Jouez à "Super Mario" sur le site de la BCE !

Sur son site, la Banque centrale européenne (BCE) vous propose de jouer à une simulation. Votre rôle ? Incarner Mario Draghi, aux commandes de la zone euro. Latribune.fr a testé. Bilan : pas facile d'être banquier central.

3 mn

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Copyright Reuters (Crédits : BCE)

A l'heure où le rôle de la BCE est au coeur des débats, un outil mis au point par la Banque centrale Européenne sur son site donne à réfléchir. Quel est l'impact de la politique monétaire de Francfort ? Commment sont prises les décisions, sur quels critères ?

Objectif : maîtriser l'inflation, rien que l'inflation !

Le jeu, baptisé "?conomia", vous le fait bien comprendre : l'objectif absolu, c'est de maintenir l'inflation en dessous de la barre des 2%. Et quand bien même les indicateurs tels que le PIB et le chômage sont également dans le tableau de bord, inutile de s'acharner à préserver la santé de ces indicateurs si vous ne voulez pas sacrifier votre objectif principal. La phobie de l'inflation, inculquée par Jean-Claude Trichet, se ressent donc jusque dans le jeu...

Pas facile d'être banquier central

Mais après quelques minutes dans la peau d'un banquier central, on se trouve rapidement tiraillé par plusieurs objectifs contradictoires : la volonté de faire de la croissance en maintenant des taux d'intérêts modérés, et l'inquiétude inflationniste, qui pousse à freiner l'expansion du crédit dans l'économie, par une hausse préventive des taux. S'il suffisait d'actionner un levier pour résoudre tous les problèmes...

Ce n'est pas tout. Là où l'affaire se corse, c'est que, dans la pratique, le marché ne réagit pas comme on le voudrait. Ainsi, des baisses de taux ne se répercutent pas nécessairement par une augmentation de la masse monétaire. Autrement dit, les banques ne réagissent pas toujours à la baisse des taux directeurs, censées pourtant stimuler l'offre de crédit dans l'économie, et donc la croissance.

A l'inverse, en période inflationniste des hausses de taux successives ne se repercutent pas nécessairement. Il aura par exemple fallu six trimestres d'augmentation des taux successives (de 1 à 5,75%) pour venir à bout  d'une augmentation frénétique de la masse monétaire allant jusque 8% et de la poussée inflationniste l'accompagnant.

Comment venir à bout d'une crise immobilière ?

Le jeu introduit également des événements imprévus telles que des chocs pétroliers, l'invention de la voiture sans pétrole, ou une crise immobilière. Dans ce dernier cas,une bonne baisse de taux de quelques points ramènera rapidement le calme sur les marchés et permet en général de s'en sortir à court terme sans trop de casse. Mais c'est apparemment la remontée progressive des taux qui semble plus difficile à effectuer. Il faut alors affronter les caprices des marchés qui ne veulent pas réinvestir, entraînant ainsi l'économie dans une grave récession. Ou, au contraire, un emballement trop prononcé des marchés qui se traduit de nouveau par une spirale inflationniste. Il semble d'ailleurs qu'une hausse brutable des taux puisse avoir un effet plus positif qu'un accompagnement progressif de la reprise économique. Tout du moins dans le jeu. Pas sûr que Mario Draghi soit prêt à prendre le risque...

Quel pouvoir réel pour une banque centrale ?

En définitive, si le jeu est ludique et permet de mieux comprendre les mécanismes et les leviers d'actions de la BCE, il laisse une étrange impression d'impuissance de la politique monétaire face aux caprices des marchés et aux effets d'emballement. Pas si éloigné que ça de la réalité finalement...

Pour tester ce jeu, cliquez ici. Et n'hésitez pas à partager vos retours d'expérience dans l'espace "Commentaires" ci-dessous.

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Commentaires 18
à écrit le 16/12/2011 à 13:43
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Evitons les Merkoopa et tout ira bien !

à écrit le 23/11/2011 à 16:02
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encore n'importe koi

à écrit le 23/11/2011 à 8:06
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Banquier central de l'année, avec une presse sur 3 ans plus que flatteuse ! Chômage à 4% . N'importe quoi ! ?

à écrit le 23/11/2011 à 6:36
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C'est quoi ce titre à la con. La Tribune semble vouloir faire concurrence au BZ allemand!

le 23/11/2011 à 15:26
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Si on a plus le droit de rire.... ........... .............. -_-

à écrit le 22/11/2011 à 13:17
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et pourtant, j'aime bien l'inflation moi

à écrit le 22/11/2011 à 11:42
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L'objectif est inatteignable parce que les règles du jeu sont "vicieuses et destructrices" changer les règles du jeu c'est changer la nature du problème... mais les grands de ce monde n'ont pas l'esprit assez éclairé !

à écrit le 22/11/2011 à 8:43
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Comme le problème est insoluble, reste la solution de l'ETALON/OR pronée par DE GAULLE et RUEFF, il y a quarante six ans, mais ILS n'en veulent pas car ils perdraient TOUS leurs pouvoirs et surtout leurs places : mais devant la déroute actuelle, att...

le 22/11/2011 à 19:18
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"L'or est une relique barbare"

à écrit le 21/11/2011 à 22:02
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Si on laisse le taux à 2,75% sur toute la durée du jeu on constate des résultats économiques satisfaisants et réguliers, conclusion logique : le taux directeur n'est pas un levier intéressant pour gérer l'économie, s'il y a crise et que le taux reste...

le 23/11/2011 à 9:52
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J'ai suivi ton idée et ça fonctionne du tonnerre ! C'est bon, on peut virer les banquiers ;)

le 25/11/2011 à 22:03
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Moi pareil !! je veux bien des millions de salaire pour faire ça !!

à écrit le 21/11/2011 à 21:38
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avec une inflation de 11%, je suis le pire banquier de tous les temps, mais le chomage est de 2.5 à la fin lol

le 22/11/2011 à 11:29
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donc c'est peut-être la bonne solution !! après tout l'inflation ne ruine que les rentiers, elle détruit les dettes des autres :-))

à écrit le 21/11/2011 à 21:13
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1er essai et "banquier central de l'année" avec félicitations !! :-) Cool !!!!!!

à écrit le 21/11/2011 à 21:12
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Un jeu qui vise à faire passer dans les esprits la théologie de l'école autrichienne ( et de chicago). Car le jeu est basé sur des règles elles mêmes basées sur cette théologie.

le 23/11/2011 à 16:15
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Si la BCE s'inspirait de l'école autrichienne, elle mettrait fin à son activité. La confondre avec l'école de Chicago confirme l'ignorance du sujet. Quand on ne sait pas, on demande.

à écrit le 21/11/2011 à 20:58
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Comment ils font les anglo-saxons avec ce jeu ... il n'est pas possible de tenir l'inflation a 3 ou 4% sans qu'elle ne s'envole ... Il faudrait que Trichet rentre aussi l'algorithme FED !!!

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