Le Premier ministre hongrois démissionne en pleine crise économique

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Contre toute attente, Ferenc Gyurcsány a annoncé sa démission lors du congrès du parti socialiste hongrois (MSZP), samedi 21 mars. Il laisse derrière lui un pays affaibli par la crise économique. Reportage d'EurActiv Hongrie.

"J?ai entendu que je suis l?obstacle à la coopération politique pour assurer les réformes nécessaires, à une majorité gouvernementale stable, à une attitude responsable de l?opposition", a déclaré le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsány, aux militants de son parti, le parti socialiste hongrois (MSZP). "Je mets ainsi un terme à cet obstacle", a-t-il ajouté.

Personne ne s?attendait à l?annonce du Premier ministre, pas même les analystes politiques les plus expérimentés.

Les prochaines élections parlementaires sont prévues pour la mi-2010. Au lieu d?organiser des élections anticipées, les législateurs éliront le successeur de Ferenc Gyurcsány le 14 avril. Le nouveau Premier ministre aura besoin du soutien de l?opposition de centre-droit.

Des rumeurs ont circulé tout au long du week-end sur l?identité du prochain Premier ministre, mais jusqu?à présent, les socialistes sont restés vagues. Andras Simor, président de la Banque nationale hongroise, a fait partie des personnalités évoquées pendant le week-end.

En effet, alors que la crise économique et financière s?intensifie, le MSZP semble rechercher un expert capable de sortir le pays de la débâcle.

Un membre du gouvernement hongrois a déclaré à EurActiv que le nouveau Premier ministre "ne sera pas issu de la sphère politique". "Ce ne sera pas vraiment un gouvernement composé par des professionnels de la politique", a indiqué cette même source.

Toutefois, le nom du candidat socialiste ne sera pas connu avant le 6 avril, après consultation entre les leaders du MSZP. Ferenc Gyurcsány lui-même n?exclut pas la possibilité d?une coalition plus large, a-t-il déclaré à la télévision nationale. Mais le parti de centre-droit, Fidesz, a rejeté cette option. Les socialistes ont également refusé le candidat proposé par le Forum démocrate hongrois (MDF), Lajos Bokros, dans la mesure où il est déjà candidat aux élections européennes.

Le Fidesz et le MDF font pression pour que des élections anticipées aient lieu en même temps que les élections européennes, le 7 juin. Il est peu probable qu?ils parviennent à leurs fins.

Parallèlement, le forint, la devise hongroise, a connu une baisse sans précédent face à l?euro.

La décision du Premier ministre hongrois de quitter sa fonction est une mauvaise nouvelle pour Moscou, peut-on lire dans le quotidien russe Kommersant. "Parmi les dirigeants européens, Ferenc Gyurcsány est le plus grand partisan du projet de gazoduc South Stream (qui a la préférence de Gazprom). Si le soutien à South Stream diminue dans l?UE, il serait d?autant plus difficile de réaliser le projet", estime le journal.

Le Premier ministre hongrois n?est pas la première victime de la récession accrue que connaissent les marchés émergents en Europe. Le gouvernement letton a démissionné un mois auparavant, à la suite des émeutes (EurActiv.com, 14/1/2009) qui ont éclaté sur fond de crise économique. L?administration lituanienne, le premier Etat balte a avoir été touché par la crise, a aussi été battue aux élections de l?automne 2008.

De même, le gouvernement irlandais s?est effondré à la suite de la crise économique mondiale. Quant à la Belgique, elle a également élu un nouveau gouvernement depuis que la crise a touché l?Europe.

 

Ferenc Gyurcsány, ancien homme d?affaires, est devenu Premier ministre de la Hongrie en 2004. En 2006, il a été réélu, porté par son soutien à l?économie de marché moderne. Depuis 2006, toutefois, il peine à conserver une majorité au parlement, dans un contexte où les conditions économiques ne cessent de se dégrader. En 2006, une remarque de Ferenc Gyurcsány a créé des remous. Il avait déclaré que son gouvernement n?avait cessé de mentir à propos de l?état de l?économie, uniquement en vue de se maintenir au pouvoir.

Le FMI, l?UE et la Banque mondiale se sont accordés, en novembre 2008, sur l?octroi de 25,1 milliards de dollars en faveur de la Hongrie, dans le cadre du plan de relance. Il s?agit du plus important prêt accordé à une économie de marché émergente depuis le début de la crise mondiale.

 

 


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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
comme dans toute faillite les dirigeants partent. et derrière que des ruines.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un Think Tank Moldave l'avait prévu!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comme à l'habitude, les journalistes manquent de rigueur..car le premier ministre hongrois n'a pas formellement "démissionné". En effet, le premier ministre hongrois M. Gyurcsàny souhaite utiliser une possibilité offerte par la constitution hongroise qui est la motion de censure constructive.

Ce système, destiné à assurer la stabilité gouvernementale, prévoit en effet qu'un Premier ministre (et son gouvernement) puisse être renversé ou censuré à condition de présenter en même temps un candidat susceptible d'obtenir la confiance du Parlement. Pour ce faire, le candidat à ce poste doit présenter un projet de gourvernement qui recueillera (ou non) la majorité (simple).

Ainsi, dans la situation actuelle, ce n'est donc pas une démission du Premier ministre, mais son parti qui va le censurer en proposant une alternative. La différence est de taille : une démission auprès du Président de la république aurait permis à ce dernier de proposer un nouveau Premier ministre et en cas d'échecs la dissolution du Parlement. Ce que réclame par ailleurs depuis longtemps le principal parti d'opposition, le FIDESZ.

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Si la Hongrie veut récupérer Sarkozi pour le poste, on est OK.

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