L'économie finlandaise prend un coup de froid

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La banque centrale de Finlande a révisé jeudi en très forte baisse ses prévisions de croissance pour 2012 à 0,4% contre 2,6% estimés en juin dernier.

A son tour, l'économie finlandaise subit les incertitudes liées à la crise de la dette. "Les développements de ces derniers mois permettent de voir, plus clairement qu'avant, que la croissance économique va, au mieux, ralentir dans les toutes prochaines années", a déclaré à la presse le gouverneur de la banque centrale Erkki Liikanen. Pour 2011, la banque a également révisé à la baisse ses prévisions de croissance qu'elle estime désormais à 2,8% contre 3,8% auparavant prévus.

Mercredi, la banque finlandaise Sampo Bank avait été encore plus pessimiste, en anticipant une récession de 1% en 2012. Sampo Bank juge que l'économie finlandaise est déjà en train de se contracter et que le repli devrait se poursuivre jusqu'au début de l'année prochaine, avant un retour à une croissance de 1,5% en 2013.

Liikanen qui est également membre du conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne a souligné que "les problèmes de la dette souveraine (dans la zone euro, ndlr) et l'incertitude qui en découle sur le système financier affaiblissent la demande extérieure et intérieure".

Le chômage et l'inflation stagnent

Concernant les prévisions d'inflation la banque centrale finlandaise table sur un ralentissement en 2012 à 2,5% et en 2013 à 1,7% contre 3,4% estimé en 2011, tandis que le chômage, il devrait rester stable à 7,9% en 2012 et en 2013, en légère hausse par rapport aux prévisions de 7,8% pour 2011.

Liikanen a averti que la détérioration des prévisions économiques pourrait conduire le gouvernement à prendre de nouvelles mesures pour renforcer ses finances publiques. "Ces prévisions reposent sur l'idée que la crise de la zone euro n'empirera pas et que le ralentissement de la croissance économique dans la zone euro et dans le monde sera d'une relative courte durée", a poursuivi M. Liikanen.

La Finlande fait partie des bons élèves qui sont parvenus à maintenir leurs finances publiques dans les limites fixées par le pacte de stabilité de l'UE. Selon les prévisions de la banque centrale, la dette atteindra 49,5% du PIB en 2013, en hausse par rapport aux 43,7% estimés pour 2011.

Une économie très ouverte, exposée à la conjoncture internationale

Pour M.Liikanen la croissance économique est entravée par la chute brutale des exportations enregistrée en 2011.

La semaine dernière l'Office des statistiques a rapporté une forte augmentation du déficit commercial qui a été multiplié par 60 en un mois passant de 10 millions d'euros en septembre à 605 millions en octobre.

Le gouverneur de la banque centrale a aussi averti que, malgré la robustesse des institutions financières finlandaises comparées à celles d'autres pays, la crise rendait difficile l'accès au crédit y compris de banques finlandaises. Il a noté que le manque de fonds associé à l'incertitude économique reporterait des projets d'investissements, affectant la croissance.

La Finlande, dont l'économie est ultra dépendante des exportations, a été durement frappée par la crise financière mondiale de 2008-2009. Elle a aussi été affectée par une récession brutale au milieu des années 90 avec l'effondrement de son système bancaire, 20% de chômage et une sérieuse crise de la dette. Le pays s'est relevé en reconstruisant complètement son secteur bancaire et par de sévères mesures d'austérité.

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Commentaires
a écrit le 17/12/2011 à 1:21 :
Il est fort dommageable qu'un pays détenant depuis des années le premier rang mondial en termes d'éducation soit dans une si fâcheuse posture. J'espère de tout coeur pour la Finlande que les choses rentreront dans l'ordre.
a écrit le 15/12/2011 à 19:46 :
Voici une terrible déficience du socialisme, où la rédistribution artificielle de la richesse ne permit pas d'ajuster aux fluctuations d'une économie. Par conséquent, la brutale croissance du déficit en seul un mois.

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