L'Europe, objet de consensus entre la droite et la gauche espagnole

Le nouveau chef du gouvernement espagnol a promis 16,5 milliards de coupes budgétaires. Circonspecte, la gauche attend de connaître les cibles visées, mais promet de ne pas court-circuiter l'action du gouvernement sur les dossiers européens.

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DR (Crédits : latribune)

Mariano Rajoy a la culture du secret chevillée au corps. Un mois après son élection officielle, la composition de son gouvernement reste inconnue, même si des noms circulent, et son projet économique navigue toujours en eaux troubles.

Las, le candidat malheureux du scrutin national a voulu en avoir le c?ur net. "Quand allez-vous nous donner les mauvaises nouvelles ?", a lancé Alfredo Rubalcaba, à l'issue du discours d'investiture prononcé par le nouveau chef du gouvernement, le 19 décembre.

16,5 milliards de coupes

Au cours d'une intervention devant le Parlement, Mariano Rajoy a dit vouloir agir au profit des grands perdants de la crise : les seniors, dont il veut augmenter les pensions en fonction de l'inflation, et les jeunes, pour lesquels un contrat spécial comprenant des allègements de charges sociales sera mis en place.

Un grand facteur d'inquiétude pour la gauche espagnole, qui anticipe un scénario à l'allemande. Mariano Rajoy ne cache pas son intérêt pour les "mini jobs" à 400 euros bien connus de l'autre côté du Rhin et s'abrite même sous le parapluie de la Banque centrale européenne pour justifier la réforme.

Sans augmenter les impôts, le dirigeant compte faire fondre les dépenses publiques de 16,5 milliards d'euros en 2012. Il est en revanche resté évasif sur la voie à emprunter, en dehors d'une restructuration annoncée de la fonction publique.

Duel énergique

Se relayant tour à tour au perchoir de la chambre des députés pendant plus d'une heure et demi, le candidat victorieux et son adversaire déchu se sont livrés à un duel énergique, souvent spontané, et dont la courtoisie indéfectible étonnerait plus d'un observateur français.

Sur l'Europe, la convergence de vues paraît incontestable. "Mon groupe veut vous faire une offre, une offre sincère, pour faire un pacte sur la politique européenne. La négocier ici, et la défendre ensemble là-bas (à Bruxelles)", a proposé Alfredo Rubalcaba.


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