et le Hamas reprendrait.

La France et la République tchèque pourraient d'ailleurs se marcher sur les pieds dans ce dossier. L'Hexagone, dont la présidence s?est achevée le 31 décembre dernier s'est mise en première ligne, à la place des Tchèques qui représentent désormais l'Union, pour tenter de trouver une solution à la crise entre Israël et le Hamas.

Nicolas Sarkozy, dont les doutes sur la capacité des Tchèques à peser dans des situations de crise, n?a en effet pas hésité à recevoir la ministre des Affaires étrangères israéliennes, Tzipi Livni, le 1er janvier. Le faux pas du porte-parole du Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, qui a qualifié l?opération de Tsahal de "plus défensive qu?offensive" samedi 3 janvier, sans consulter ses partenaires européens, ne devrait pas renforcer la confiance des Européens.

La nouvelle présidence a depuis lors multiplié les communiqués sur la situation au Proche-Orient et une délégation est en visite dans la région depuis le 4 janvier.

La pression des Tchèques sera-t-elle en outre suffisante pour mettre d?accord Ukrainiens et Russes qui s?opposent depuis le 1er janvier sur le prix du gaz transitant par l?Ukraine? Rien n?est moins sûr, la République tchèque étant traditionnellement méfiante à l?égard des Russes.

Après la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie, la République tchèque est désormais touchés par la crise gazière. Les flux de gaz auraient en effet diminué de 5% depuis cinq jours. Une réunion d?urgence a lieu lundi 5 janvier à Prague entre les Etats membres, à l?initiative de la présidence tchèque qui a déjà appelé à "une rapide reprise des livraisons de gaz russe vers ses Etats-membres".

La République tchèque avait fait du renforcement de la sécurité énergétique de l?UE l?une des priorités de sa présidence. L?actualité illustre les difficultés des pays de l?Est de l?Europe dans ce domaine.

Les suites de la crise financière seront également au menu du programme de travail de la nouvelle présidence dont le pays ne fait pas partie de la zone euro. Là encore, la France pourrait vouloir continuer à diriger les événements. Nicolas Sarkozy avait laissé entendre qu?il se verrait bien à la tête de l?Eurogroupe jusqu'à fin 2009. Son activisme dans cette crise a été salué en Europe et pourrait inciter Nicolas Sarkozy à prendre des initiatives dans ce domaine. Prochaine étape, le sommet de Londres du 2 avril prochain.

Quid enfin de l?avenir du traité de Lisbonne? Les Irlandais ont promis l?organisation d?un nouveau référendum d?ici fin 2009. De leur côté, les Tchèques ne l?ont pas encore ratifié. Mirek Topolanek, dont le propre parti diverge sur la question, a promis aux Européens une ratification rapide au début de l?année. Mais le président de la république, Vaclav Klaus, notoirement eurosceptique, a indiqué qu?il ne signerait pas le projet de loi de ratification tant que les Irlandais ne se seraient pas prononcés sur le sujet.

Site d'EurActiv.fr

 

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
La France et la République tchèque pourraient d'ailleurs se marcher sur les pieds dans ce dossier. L'Hexagone, dont la présidence s?est achevée le 31 décembre dernier s'est mise en première ligne, à la place des Tchèques qui représentent désormais l'Union, pour tenter de trouver une solution à la crise entre Israël et le Hamas.
CHEF AUTOPROCLAME? ET SABOTAGE? (comme promis)
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Mais que faire de l'Irelande et la république Tchèque en Europe : rien , les remercier de leur passage ,leur dire au revoir et bon vent en dehors de la CE.
Celle-ce ne s'en portera que mieux

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