Statu quo pour la stratégie de Lisbonne post 2010

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Même en période de crise, la Stratégie de Lisbonne doit être maintenue, indiquent les conclusions du Conseil européen des 19 et 20 mars. Sa nouvelle mouture post 2010 semble pourtant loin d'être prête.

La Stratégie de Lisbonne reste pour les chefs d?Etat "le cadre approprié pour encourager la croissance et l?emploi" en temps de crise économique, a conclu, vendredi 20 mars, le Conseil européen informel qui réunissait à Bruxelles les chefs d?Etat et de gouvernement des Vingt-Sept. En effet, "la crise souligne la nécessité de poursuivre et d?accélérer les réformes structurelles" impulsées par l?agenda de Lisbonne, estime le Conseil européen.

Pour poursuivre son travail, et comme à son habitude, le Conseil européen de mars a approuvé la mise à jour des recommandations faites pour chaque pays liées aux secteurs dans lesquels des efforts particuliers doivent être faits pour assurer le fonctionnement de la stratégie. Et les Vingt-Sept en ont demandé "la prompte application". Enfin, les chefs d?Etat ont indiqué dans les conclusions "attendre les propositions que la Commission présentera en deuxième partie d?année sur la Stratégie post 2010".

Ainsi tout laisse à penser que la Stratégie de Lisbonne reste belle et bien à l?ordre du jour. Pourtant, un an avant l?approbation finale de sa refonte aucun projet ne semble être sur table.

Le présidence française (PFUE) avait pour mission de relancer la réflexion sur la Stratégie de Lisbonne post 2010. Le 5 décembre 2008, soit quelques jours avant la fin de la PFUE, la ministre de l?Economie, Christine Lagarde, avait fini par organiser une réunion sur ce thème en présence du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. A Bercy, on confie qu?"à ce moment là" les lignes de la réforme n?avaient pas pu être définies. "On en était juste à l?initiation de la réflexion".

Trois mois plus tard, rien ne semble avoir changé. L?UE en est toujours au stade des débats sur les éventuels ajustements de la stratégie. Tout ceci reste "assez flou", selon une source à la représentation permanente de la France auprès de l?UE, peu convaincue de l?effectivité de la refonte. Dans le contexte actuel de crise économique, la stratégie de Lisbonne post 2010 "n?est plus la priorité", finit par indiquer cette source. A priori la réforme ne devrait pas toucher "aux grandes lignes de la stratégie de Lisbonne existante".

En attendant, la présidence tchèque devrait organiser un débat sur le sujet, dont l?agenda n?est pas encore fixé, en avril. Et la décision finale sera sans doute prise, sous présidence espagnole, au Conseil européen de printemps 2010.

Le porte parole de la Commission européenne, Marc English a indiqué à Euractiv.fr que la stratégie de Lisbonne était "encore plus nécessaire en temps de crise". Pour lui, "le plan de relance européen fait partie de la stratégie de Lisbonne". Il s?agit d?une "adaptation à court terme" de cette stratégie, ajoute-t-il. Au sujet de la stratégie post 2010, il a dit que "les grandes lignes (de la stratégie existante, ndlr), doivent être maintenues et renforcées".

Selon le cabinet de la ministre de l?Economie Christine Lagarde, "la stratégie de Lisbonne demeure un outil pertinent" en temps de crise. Cependant, le débat sur la révision post 2010 doit porter sur son "adaptation". "Ce que l?on peut faire pour renouer avec la croissance à la sortie de crise" est une question qui devrait être au centre des réflexions, et "qui n?était pas forcément dans les premières moutures de la stratégie de Lisbonne", analyse-t-elle.


Le suivi de la Stratégie en France
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu, le 16 mars, un rapport sur l?application des deux premiers cycles de la stratégie de Lisbonne en France. Sa "note d?Iéna conclut aux lentes évolutions de notre pays sur la voie de la stratégie européenne ". A la suite de la révision de la stratégie de Lisbonne en 2005, les deux principaux objectifs que doivent poursuivre les Etats sont un investissement dans la recherche égal à 3% du PIB et un taux d?emploi de 70%. En France, en 2007, 2,08% du PIB en recherche et développement ont été dépensé, selon le rapport, "soit nettement moins que l?objectif de 3% fixé pour 2010".

Concernant l?emploi, l?objectif de 2010 a été "atteint pour la première fois en 2007" pour les femmes, d?après les conclusions du CESE. Cependant, globalement, si le taux d?emploi s?est amélioré, il est repassé en-dessous de la moyenne de l?UE, indique le rapport. Le CESE conclut que la France reste éloignée de l?objectif de 70%. Au contraire, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède, le Royaume-Uni, l?Autriche et Chypre l?ont dépassé.

 

Le calendrier
- 22 avril 2009 : la présidence tchèque organise une réunion pour poursuivre la réflexion.
- d?ici fin 2009 : la présidence suédoise arrête les projets de réforme.
- Conseil européen du printemps 2010 : décision finale prise sous présidence espagnole.

 

Site d'EurActiv.fr

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