Comment la Bundesbank balkanise progressivement la zone euro

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Jan Weidmann, président de la Bundesbank/Copyright Reuters
Jan Weidmann, président de la Bundesbank/Copyright Reuters
La "Buba" a annoncé qu'elle n'accepterait plus comme collatéraux pour le refinancement des banques les obligations bancaires garanties par les pays en crise de la zone euro. Un signe supplémentaire de l'éclatement progressif de l'Eurosystème.

La Bundesbank continue son cavalier seul. Vendredi, une porte-parole de la banque centrale allemande a confirmé que l'institution n'acceptera plus à partir de mai les obligations bancaires garanties par des pays membres de la zone euro bénéficiant de l'aide européenne comme collatéral pour les opérations de refinancement. Concrètement, cela signifie qu'une banque qui souhaiterait obtenir des liquidités auprès de la Bundesbank ne pourra pas déposer comme gage à ce prêt des emprunts bancaires portant la garantie de l'Etat grec, portugais et irlandais. C'est la première banque centrale nationale à prendre cette décision.

Montants concernés

Les conséquences de ce choix seront assez faibles sur le plan concret. "Le refinancement des banques allemandes ne sera pas influencé par cette décision", précise-t-on à Francfort. Jusqu'ici, la Bundesbank n'aurait, si l'on en croit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, que 500 millions d'euros de ce type de titres dans son bilan. Mais il y aurait, en tout, sur le marché, près de 90 milliards d'euros d'obligations de ce genre. A Paris, la Banque de France se refuse à tout commentaire concernant son attitude future sur le sujet. Mais de sources financières, on assure que le volume de ces titres est "infinitésimal" en France.

Décision du 21 mars

Comment la Bundesbank, membre de l'Eurosystème, le système qui regroupe les banques centrales nationales des pays membres de la zone euro et la BCE, peut-elle refuser comme collatéral des titres que les autres banques centrales nationales acceptent encore ? En vertu d'une décision du conseil des gouverneurs de la BCE du 21 mars dernier qui autorisait chaque banque centrale à choisir si elle acceptait ou non ce type de collatéraux. La « Buba », on le voit, n'a pas perdu de temps.

Balkanisation

L'attitude de la Bundesbank est la concrétisation de son opposition à la politique de la BCE et de son inquiétude vis-à-vis de la qualité et de la taille du bilan de l'Eurosystème. Son président, Jens Weidmann, ne cache pas qu'il juge sévèrement la politique de rachat de titres des pays en difficulté, la politique généreuse de la BCE en termes de liquidités accordées aux banques ainsi que les déséquilibres du système de paiement intraeuropéen Target 2. Du reste, la Buba avait refusé d'élargir sa politique de collatéral sur les titres d'Etat, à la différence de la Banque de France ou de la Banque nationale autrichienne, par exemple. Ce qui se dessine clairement, c'est une véritable "balkanisation" de l'Eurosystème où les banques centrales nationales auraient de plus en plus d'autonomie. Or, en théorie, ces dernières ne doivent être que le bras armé de la BCE. La différence est de taille : la BCE est censée réfléchir à l'intérêt de l'ensemble de la zone euro, et non au niveau national. Progressivement, c'est donc l'existence même de la zone euro qui est mise en question.

