Le coût du mécanisme européen de stabilité pour la France

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L'avancée au 1er juillet 2012 du mécanisme européen de stabilité coûtera cette année 6,5 milliards d'euros au budget français.

Le gouvernement, avec ce collectif budgétaire, maintient, malgré l?affaiblissement de la croissance, ses objectifs de retour sous la barre des 3 % du PIB de déficit budgétaire en 2013 et d?équilibre des comptes publics en 2016. Mais le respect de cet objectif n?est lié qu?à la disposition qui exclut du calcul du déficit « type Maastricht » la participation au Mécanisme de Stabilité Européen (MES). Conformément aux décisions du conseil européen du 9 décembre dernier, la France devra en effet abonder ce MES six mois avant la date prévue initialement de deux « annuités ». Autrement dit, Paris devra débourser en milieu d?année 6,5 milliards d?euros. En tout, le MES devra mettre 16,3 milliards d?euros à disposition de ce mécanisme.

Dette alourdie
Si le MES n?aura aucun impact sur le déficit budgétaire au sens de Maastricht, il pèsera sur les chiffres de la dette publique, puisque la France devra emprunter les moyens qu?elle mettre à disposition du futur Fonds permanent européen. Cette année, Bercy prévoit ainsi une dette publique à 89,1 % du PIB. Sans les diverses mesures de soutien aux pays européens en difficulté (prêts bilatéraux à la Grèce, garanties sur les prêts du FESF et dotation au MES), la dette serait à 86,7 % du PIB. Compte tenu du poids de ces mécanismes de soutien, l?endettement français rapporté à la richesse du pays ne commencera à baisser qu?à partir de 2014, alors qu?il reculerait dès 2013 en excluant ces mesures de soutien européennes. Pour 2012, le « vrai » déficit français, incluant la dotation au MES, s?élèvera à 84,9 milliards d?euros contre 78,7 milliards d?euros au sens de Maastricht.
 

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Commentaires
a écrit le 09/02/2012 à 7:24 :
@ Pfff : La logique financière n'est pas plus vertueuse. La création monétaire est une activité hautement souveraine. L'abandon de cette souveraineté conduit à rendre les états otages de la finance, ce que l'on observe aujourd'hui. Il faudrait essayer une autre voie, celle de la démocratie. Conditionner la création monétaire par une banque centrale à l'aval d'une représentation démocratique qualifiée.
a écrit le 08/02/2012 à 17:01 :
Il faudra bien qu'on comprenne bientôt comme t on en est arrivé la ?
Réponse de le 08/02/2012 à 21:07 :
Une piste:
Loi Pompidou Giscard Rotschild de 1973, interdisant au Trésor de créer sa monnaie souverainement, avec obligation de passer par des emprunts auprès de banques "privées".
Cette loi a été étendue avec l'article 123 du Traité de Maastrich, puis l'article..(oublié le numéro, 104?) du Traité de Lisbonne.
...et voilà!
Réponse de le 09/02/2012 à 6:11 :
@ Franki : en quoi la création ex nihilo par l'Etat de monnaie est vertueuse ? Surtout, comment se fait-il que nos gouvernants ne sachent faire qu'une chose : dépenser toujours davantage ?
Réponse de le 09/02/2012 à 16:51 :
La création raisonnée de monnaie par l'état est vertueuse par ce qu'elle nous a réussi pendant 3 décennies. La balance commerciale de la France était excédentaire, le budget de l'Etat était à l'équilibre, la trésorerie n'était pas en déficit, l'inflation général des prix était très modérée. Que voulez-vous de plus ? Continuer à engraisser les banques commerciale et subir l'austérité permanente? Le déficite de la France est irrésorbable car les financiers ( avec la complicité de politiques corrompus) ont fait en sorte que notre dette devienne inextinguible, c'est à dire immuable. Présentement, le paradigme économique nous précipite dans l'impasse.
Je vous renvoie la même question vue sous un angle différent : en quoi la création ex nihilo par les banques commerciale, et de surcroît, l'obligation faite aux Etats de la zone euro d'emprunter à ces mêmes banques est vertueuse ? En pratique, la crise profonde traversée par la zone euro et la quasi totalité de chacun de ces pays démontre l'aberration monétaire de ce système.

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