L'Espagne joue dangereusement avec les chiffres

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Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy n'a toujours pas fourni le détail du déficit public de 2011, ni son projet de budget de 2012. Bruxelles et les marchés s'impatientent.

Le gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy manifeste des signes de nervosité croissante face à une situation difficile à gérer. Le ministre du Budget, Cristobal Montoro a ainsi accusé mercredi au parlement les socialistes précédemment au pouvoir d'avoir minoré l'ampleur de la dérive des comptes publics de l'année dernière. « Nous sommes en train de travailler à corriger l'important déficit public caché que vous nous avez laissé », a martelé le ministre.

15 milliards d'euros d'économies supplémentaires

Le 30 décembre, le Partido Popular (PP) avait annoncé que le déficit atteindrait en réalité 8% et non 6% du PIB comme prévu, sans fournir de détail. Dans la foulée, il avait annoncé la nécessité d'économiser 15 milliards d'euros supplémentaires en réduisant les dépenses et en augmentant les impôts. Depuis, le gouvernement n'a toujours pas fourni de statistiques officielles pour 2011, ni de projet de budget pour 2012 prévu au plus tard à la fin du mois de mars.
Selon les estimations de la Commission européenne, le déficit public devrait atteindre 6,6% du PIB en 2011, et 5,9% en 2012, alors que l'objectif gouvernemental est de 4,4%. De là à ce que l'on en conclue à Bruxelles que le gouvernement conservateur a volontairement gonflé les chiffres, il y a un pas qui a été franchi par certains, selon certaines sources européennes citées par Reuters.

Bruxelles ne veut pas remettre en cause le calendrier

De fait, le flou de cette situation a été épinglée mardi à Bruxelles par le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. Il a exigé de Madrid l'établissement au plus vite d'un projet de budget. Surtout, le commissaire a écarté toute remise en cause du calendrier des objectifs fixés par Bruxelles en matière de déficit, douchant les espoirs du gouvernement espagnol en quête de marges de man?uvre pour adoucir l'administration de sa potion amère à un pays qui subit déjà la rigueur depuis 2010.
La situation fragile de l'Espagne est en effet scrutée tant par les marchés financiers que par l'Union européenne (UE), qui exigent une réduction du déficit public et des réformes structurelles importantes pour éviter à la Péninsule d'avoir à recourir à une aide financière de l'UE et du Fonds monétaire international (FMI).
En accédant au pouvoir Mariano Rajoy avait promis de vastes réformes et une politique de rigueur. Pour le moment, il s'en est tenu aux déclarations d'intention. Tant l'opposition socialiste que nombre d'observateurs politiques y voient là une man?uvre pour gagner du temps jusqu'au résultat des élections régionales en Andalousie, une région cruciale, le 25 mars. Après le plan d'austérité comprenant notamment une majoration de la TVA pourrait être annoncé. Mais Bruxelles et les marchés attendront-ils jusque là ?

 

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