Gazoduc : la Russie cherche le soutien de l'UE

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Un sommet sur l'énergie doit se tenir dans la capitale bulgare les 24 et 25 avril en vue de promouvoir le projet de gazoduc South Stream, favori du monopole d'Etat russe Gazprom, a rapporté la presse bulgare.

A quelques jours du Forum sur l?énergie de Sofia, les autorités craignent encore un faible niveau de participation à cette réunion, peut-on lire le 21 avril dans le quotidien Standart.

La Russie tente d?inclure dans la déclaration finale du sommet de l?énergie de Sofia des termes visant à faire du projet de gazoduc South Stream, favori de Gazprom, une priorité de l?UE, a rapporté le quotidien Dnevnik, partenaire d?EurActiv en Bulgarie.

La Commission européenne n?est pas d?accord avec une telle formulation, et préfère un engagement plus général sur la diversification des sources d?énergie et des corridors, ajoute le quotidien.

Une déclaration du PDG de Gazprom à la presse russe a confirmé les ambitions de Moscou.

Gazprom demandera à l?Union européenne de déclarer le projet de gazoduc South Stream comme étant sa priorité, a déclaré le chef du monopole gazier russe, Alexei Miller au journal Vesti. « Je ne vois aucune raison pour que l?UE dise non à une telle proposition. », estime-t-il.

L'attentisme de Bruxelles

Jusqu?à maintenant, Bruxelles n?a pas officiellement soutenu le projet South Stream, mais ne s?y est pas opposé non plus, a déclaré le vice-président de Gazprom, Alexandre Medvedev.

On s?attend à ce que le projet South Stream, qui recueille les faveurs de Gazprom, reçoive une impulsion décisive au sommet de Sofia, selon le Banker, un hebdomadaire bulgare. Le journal a appris qu?une déclaration politique soutenant le gazoduc était en préparation, et devrait être prête à être signée par tous les pays prenant part au projet (Russie, Italie, Bulgarie, Grèce, Serbie, Hongrie et Autriche).

La déclaration politique peut être considérée comme symbolique, alors que d?autres questions pratiques restent encore à régler, comme les nouveaux contrats entre Gazprom et son équivalent bulgare Bulgargaz, écrit le Banker. Toutefois, il est très probable que ces questions trouvent une solution durant le mandat du gouvernement actuel, poursuit l?hebdomadaire. Le mandat du cabinet prend fin en juillet de cette année.

Equilibrer les préférences

Dans les déclarations officielles, les autorités bulgares prennent soin de donner la priorité au projet Nabucco, préféré par l?UE, de manière à ce qu?il apparaisse au même niveau que South Stream, considéré comme un rival de Nabucco.

Dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, le président bulgare Gueorgui Parvanov, qui accueille le sommet, a affirmé le 20 avril que son pays, touché de plein fouet par la crise gazière de janvier, veut être un pont entre l?Asie centrale et les destinataires en Europe, grâce à sa situation géographique.

Les observateurs ont réalisé l?importance de la question avant la crise, a déclaré le président bulgare. « Pendant plusieurs années, la Bulgarie a fait des efforts pour se diversifier dans les deux secteurs. J?aimerais citer comme exemple quelques projets tels que South Stream et Nabucco », a-t-il conclu.

Les autres points à l?ordre du jour du sommet comprennent la formulation d?une nouvelle politique européenne de l?énergie et la recherche de nouveaux arrangements internationaux pour la sécurité énergétique.

En conséquence, la Russie devrait dévoiler les détails de ses propositions de création d?un nouveau cadre juridique entre l?UE et la Russie en matière d?énergie.

 

CONTEXTE

Les invitations au sommet de Sofia, qui porte sur le thème du gaz naturel en Europe (« Natural Gas for Europe, Security and Partnership »), ont été envoyées à 28 pays.

Parmi les invités du forum, on note la présence de pays de l?Europe du Sud-Est et des régions caspienne, de la mer Noire et d?Asie centrale, des Etats membres de l?UE directement impliqués dans le développement du corridor gazier sud, les Etats-Unis, la Russie, la présidence tchèque et la Commission européenne.
Toutefois, jusqu?à présent, aucun nom n?apparaît encore sur le site officiel du sommet, alimentant des doutes sur la volonté de ses participants et organisateurs de rendre le « sommet » public.

La présidence tchèque de l?UE organise également un sommet sur l?énergie, le 8 mai, à Prague, (EurActiv.com 15/04/09). A cet égard, des diplomates occidentaux ont dès lors déclaré à EurActiv.com qu?ils y voyaient un chevauchement des deux initiatives.

Le président de la Commission José Manuel Barroso est invité à participer aux deux évènements, de même que le premier ministre russe, Vladimir Poutine. Mais il est peu probable que ne l?un ni l?autre ne soient présents au sommet de Sofia, en particulier dans la mesure où le premier ministre bulgare, Sergueï Stanichev, se rendra directement à Moscou après le sommet, et que la coopération en matière d?énergie sera à l?ordre du jour.

En conséquence, la Russie devrait dévoiler les détails de ses propositions de création d?un nouveau cadre juridique entre l?UE et la Russie en matière d?énergie.

Le président russe Dmitri Medvedev a annoncé le 20 avril à Helsinki que la Russie avait publié un projet directeur, remplaçant la charte de l?énergie, qui pourrait réguler la coopération internationale dans le domaine de l?énergie, notamment le transit. Le document a été envoyé le même jour au G8, au G20, et à ses plus proches voisins et partenaires, selon M. Medvedev, cité par le site Internet du Kremlin, à la suite des discussions tenues avec son homologue finlandaise Tarja Hallonen.

 

 

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