Un processus de Bologne plus ambitieux pour 2010-2020

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Les ministres de l'Enseignement supérieur réunis les 28 et 29 avril à Louvain (Belgique) ont présenté une nouvelle stratégie du processus de Bologne pour 2010-2020.

Réunis à Leuven et à Louvain-la-Neuve dix ans après la conférence de Bologne qui avait lancé la création d'une zone européenne de l'enseignement supérieur, les 46 ministres de l'Enseignement supérieur des pays impliqués dans le processus ont présenté, dans un communiqué, les nouveaux objectifs pour la décennie 2010-2020.

Le processus de Bologne met l'accent sur trois pilliers: les trois cycles d'enseignement, licence, master, doctorat, pour harmoniser les diplômes européens et faciliter leur reconnaissance, le système des crédits ECTS pour faciliter la mobilité des étudiants, et un système d'assurance de qualité, ce troisième pilier restant encore à mieux définir.

20% d'anciens «Erasmus» en 2020

Au terme des deux jours de consultations, les participants ont tenu à souligner leur attachement à ces trois principes. Cependant, ils ont insisté sur la nécessité de les améliorer, notamment les mesures concernant la mobilité des étudiants. Selon de nouveaux objectifs, 20% des étudiants en 2020 devront avoir effectué un stage ou une partie de leur cursus universitaire à l'étranger.

La reconnaissance des diplômes, le financement des programmes de mobilité (Erasmus, Leonardo ou Comenius, pour les plus importants) doivent être améliorés, de même que la distribution des bourses, issues des budgets européens mais distribués par les Etats et la disponibilité dans les structures d'accueil. Les ministres se sont notamment prononcés sur le problème de l'équilibre des flux d'étudiants.

La mobilité concerne également les enseignants-chercheurs, pour qui il faut rendre les conditions de travail attractives, ainsi que les opportunités de carrière. La qualité des programmes et l'excellence de la recherche sont un des soucis des intervenants, qui veulent voir ces points améliorés pour développer cet espace européen de l'enseignement supérieur unique dans sa compétitivité.

Un engagement renforcé vers l'excellence

Les ministres ont également réaffirmé l'importance des financements publiques, «priorité pour garantir l'accès équitable à l'enseignement supérieur». La Conférence a en effet mis cette année l'accent sur la dimension sociale du processus de Bologne. «Il faut améliorer l'environnement de l'enseignement, retirer les obstacles à l'accès à l'éducation supérieure et créer les conditions économiques pour que les étudiants puissent bénéficier des opportunités à tous les niveaux», recommande le texte.

Les ministres se sont également engagés en faveur de la formation continue, «partie intégrante du système éducatif» et du développement des partenariats entre les structures éducatives et le monde du travail.

Pour établir un véritable suivi de la mise en place des mesures du processus de Bologne, les intervenants ont décidé de développer des outils d'analyse. Le groupe de suivi du processus devrait préparer un plan de travail d'ici à l'horizon 2012 pour définir une méthode d'analyse.

La prochaine conférence ministérielle, qui célébrera l'anniversaire de la déclaration de Bologne se tiendra à Vienne et à Budapest les 11 et 12 mars 2010, puis à Bucarest les 27 et 28 avril 2012.

 

POSITIONS :

Le président de l'Association des universités européennes, le professeur Jean-Marc Rapp, a salué le communiqué des 46 participants à la conférence. "Il est désormais vital que nous consolidions les réalisations déjà conséquentes du processus de Bologne. Le futur de l'enseignement supérieur européen ne peut se construire que sur un modèle de partenariat unique inventé par le processus, et qui implique tous les acteurs de l'enseignement supérieur."

L'ancien président de Paris-IV-Sorbonne et membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, Jean-Robert Pitte, a quant à lui reconnu le bien-fondé du communiqué et de son ambition. Cependant, il a noté le décalage profond qui existe en France entre les mentalités et les objectifs des ministres de l'Enseignement supérieur.

"Je crains que cela ne soit qu'une déclaration d'intentions. En France, l'université ne responsabilise pas assez ses étudiants et ses enseignants. Il faudrait plus de sélectivité et un système d'évaluation des enseignements et des enseignants", a-t-il estimé. Quant à la mobilité, il estime qu'il s'agit encore trop d'une opportunité de "riches". "Peu d'étudiants partent à l'étranger, et ce sont ceux dont les familles ont conscience de l'importance d'une telle expérience."

 

CONTEXTE :

PLAN D' ACTION POUR LA JEUNESSE

Lundi 27 avril, le commissaire à la Jeunesse et à l'éducation Jan Figel a présenté un plan d'action pour la jeunesse.

La stratégie 2010-2020 est intitulée "Investir en faveur de la jeunesse et la mobiliser". L'enjeu à long terme est en effet d'impliquer les jeunes dans la société et la vie publique européenne. La stratégie s'appuie sur trois axes : élargir les possibilités offertes aux jeunes dans les secteurs de l'éducation et de l'emploi, améliorer leur insertion sociale et leur pleine participation à la vie de la société, et développer la solidarité entre les jeunes et la société.

La déclaration de Jan Figel sur la nouvelle stratégie a été assortie de la publication du premier rapport européen sur la jeunesse de la Commission, qui fournit des données et une analyse détaillées, élaborées par Eurostat. Ce rapport devrait être publié tous les trois ans.


Le site d'EurActiv.fr

 

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