Les Grecs vont traduire leur colère dans les urnes

 |   |  740  mots
Copyright AFP
Copyright AFP
Le scrutin hellénique de dimanche va se dérouler dans une atmosphère lourde. Les deux grands partis tentent de limiter les dégâts. ambiance à Athènes à la veille de l'élection.

 Jamais campagne électorale en Grèce été aussi invisible. Pas d?affiches dans les rues, pas de tracts dans les boîtes aux lettres, très peu de kiosques de partis politiques sur les trottoirs. Juste une colère sourde que l?on entend à chaque terrasse de café, dans les marchés, dans les magasins. « Je ne sais pas pour qui je vais voter, mais je ne voterai pas pour les deux grands partis ça c?est sûr !», explique cette fonctionnaire rencontrée dans un restaurant .Tout le monde autour d?elle acquiesce. Pour Ilias Nicolacopoulos analyste politique au quotidien progouvernemental Ta Nea ces indécis « estimés à 25%, sont un cauchemar ! C?est la première fois que l?on ne peut rien prévoir».

Colère


Du jamais vu dans un pays ou traditionnellement les deux grands partis socialistes et conservateurs réunissaient 80% des votes. Cette fois-ci, il n?est pas certain qu?ils atteignent les 40% ! Signe qui ne trompe pas, les candidats ont mené campagne dans des appartements, dans leurs bureaux, dans des salles de réceptions d?hôtels cossus, loin des jets des yaourts et des insultes qui les attendaient dans la rue par les grecs extrêmement en colère.
Cette colère inquiète Odysseas Boudouris transfuge du parti socialiste Pasok, d?où il a été radié pour avoir refusé de voter la baisse du smic, et qui se retrouve au Dimar, le parti de la gauche démocratique. « Voter sous l?emprise de la colère est grave car cela altère le jugement », dit-il. Et d?ajouter : « cela donne des résultats comme cette percée du parti néo-nazi Aube Dorée. Il faut réfléchir et voir quelle est la proposition la plus réaliste que l?on puisse opposer à la politique néo-libérale qui sévit et agir en conséquence. »

Electeurs déboussolés


29 partis se disputent les 300 sièges du parlement. Selon les sondages seuls 10 pourront entrer à la Vouli, de cette extrême droite néo nazie jusqu?à l?extrême gauche en passant par les écologistes et les partis traditionnels éclatés en une myriade de petit partis. Autant dire qu?il n?y aura pas lundi matin, à moins d?une très grande surprise, de majorité parlementaire. D?autant que ce vote n?est pas un vote de raison, mais un vote punitif. Les Grecs veulent punir les deux grands partis tenus responsables de la situation actuelle. Les électeurs sont d?autant plus déboussolés qu?ils savent que les questions économiques sont réglées d?avance avec le mémorandum signé par les deux grands partis justement et par le parti d?extrême droite populiste Le Laos qui est depuis entré en dissidence.

Les deux grands leaders veulent limiter les dégâts


Evangelos Venizélos à la tête du Pasok veut limiter les dégâts. « Il faut que le pays ait un gouvernement stable martèle-t-il. Je vais proposer à nos partenaires de procéder aux réformes exigées en trois ans et non en deux comme c?est prévu. Cela va soulager les plus faibles. C?est peu mais c?est ce que je peux faire ». L?ex-ministre des finances qui a demandé pardon aux Grecs de nombreuses fois, en direct même à la télé, « pour cette situation », pour avoir « livré le centre d?Athènes aux néo nazi » est crédité de moins de 20% des voix. Il est prêt à faire une coalition avec tous ceux qui acceptent la rigueur en cours. Il n?a pas hésité dans ses derniers discours à brandir le spectre d?une sortie du pays de la zone euro, à laquelle plus personne ici ne croit vraiment. En face son rival conservateur donné favori Antonis Samaras, ne parle que de « majorité absolue » à la tête de laquelle il se trouverait.

L'ombre de l'élection française


Mais il est crédité au mieux de 25% des intentions de vote et refuse toute idée de coalition. Il laisse du coup planer la menace d?élections à répétition.
En fait, les grecs vont voter les yeux tournés vers la France, « Rien n?est immuable, souligne Odysseas Boudouris. On peut renégocier le mémorandum. L?élection de Hollande serait un bon signe. C?est toute l?Europe qui souffre de la crise, pas seulement la Grèce ».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/05/2012 à 16:28 :
Si seulement ils pouvaient traduire leur colère en honnêteté...
a écrit le 05/05/2012 à 12:05 :
Hollande, l'espoir de l'Europe... Il va avoir fort à faire avec les droites Européennes et les Allemands en particulier. Il peut réussir, mais ne doit rien lâcher, envisager même la rupture avec l'?uro. Il y a un moment ou les exigences de ceux qui profitent du système finissent par aller à l'encontre de leur intérêt. Il faut aller tester les limites. Ce n'était évidemment pas le cas avec $arközy de Nagy Bocsa, allié des droites européennes et pro-allemand,béni oui-oui de Merkel.
Réponse de le 05/05/2012 à 12:28 :
ouais ..;! tous en coeur allons tester les limites !! le problème avec cette logique, c'est que si on dépasse la limite, alors là, on sera franchzement dans la merde... à moins que vous ne soyez assisté ou fonctionnaires, et encore faut-il qu'il reste quelqu'un qui puisse payer !!!
Réponse de le 05/05/2012 à 13:17 :
Lyon69 , si la Grèce a tant de problèmes , ... c'est que personne ne payait justement ... Maintenant ils vont avoir le choix : soit mettre les services et les infrastructures au niveau de ce qu'ils payaient (c'est a dire rien) , soit ils payent un peu plus .... visiblement ils choisiront la première solution ... Le véritable idéal sage et probablement entre les deux ...
Réponse de le 05/05/2012 à 13:38 :
@ahbon : ouais, mais en france aussi, on a près de 50% des français qui ne paient rien en IR ... on va faire comment ??
Réponse de le 05/05/2012 à 13:38 :
pour les grecs la seule solution est de ne rien payer pour obliger leur gouvernement à faire totalement faillite, officiellement. Ensuite ils pourront remettre en place un état qui fonctionne, mais ils auront certainement besoin d'une dictature pour le faire ... désolé pour eux
Réponse de le 05/05/2012 à 14:25 :
En Grèce comme en Espagne, au Portugal, en Italie et bien entendu en France, c'est LA RUE qui va régler les problèmes engendrés par les banquiers et les voyous de la finance.
Réponse de le 05/05/2012 à 14:47 :
super solution ... et après, tu va leur prêter, toi ?
Réponse de le 05/05/2012 à 14:48 :
ouais... la rue va nous créer des emplois ...!!! chouette ! Financez par...heu... par qui ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :