Allemagne : l'inflation n'est plus un gros mot à la Bundesbank

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AFP Un étalage de fruits et légumes dans un marché marché berlinois
AFP Un étalage de fruits et légumes dans un marché marché berlinois (Crédits : AFP)
La banque centrale allemande préconise de laisser la hausse des prix s'accélérer légèrement en Allemagne, sans toutefois intervenir pour favoriser l'inflation. L'idée : améliorer mécaniquement la compétitivité des pays voisins pour relancer l'économie de la zone euro.

Une fois n'est pas coutume. L'Allemagne pourrait contribuer à améliorer la situation de ses voisins membres de la zone euro en tolérant un peu plus d' inflation que la moyenne chez elle, a suggéré la Banque centrale allemande mercredi.  Selon le scénario étudié par la Bundesbank dans une "prise de position" publiée à l'intention de la commission des finances de la chambre basse du parlement allemand, le Bundestag, "l'Allemagne pourrait dans le futur avoir un taux d' inflation plutôt supérieur à la moyenne de la zone euro".

Cette position peut paraître surprenante de la part d'une Bundesbank qui défend bec et ongles le mandat de la Banque centrale européenne (BCE). Pourtant, préconiser plus d'inflation en Allemagne n'est pas contradictoire avec l'obligation de la BCE de maintenir une inflation proche mais inférieure à 2 %. Car celle-ci concerne la zone euro dans son ensemble.

Une hausse des prix qui doit se faire sans intervention

Cette accélération de la hausse des prix, qui renchérirait les produits allemands et mécaniquement améliorerait la compétitivité des pays connaissant des inflations plus modestes, doit se faire sans intervention, par les forces du marché, précise la banque centrale allemande.  La Bundesbank juge en effet que le besoin d'intervention "est plus faible en Allemagne", contrairement aux pays voisins qui souffrent d'un déficit de compétitivité par rapport à elle et que "cela n'aiderait pas". Elle exclut également "un assouplissement de la politique budgétaire pour soutenir la croissance dans les pays de la périphérie, sans garantie de succès de toute façon". Elle préconise d'agir sur la croissance allemande en facilitant les conditions d'investissement et le développement du secteur des services notamment.

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Commentaires
a écrit le 09/05/2012 à 22:51 :
L'inflation est un poison pour la société, l'Allemagne a deux expériences en la matière 1923 et 1948, c'est une boite de Pandore, dès qu'on l'ouvre on ne sait plus comment la refermer, ce n'est pas un avertissement c'est une mise en garde. Dès que l'or commencera à prendre l'ascenseur, ce sera le danger. En plus, comme disait Keynes on aura sacrifié les épargnants et les rentiers. C'est lamentable de constater que les peuples ne veulent pas revenir sur la prospérité à crédit, sauf les pays nordiques qui ont des excédents de balance commerciale, donc qui ne vivent pas à crédit comme les pays du club méditerranéen.
Réponse de le 10/05/2012 à 9:11 :
Oui c'est un point de vue.... Mais les rentiers et les épargnants on s'en fout !
Ce qui compte c'est la création d'emplois, donc la création de richesse et la croissance !
Réponse de le 10/05/2012 à 18:47 :
tout à fait d'accord +1
Réponse de le 10/05/2012 à 20:58 :
@NAS: +1
a écrit le 09/05/2012 à 19:33 :
Ahh voilà de bonnes nouvelles, l'Allemagne commence a sortir de ses dogmes rigides ... Ce ne sera en aucun cas la panacée et la solution unique mais cela peut participer à une forme de rééquilibrage entre l'Allemagne et les autres pays ... Et nous en France on a bien réussi a survivre a des taux d'inflation énormes il n'y pas si longtemps, sans en venir jusque là puisque les économies Européennes sont toutes très différentes il serait normal que la BCE regarde effectivement globalement sur la zone Euro.

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