L'euro malade : le symptôme des taux négatifs allemands

Les taux à deux ans allemands sont entrés vendredi en zone négative. Un signe d'une détérioration de la confiance dans la zone euro.
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C'est donc devenu une réalité. Pour prêter à l'Allemagne à un horizon de deux ans, il faut payer. Le taux à deux ans allemand cotait ce vendredi matin - 0,002 %, confirmant le résultat des dernières adjudications de l'Etat fédéral allemand. On a souvent dit qu'il s'agissait là d'un effet de la crainte des investisseurs et de la « fuite vers la qualité ». C'est certes vrai lorsque l'on accepte une faible rémunération. Mais accepter de prêter son argent sans rémunération, voire en perdant une partie de son capital, fait clairement passer dans une autre dimension. Une dimension qui n'est pas encourageante pour l'avenir de la zone euro.

Pourquoi payer plutôt que de sortir la lessiveuse ?

Quelle peut être la motivation d'un investisseur qui prête à l'Allemagne a taux négatif ? Il peut certes accepter de perdre un (tout petit) peu de son capital pour « payer » la sécurité du reste. Mais n'y a-t-il pas plus simple ? Comme avoir recours à la bonne vieille lessiveuse ou conserver ses liquidités sur un compte en banque. 100 euros aujourd'hui vaudront toujours 100 euros. Et même si l'euro perd de sa valeur face aux autres monnaies, on ne se renflouera certainement pas en prêtant à taux négatifs en euros à l'Allemagne. Bref, c'est absurde. Sauf évidemment si l'on compte sur un autre événement...

Pari d'éclatement

Car le calcul des investisseurs pourrait être le suivant : la perte enregistrée sur le capital pourrait se muer en bénéfice si la zone euro éclate. En effet, en cas de réintroduction du mark ou de la création de fait d'un "euro limité aux pays du nord", cette monnaie viendrait à se réévaluer notablement. La valeur des 100 euros investis pourrait ainsi croître rapidement de 30 %, si l'on en croit certains économistes, ce qui évidemment adoucit largement la facture des taux négatifs. D'autant qu'une telle hausse de la monnaie réduirait l'inflation, améliorant encore le rendement final de l'obligation. Bref, dans ce contexte, l'achat de ces obligations à rendement négatif pourrait se révéler gagnant. C'est donc le pari de l'éclatement de la zone euro que font les investisseurs.

Signal alarmant

Et dans ce contexte, l'entrée en zone négative des bons allemands est un signe tout aussi inquiétant pour l'avenir de l'union économique et monétaire que les déclarations récentes de Mario Draghi et Olli Rehn. On peine alors à comprendre pourquoi les gouvernements continuent à se taire. Ce silence assourdissant est en réalité la preuve de l'échec de la stratégie intergouvernementale à l'?uvre depuis début 2010 sur le Vieux continent.
 

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Commentaires 19
à écrit le 01/06/2012 à 23:34
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Un taux d'intérêt négatif n'a absolument rien d'anormal, cela dit uniquement que le risque est extrêmement faible voir inexistant: mieux vaut prêter 100 euros et être sûr de récupérer 99,998 euros dans 2 ans en prêtant à l'Allemagne que très incertai...

le 02/06/2012 à 9:43
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@hmb drole de raisonnement. Si j'ai 100 euros, je le mets au pire sur des placements a faible rendement - voire je le garde - pas sur des placements a perte.

le 02/06/2012 à 11:29
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Non, car si vous croyez à la pérennité de l'euro, vous pouvez garder vos euros sans les prêter. Ce taux négatif implique des investisseurs qui jugent possible un éclatement de la zone et la réapparition du mark ou d'un euro du nord.

le 02/06/2012 à 12:09
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Indépendamment de la survie ou non de l?euro, investir ou « transporter de l?argent dans le futur » comporte toujours une part de risque. Imaginez que vous ayez 10 millions d?euros à protéger pendant deux ans ; ce que je vous souhaite. Vous pouvez l...

à écrit le 01/06/2012 à 22:36
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On prete a taux zero a l'Allemagne, c'est un signe tranchant de confiance dans cette economie, rien ne vaut la fiabilite "Made in Germany" et on peut qu' etre en admiration pour ce peuple intelligent qui a tout bon.Quel contraste avec les pays du sud...

le 01/06/2012 à 22:56
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Pourtant, avant l'Euro, l'Allemagne enregistrait des déficits commerciaux, et la France et l'Italie dégageaient toutes deux des excédents. Bizarre non ?

le 04/06/2012 à 18:01
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C'est le fruit de la conjonction entre d'une part de 20 ans de politique intelligente en Allemagne avec une politique de désinflation compétitive, l'agenda 2000 de Gerard Shroder, les réformes apportées pour améliorer le marché du travail. De l'autre...

à écrit le 01/06/2012 à 21:56
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Les marchés sont des brutes épaisses, mais qui ont le mérite d'agir en fonction de leurs pensées. Si les taux allemands sont négatifs, c'est que les marchés pensent que l'Euro va crever. C'est peut-être faux, c'est peut-être vrai, mais c'est ce qu'il...

à écrit le 01/06/2012 à 18:31
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tout cela est ridicule, ca fait deux ans que les meilleurs economistes anglosaxons et quelques penseurs francais eclaires tels emmanuel todd montrent l'evidence de l'incompatibilite d'une monnaie unique avec des zones economiques aussi differentes au...

le 01/06/2012 à 20:46
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Todd "penseur francais eclairés" MDR :))

le 01/06/2012 à 22:36
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La France comprend des régions très différentes en matière de développement: entre le Limousin et la région Rhone Alpes, par exemple, il y a un énorme écart de PIB/habitant, et pourtant avant l'Euro, elles partageaient le Franc et personne ne disait ...

le 01/06/2012 à 22:55
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Vous n'avez pas compris. Le Limousin reçoit plus de la Nation qu'il ne lui envoie d'impôts : ce sont des transferts. Le Parisien accepte de payer pour le Limousin. In fine, le Limousin doit se vider peu à peu de sa population tandis que la région par...

le 02/06/2012 à 11:38
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Ca m'arrache la bouche de le reconnaitre car il est résolument de gauche mais Todd est un visionnaire. Il se place dans une perspective d'historien et de demographe. Ce qu'il avait prévu sur l'Euro est en train de se réaliser. Force est de reconnaît...

le 02/06/2012 à 17:42
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A Truk: Si les pays du sud n'avaient pas dépensé au delà de leurs ressources, ils auraient des comptes tout à fait présentables, un déficit conforme aux recommandations de Bruxelles. En conséquence, ils auraient des taux d'emprunt inférieurs à 5 % et...

à écrit le 01/06/2012 à 17:57
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Quelque part c'est une sorte de hara-kiri ... pour l'Allemagne !

à écrit le 01/06/2012 à 17:55
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L?Allemagne fait son travail de deuil sur l'euro ! C'est tout !

à écrit le 01/06/2012 à 17:19
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il faudra bien que le politique finisse par donner une direction et je n'imagine pas les Allemands enterrer l'euro: leur responsabilité deviendrait une cause évidente d'affaiblissement de leur place en Europe et ils ne le souhaitent naturellement pas...

à écrit le 01/06/2012 à 16:58
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Très mauvaise analyse. Il s'agit du contraire. Les taux allemands montrent le côté positif des investisseurs qui veulent que ce pays selon la (fausse) routine admise "tire" l'europe. Ils font ainsi un mix-produit en collant de l'allemand ou de frança...

à écrit le 01/06/2012 à 16:26
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Relisez-vous ... Et évitez les fautes d'orthographe ...

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