Zone euro : tout va très bien, monsieur le président...

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Nicolas Sarkozy affirme qu'il n'y a plus de risque d'implosion de la zone euro. A voir.

Nicolas Sarkozy en est persuadé, il l?a proclamé sur RTL ce vendredi : « il n?y a plus de risque d?implosion de l?euro. » L?Europe serait donc «convalescente». Il suffit donc d?éviter une rechute et, pour cela, il faut élire Nicolas Sarkozy. Le but est évidemment à la fois de vanter son bilan et de prévenir qu'il ne faut pas entraîner une rechute en ne l'élisant pas. Mais de tels propos, qui ne sont pas sans rappeler le fameux "la crise est finie" proclamée voici quelques semaines, méritent sans doute que l'on les analysent de près. Car, comme le président sortant aimait jadis à le rappeler, « les mots ont un sens ».

Pas de risque d?implosion générale et subite

L?implosion de l?euro est un phénomène qui peut s?entendre de plusieurs façons. Ce peut être un phénomène soudain et complet qui amènerait subitement les pays  à tous abandonner l?euro pour revenir à leurs monnaies nationales. Il supposerait que tous les pays ensemble jugent à un même moment que la gestion de la zone euro est devenue impossible. Cette perspective est, en effet, peu d?actualité. Les 17 affichent en effet tous une volonté ferme de poursuivre l?Union économique et monétaire. Mais n?en a-t-il jamais été autrement ? Il n?a jamais été question, même au plus fort de la crise de la dette, de recourir à une telle extrémité. Le risque a en effet disparu, faute d'avoir jamais existé.

Risque d?effilochage

Le vrai risque d?implosion est un risque « partiel ». Il suppose que des pays membres de la zone soient contraints de la quitter, entraînant un effet domino qui déliterait progressivement l?Union économique et monétaire. Pourquoi un pays quitterait-il la zone euro ? Parce que le poids de sa dette deviendrait insupportable et que, pour survivre, la seule alternative serait d?avoir recours à la dévaluation externe rapide et à l?inflation. Ou bien parce qu?un pays payeur estimerait ne plus pouvoir payer et donc contraindrait un ou plusieurs pays membres à avoir recours à cette dévaluation par l?introduction d?une nouvelle monnaie.

Menaces persistantes

De ce point de vue, le risque a-t-il disparu ? La solvabilité des Etats de la zone euro s?améliorent-ils, comme le suggère le terme de « convalescence » utilisé par le président français ? Ce n?est pas l?avis des marchés. Certes, les adjudications réalisées cette semaine ont prouvé qu?il n?y avait pas de menace directe sur la solvabilité. Mais la situation ne s?améliore pas. L?évolution récente des taux et des CDS, les assurances contre le défaut (qu?il faut cependant manier avec précaution compte tenu de leur liquidité), montre au contraire que les acteurs de marché s?inquiètent de plus en plus.

L?Italie, après l?Espagne, a repoussé son objectif de réduction du déficit public. Chacun reconnaît que la Grèce devra faire appel à une troisième aide. Sans compter que l?éventuel chaos politique qui pourrait émerger des élections helléniques le 6 mai prochain menace tout l?édifice péniblement construit pour maintenir le pays dans la zone euro. Les opérations de refinancement à long terme de la BCE, le LTRO, ont clairement montré leurs limites. Les banques espagnoles ou italiennes qui ont racheté des bons d?Etat avec une partie de ces fonds se retrouvent fragilisées et mettent en péril, en retour, les Etats qui devraient venir les aider. Le FESF et le MES sont clairement sous dimensionnés pour faire face à une panique de grande ampleur. Et à Berlin, on fait savoir que l?on ne mettra plus un euro pour sauver la zone euro. Jamais peut-être le risque n?a été aussi concret, car les portes de sortie et les marges de man?uvres sont de plus en plus réduites. Mais à part ça, monsieur le Président, tout va très bien?
 

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a écrit le 21/04/2012 à 13:04 :
Pour ce qui est de l'Europe, on n'est pas sorts de la crise! On n'annonce que prélèvements et impôts. On pourra dire la France est morte, vive la rance. Et quoi? On voit Chirac frayer avec Hollande, il semble atteint d'allochirie...

Il n'y a pas la moindre remise en cause de la place de l'Etat dans notre économie comme le défend l'OCDE. Heureusement qu'il existe des organisations internationales pour comparer les systèmes. Comme dit si bien Parisot, on va à l'asphyxie. Reste que Merkel, elle sait ce que c'est la RDA. Espérons qu'ils vont lutter contre l'euro faible. Les politiques laxistes doivent être condamnées comme le dit si ben Schauble. La compétitivité de l'économie européenne, il fallait le faire avant. Cela condamne la jeunesse à la misère, qui peut cautionner ça?
A l'image de Sea France, nous avons affaire à des groupuscules mafieux qui détruisent les entreprises.
Nous en sommes au mandarinat et aux janissaires avec les conséquences que l'on sait. Supprimons donc les exportations!
a écrit le 21/04/2012 à 10:14 :
Heureusement que Sarko est la pour nous mentir. Sinon on se rendrait presque compte qu'on est dans l'oeil du cyclone !
Sa va étre dure à la fin du mois quand on sera de nouveau dans la zone de turbulence !
a écrit le 21/04/2012 à 9:49 :
Et bientôt Guignol cèda sa place à Deschanel...
a écrit le 20/04/2012 à 22:23 :
La crise n'est pas finie, le sort de l'euro incertain avec l'état grave de l'espagne, du portugal et de l'italie toutes trois en récession et très endettées ! rien n'est joué, la prudence s'impose.......
a écrit le 20/04/2012 à 19:43 :
Mot pour mot la chanson de Ray Ventura au siècle dernier.
a écrit le 20/04/2012 à 19:35 :
Son cas s'aggrave, il devient urgent qu'il prenne enfin sa retraite politique et de manière définitive ! Décidément, la conjoncture économique ne lui est en rien favorable et le déboussole quelque peu ! Cela doit venir des comprimés sans doute qu'il prend...enfin faut l?espérer pour lui ! La réalité qu'il nous laisse malheureusement étant toute autre, et rien dans ce qu'il va advenir, ne nous fera oublier son passage de cinq longues années à la Présidence française.
Réponse de le 20/04/2012 à 22:24 :
5 années de propagande, notamment pour Marine ( identité nationale) de gesticulation- beaucoup de démagogie avec la suppression de nombreux flics passés au karcher ! pas glorieux ...
Réponse de le 21/04/2012 à 13:04 :
@MIMOSA

Hélas toujours des mots rien que des mots... pas d'actes
a écrit le 20/04/2012 à 19:28 :
Il est clair que les banques ne veulent pas mettre Sarkozy en danger, et retiennent leurs attaques contre la monnaie, jusqu'au lendemain des élections... Ensuite, sabre au clair contre le niveau de vie! A ce propos, Sarko a eu raison de dire qu'il n'est pas acceptable que ceux qui ne travaillent pas reçoivent plus que ceux qui travaillent : en effet, comment justifier que les membres de Conseils d'administration, qui ne produisent rien, reçoivent plus que ceux qui travaillent, et à qui ils prélèvent de gré ou de force, leur dîme.

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