Les marchés espéraient davantage pour retrouver confiance

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Si la BCE s'est dite prête à devenir l'agent du FESF pour ses opérations, les investisseurs ont montré leur déception devant sa réticence à des rachats massifs de dette.

C'est en toute fin de conférence de presse que Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a donné une information concernant le Fonds européen de stabilité financière (FESF) : « La BCE est disposée à agir comme agent du FESF dans les opérations de marché », a-t-il déclaré. Autrement dit, la BCE prépare le terrain avant l'entrée en lice du Fonds sur le marché secondaire de la dette souveraine européenne. Mais cette perspective, ajoutée à une baisse des taux et à de nouvelles mesures de liquidités, n'a pas eu l'effet escompté. Les indices boursiers, dans l'attente du sommet européen mais aussi de la dernière évaluation des besoins en recapitalisation des banques (lire page 19), se sont enfoncés dans le rouge dans l'après-midi. À Paris, le CAC 40 a cédé 2,53 %. À Milan, le FTSE MIB a chuté de 4,29 %. L'euro a reculé jusqu'à 1,3289 dollar. Quant au marché obligataire, il a été l'objet de nouvelles pressions, à l'exemple du taux italien à 10 ans qui a pris 48 points de base à 6,48 %, tandis que le bund allemand revenait, à l'inverse, vers les 2 %.

Les marchés espéraient visiblement plus de la BCE pour sortir d'une crise dont les agences de notation accentuent désormais la nature systémique. Mais une fois de plus, Mario Draghi a douché les espoirs de rachats massifs de dette par l'institution de Francfort et évacué l'idée de prêts accordés par la BCE ou par les banques centrales nationales au FMI pour qu'il les réaffecte aux pays européens. Cela reviendrait à bafouer l'esprit des traités.

Espoir de soutien

Pour Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC, certains intervenants avaient vu dans le discours de Mario Draghi, la semaine passée devant le Parlement européen, un signal d'assouplissement et espéraient un soutien massif des États une fois trouvé un accord européen sur un encadrement plus strict des budgets nationaux. « J'ai été surpris par l'interprétation qui a été faite de mes propos », a lancé Mario Draghi. Pas question pour la BCE de monétiser la dette des États membres. Quant à faire de la BCE l'agent du FESF, les marchés ont retenu que son bilan ne serait pas engagé.

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Commentaires
a écrit le 09/12/2011 à 10:04 :
Merkosy ne peut pas rassurer les marchés sans s'attaquer aux racines du mal, à savoir l'absence d'une réelle banque centrale non jugulée par le seul dogme de la maîtrise de l'inflation et pouvant user de toutes les prérogatives nécessaires pour sauvegarder sa monnaie et les états qui en font usage.

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