Chypre, condamnée à appeler à l'aide européenne

Nicosie n'a pas trouvé d'autre solution que de se tourner vers l'Union européenne pour renflouer la banque populaire de Chypre qui a besoin d'une somme équivalente à 10 % du PIB de l'ile pour satisfaire aux critères de solvabilité. Restent deux questions : quand et à quelles conditions ?
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La question n?est donc plus de savoir si Chypre a besoin de l?aide européenne, mais quand elle en aura besoin. Le ministre des Finances de la République insulaire hellénophone, Vassos Shiarly, a affirmé ce mardi que « la situation est désormais urgente ». Chypre, plate-forme financière pour l?argent russe, grec et moyen-oriental, est malade de ses banques. En particulier de la Marfin, rebaptisée Banque populaire de Chypre, qui doit trouver avant la fin du mois de juin 2012 1,8 milliard d?euros pour satisfaire aux critères de solvabilité de l?Union européenne. Une somme qui représente pas moins de 10 % du PIB de l?île et que le gouvernement ne peut trouver seul, alors même qu?il est entré dans une période d?économies budgétaires depuis plusieurs mois. Quant à la manne gazière que la République pourrait partager avec Israël, elle ne devrait pas se traduire en revenus supplémentaires avant 2016.

Pas d'autres solutions

Chypre n?a en réalité pas d?autres solutions que l'appel à l'aide à l'Europe. Les marchés financiers lui sont fermés : les obligations chypriote s?échangent actuellement avec un taux de 15 %. L?an passé, Moscou avait accordé un prêt de 2,5 milliards d?euros à des conditions avantageuses, compte tenu de l?importance de la place chypriote pour l?argent russe et les investissements vers la Russie. Mais aujourd?hui, plus question mettre la main à la poche. Selon le Cyprus Mail, le quotidien anglophone de l?île, Nicosie négocierait séparément avec un autre pays tiers, sans doute la Chine. Mais cette aide ne servirait, selon le quotidien, qu?à assurer à Chypre d'être en meilleur position pour négocier sa demande d?aide européenne.

Conditions

La grande crainte de Nicosie est en effet que l?UE réclame en échange de son aide une modification de sa politique fiscale qui est une des plus avantageuses d?Europe et qui assure la prospérité du pays. Vassos Shialy s?est dit « optimiste » sur les conditions qui seront imposées. Mais les négociations durent, ce qui prouve que, malgré l?urgence de la situation, un accord est difficile à trouver. Cinquième pays à réclamer l?aide européenne, Chypre arrivera de toutes façons affaiblie au 1er juillet, date à laquelle le pays prendra la présidence de l?UE?
 

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Commentaires 4
à écrit le 12/06/2012 à 21:49
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les européens vont peut-etre mettre la main sur le gaz chypriote ...!!!

à écrit le 12/06/2012 à 17:27
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ahhhhhh!!!! Vivement que l'on aide les banques suisses!

à écrit le 12/06/2012 à 16:00
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Complément : peut-être le deuxième avec Dubaï, notez. Dubaï, quelqu'un se souvient..??

à écrit le 12/06/2012 à 15:59
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Premier paradis fiscal à plier des genoux. Amusant, non..??

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