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Commentaires
a écrit le 01/04/2012 à 17:45 :
La BCE a prété 1000 000 000 000 euros à des banques en difficulté. Elle fera sans doute de fortes pertes là dessus d'ici 3 ans. La Buba a raison de pointer ce danger et d'autres. Il est grand temps d'arréter cette stupide planche à billets, et de démanteler les banques zombies plutôt que de les maintenir en survie artificielle. Que les banques en quasi faillite disparaissent pour laisser de la place aux banques saines; c'est la destruction créatrice tant vantée par les banquiers pour les autres industries; que l'on l'applique à eux-mêmes pour commencer. Dégraissons les mammouth bancaire, inefficace, hypertrophié et à l'origine de la pire crise depuis 1929.
a écrit le 01/04/2012 à 15:44 :
qu'on en finisse avec l'euro et vite! cette monnaie ne marchera jamais. La fin de l'euro est un immense espoir pour le retour à la croissance et à la démocratie. Le plus tôt sera le mieux. Lisez JJ Rosa, tout est dit. Les premiers qui ont quitté l'étalon-or dans les années 30 sont les premiers à avoir retrouvé la croissance!
a écrit le 01/04/2012 à 10:23 :
c'est sûr la Buba c'est en principe pas la Banque de France. Trichet et Noyer sont des purs produits de la technocratie française à la botte du pouvoir politique. Et on voit ce que ça donne : Faillite du Crédit Lyonnais, de DEXIA, du Crédit Foncier, quasi faillite de Natixis Banque Populaire, Scandale de la Soc Gen, casseroles à répétition de la BNP etc....Ceci étant, et dans la réalité, en matière de surveillance des banques allemandes, la Buba c'est pas ça non plus ni la FED d'ailleurs. Donc le syndrome John Law est toujours d'actualité.
a écrit le 01/04/2012 à 9:19 :
Quand la solidaritee europeenne se met en marche ca fait mal,bienvenue en U(E)RSS.Si les allemands ne veulent plus de l'europe qu'ils le disent plutot que brouiller les pistes.Ca evitera a beaucoup de pays une lente agonie. Et Apres pourquoi pas former une autre europe,plus democratique,avec une harmonisation economique,sociale,environnementale et fiscale pour les pays qui desireraient y participer....Mais la je reve.
Réponse de le 01/04/2012 à 15:34 :
Former une autre europe ???avec qui???une europe franco-française !!quoi!!car personne en europe veut notre systeme social,notre economie avec ses lourdeurs,nos syndicats!!!!si nous voulons une autre europe,l europe du travail ,de la recherche,de l entreprise,du libre echange etc!!!c est nous français qui devont tout changer!!!et çà c est pas fait!!!
Réponse de le 01/04/2012 à 18:26 :
La seule Europe capable de sauver la diversité culturelle de l'Europe est une Europe sans monnaie commune. L'euro est la pièce maitresse de l'uniformisation et de l'aplatissement des diversité nationales, processus qui menera sur le long terme à la destruction des energies creatices et du capital culturel.
Réponse de le 02/04/2012 à 8:48 :
@Patou: Vous avez raison,suivons l'ex de la chine.Faisons travailler les enfants(de toute maniere 30% sortent du systeme educatif sans savoir lire et ecrire) Vous etes un grand humaniste.Ce n'est pas parceque vous avez eu des problemes dans votre enfance qu'il faut le faire payer aux autres. Ce que vous pouvez etre retrograde,vous auriez du etre scout etant plus jeune,ca vous aurez ouvert l'esprit
Réponse de le 02/04/2012 à 11:40 :
Qui parle de faire travailler les enfants??vous !!pas moi!!!je vous rassure je n ai jamais eu de problemes pendant mon enfance et le fait de ne pas avoir été scout m a ouvert l esprit sur la realité du monde!!retrograde???mais etudier le monde d aujourd hui et vous allez vite comprendre ce que la françe et l europe doivent entreprendre pour reussir et donner du travail à tous!!!on peut toujours dire" y a cas ,faut qu on"!!moi je dis au boulot!!!vous m avez l air d etre quelqu un qui compte à fond sur le social,sur l aide de l etat!!!!mais pas un battant pret à reussir!!!et çà c est perdant-perdant
a écrit le 01/04/2012 à 6:32 :
