Le vote des députés sur José Manuel Barroso fait l'objet de vives tractations

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Des consultations épineuses, menées par le Parti populaire européen (PPE, droite) en vue de la reconduction du président la Commission européenne, commenceront au parlement européen le 30 juin, alors qu'une large majorité des députés semblent opposés à la tenue du vote le 15 juillet.


Lors de la réunion interne des libéraux à Bristol (Royaume-Uni) les 23 et 24 juin, les libéraux européens ont décidé de voter contre la tenue du vote de confiance le 15 juillet, ont rapporté des proches du parti libéral. Selon eux, le groupe ne s?est accordé que sur ce point, l?Alliance des démocrates et des libéraux pour l?Europe (ADLE) étant sérieusement divisée entre partisans et opposants à la réélection pour cinq ans de José Manuel Barroso.

Le MoDem de François Bayrou et ses six eurodéputés affiliés à l?ADLE, ainsi que le FDP allemand, plus important avec ses douze députés, et onze libéraux démocrates britanniques sont résolument opposés à José Manuel Barroso, et ne veulent pas de vote le 15 juillet.

Le 9 juillet, la conférence des présidents du parlement européen décidera par un scrutin si le vote du 15 juillet sera maintenu, alors que le PPE insiste sur ce point depuis plusieurs mois (EurActiv.com 20/03/09), a déclaré le président du groupe PPE, Joseph Daul, lors d?une conférence de presse. Cette décision se prend par simple vote, chaque président disposant d?un poids équivalent au poids de son groupe. Le PPE peut compter sur ses 264 affiliés, ainsi que sur le nouveau groupe anti-fédéraliste (EurActiv.fr 24/06/2009), qui compte 55 membres, a indiqué Joseph Daul.

La présidence du parlement en jeu

Mais ce total de 320 députés est loin d?atteindre les 368 votes nécessaires à la réélection de José Manuel Barroso. C?est pourquoi le PPE invitera l?Alliance progressiste des socialistes et démocrates (APSD, ex-PSE) et l?ADLE à le rejoindre. En échange, il soutiendra l?élection à la présidence du parlement européen d?un représentant qui acceptera le marché, a expliqué le chef du PPE. "Si nous parvenons à un accord [?], ils auront la présidence du parlement dans deux ans et demi. Mais pour les dix-huit mois prochain, le PPE réclamera la présidence", a-t-il annoncé.

Joseph Daul a reconnu que son groupe était encore divisé sur la candidature soutenue par l?Italie de Mario Mauro ou celle défendue par la Pologne de Jerzy Buzek à la présidence du parlement (EurActiv.com 26/03/09). Il a ajouté qu?un vote interne le 7 juillet pourrait apporter une solution à cette question.

Le 30 juin, quand le PPE commencera ses consultations, l?ADLE élira à sa tête Guy Verhofstadt. L?ancien Premier ministre belge est considéré comme une alternative possible à José Manuel Barroso à la présidence de la Commission, si le PPE ne parvenait pas à s?assurer les votes suffisants pour réélire l?actuel président (EurActiv.com 10/06/2009).

Rejet de l?invitation suédoise

La future présidence suédoise avait invité les présidents des groupes politiques au parlement à se rendre à Stockholm cette semaine, mais la visite ne s?est pas faite. Selon des sources proches des partis, Joseph Daul a trouvé une "excuse" pour ne pas y aller, le président des socialistes, Martin Schulz, a refusé l?invitation, et les Libéraux n?ont pas pu accepter car ils n?avaient pas encore élu leur président.

La raison pour laquelle la présidence suédoise avait invité les protagonistes à Stockholm, au lieu de tenir une réunion à Bruxelles, reste obscure, ont affirmé des diplomates à EurActiv.com. Il est encore plus étrange que le José Manuel Barroso n?ait pas rencontré les têtes de partis, ne serait-ce que pour prendre note de leurs attentes quant au travail de la Commission pour son prochain mandat, ont-ils ajouté. En parallèle, la Suède a renouvelé son invitation à venir à Stockholm pour des consultations le 7 juillet.

Le président sortant de l?ADLE, Graham Watson, a déclaré à l?issue de la réunion de Bristol (Royaume-Uni) dans un communiqué que, "contrairement aux socialistes et aux Verts", son groupe n?était pas strictement opposé à un vote en juillet. Cependant, "certaines conditions devront être remplies avant la tenue de ce vote". Graham Watson a noté le "consensus" au sein de l?ADLE sur la nécessité d?engager des discussions avec les autres groupes pour "assurer la meilleure option politique" pour l?Union européenne.

José Manuel Barroso a acquis le soutien unanime des chefs d?Etat et de gouvernement des Vingt-Sept lors du sommet européen des 18 et 19 juin dernier (

EurActiv.fr 19/06/09

). Il doit désormais convaincre le parlement européen de lui accorder sa confiance à la mi-juillet.

Les dirigeants des Vingt-Sept ont demandé à Prague et à Stockholm d?entamer des négociations avec les groupes politiques au parlement pour déterminer quel soutien les députés apporteront à la candidature de Barroso. Mais les députés ne semblent pas adhérer à l?accord des chefs d?Etat. Alors que tous les Premiers ministres de centre-droit ont accepté de soutenir le président de la Commission, les députés socialistes semblent déterminés à ne pas voter en sa faveur (EurActiv.com 19/06/09).

Le groupe des Verts s?est opposé de manière véhémente à un autre mandat Barroso (EurActiv.com 17/06/09). Les libéraux se sont quant à eux montrés divisés, plusieurs n?ayant pas tenu compte de la décision de leur chef, Graham Watson, de soutenir le président de la Commission en échange de la présidence du parlement européen.


Le calendrier
- 30 juin : élection de Guy Verhofstadt à la tête de l?ADLE, déébut des consultations politiques du PPE avec l?ADLE et l'APSD (ex-PSE)
- 2 juillet : réunion du PPE pour élaborer un plan visant à la réélection de José Manuel Barroso
- 7 juillet : vote du PPE pour décider qui, de Jerzy Buzek ou Mario Mauro, sera candidat à la présidence du parlement. Invitation par la Suède des chefs de groupe pour décider de la tenue ou non du vote du 15 juillet sur la réélection de José Manuel Barroso
- 9 juillet : conférence des présidents du parlement européen et vote sur la tenue ou non d?un vote le 15 juillet
- 14 juillet : première rencontre du parlement à Strasbourg, et élection de son président
- 15 juillet : vote secret sur José Manuel Barroso à Strasbourg lors de la séance plénière si la conférence des présidents a décidé de le maintenir

 


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