Allez courage, bientôt nous n'aurons même plus en France à nous poser la question politiquement incorrecte d'une sortie de l'euro : l'Allemagne en sortira avant nous, autre façon de dire qu'elle éjectera les impécunieux du sud de sa zone euro-mark retrouvée.
a écrit le 31/03/2012 à 9:43 :
Cette décision est logique. La BUBA a toujours tenu le même cap. Cela montre simplement le degré d'improvisation de ce "canard sans tête" qu'est devenue la zone euro. Les Allemands sont en train de délimiter le périmètre de leur future zone monétaire alors que nous nous empètrons de plus en plus dans nos contradictions internes. En plus, ils ont le sentiment d'avoir été pris pour des imbéciles.
Vouloir à la fois de la croissance et de l'austérité est une position "munichoise" qui mène au chaos social à terme.
Les économies budgétaires dont on nous rebat les oreilles ne peuvent se concevoir que si on en accepte les dégats sociaux car transformer des fonctionnaires ou des fournisseurs en chomeurs ne résoud pas le problème.
De même baisser les retraites ne favorise pas la consommation en général , ni la production en particulier.
a écrit le 31/03/2012 à 9:23 :
Ce qui est inadmissible c'est l'omerta qui règne en France sur la déconfiture des autorités de tutelle bancaires avec un Noyer d'une incompétence extrême au service de dirigeants politiques dépassés et encore plus incompétents malgré l'éclairage de technocrates qui dans les faits sont totalement dépassés, largués par leur invention, c'est à dire l'euro tel qu'il a été pensé...ça ressemble au Concorde, ça a l'air bien, techniquement performant, mais c'est bourré d'imperfections et de risques. Ce qui est inadmissible c'est ce qu'ont fait Trichet et Draghi concernant le contournement des règles de la BCE. Ce qui est inadmissible c'est qu'aucun débat démocratique ait lieu en France sur la BCE, le système bancaire et le fameux MES (en anglais ces initiales françaises veulent dire quelque chose d'édifiant je vous renvoie vers le dictionnaire, il suffit de rajouter un S, MESS). Je comprends parfaitement les dirigeants de la Bundesbank.
a écrit le 31/03/2012 à 9:15 :
encore un foi l'allemagne défend ses intérêts, ce qui n'est pas le cas de la France quand il s'agit de l'europe.
a écrit le 31/03/2012 à 8:29 :
Et tout le monde sait ce qu'il en est advenu des Balkans. A quand l'ONU pour intercéder entre les grecs ou les portugais et une armée allemande qui viendrait prélever son dû ? Elle est belle votre U.E.
a écrit le 30/03/2012 à 17:02 :
Personne ne leur a dit que la crise est finie! Mais si, bourses en hausse, indicateurs magistraux aux USA, prévisions optimistes et j'en passe.
Réponse de le 30/03/2012 à 21:36 :
Rien est fini il va y avoir un tsunami lorsque la Grèce va entraîner toute l Europe des son défaut de paiement qui viendra dans moins d un an
Réponse de le 01/04/2012 à 9:20 :
La grece c'est 2% du pib europeen. Je n'arrive toujours pas a comprendre comment un pays qui pese si peu dans l'economie europeenne peut elle agiter autant les speculateurs et les agences de notation
a écrit le 30/03/2012 à 16:06 :
... requiem in pace ????
a écrit le 30/03/2012 à 15:45 :
D'abord regardons un peu qui dirige la Bce, il y avait Trichet un français puis un ancien de GSachs l'italien Draghi vous savez celui qui était en place lorsque les comptes de la Grèce ont été maquillés. Qu'a-t-il fait du QE à la sauce européenne, cela veut dire quoi faire tourner la planche à billets qui générera tôt ou tard de l'hyperinflation, la décison allemande est sage qui voudrait encore de ces titres qui ne valent plus rien, des titres français ou espagnols, ou italiens ou portugais ou grecs qui ne valent plus un kopeck ou un rouble. L'Allemagne est le seul pays avec les pays nordiques qui sont rigoureux, austères, les autres pays n'ont rien à faire dans la zone euro.
Réponse de le 31/03/2012 à 8:31 :
Oui, pire, le 16 avril, tout le monde pourra désormais spéculer sur la dette française avec un effet de levier de 20. De la haute trahison qui n'aurait pas vue le jour si nous avions conservé l'article du code Napoléonien de 1804.
Réponse de le 01/04/2012 à 18:12 :
Que se passera-t-il exactement le 16 avril?

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