En Europe, on serre la vis budgétaire !

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La France n'est pas isolée: un peu partout en Europe, l'heure est à la baisse des déficits. Tour d'horizon des mesures connues.

En Allemagne, le projet de budget fédéral 2013 a été présenté au parlement cette semaine. Il prévoit un déficit de 18,8 milliards d'euros contre 32,1 milliards d'euros cette année. L'objectif affiché demeure de parvenir à l'équilibre en 2016. A noter que ce budget présenté par le gouvernement fédéral ne représente qu'une grosse moitié de l'ensemble du budget allemand au sens du traité de Maastricht. Compte tenu de l'excédent des comptes sociaux du pays, le retour à l'équilibre des administrations publiques allemandes devrait être atteint dès cette année.

Ce budget fédéral 2013, basé sur une croissance de 1,6%, est clairement un budget d'accélération de la consolidation budgétaire après une pause en 2012 et malgré les élections fédérales prévues en septembre. Les dépenses devraient ainsi baisser de 10,5 milliards d'euros, soit un recul de 3,4% en raison de la réduction de la subvention au système de santé de 2 milliards d'euros, mais aussi de la suppression de plusieurs aides aux demandeurs d'emplois décidée déjà lors du plan de consolidation de 2010. Enfin, l'Etat fédéral compte économiser 2,5 milliards d'euros en raison du bas niveau des taux qui ont bénéficié de la «fuite vers la qualité». Du côté des recettes, Berlin devrait profiter de la croissance et voir ses recettes fiscales progresser sans pour autant toucher au niveau des impôts.

En Espagne, le budget a été présenté jeudi. Madrid avait obtenu un délai d'un an pour parvenir à un déficit de 3% du PIB. En 2013, le déficit devrait donc se situer à 4,5% du PIB, soit 1,8 point de moins qu'en 2012, avec une contraction du PIB de 0,5%. Le plan de Mariano Rajoy prévoit un effort global de 1,34% du PIB, soit 14 milliards d'euros, répartis à 58% sur les baisses de dépenses et à 42% sur les hausses de recettes. Les ministères seront mis au régime sec avec une réduction de 8,9% de leurs dépenses, mais les dépenses totales de l'Etat, notamment en raison du coût de la dette et de l'apport à la sécurité sociale, seront en hausse de 5,6%.

En Italie, le budget 2013 n'a pas été présenté. Le gouvernement Monti a cependant présenté la semaine dernière une correction de sa prévision de contraction du PIB pour 2012 (de -1,2% à -2,4%), mais a conservé l'objectif 2013 d'une contraction de seulement 0,2%. Le déficit devrait alors reculer à 1,6% du PIB grâce à un fort excédent primaire. Les dépenses publiques, hors intérêts de la dette devraient demeurer stables et les recettes augmenter grâce à la hausse des entrées d'impôts indirects.

Au Portugal, le budget 2013 sera présenté dans les deux prochaines semaines. Le gouvernement de centre-droit tablera encore sur une contraction de 1% du PIB et cherche actuellement les moyens fiscaux d'atteindre un déficit à 4,5% du PIB contre 5% prévus cette année. Il a dû renoncer ce week-end à une augmentation de 7 points des cotisations sociales pensant sur les salariés. Une hausse de l'impôt sur le revenu est à l'étude.

En Belgique, les discussions autour du budget 2013 vont bon train. L'objectif est de ramener le déficit fédéral à 2,15% du PIB (contre 2,8% en 2012) et d'avoir un budget à l'équilibre en 2015. Il faudra trouver 3 milliards d'euros: une hausse de la TVA est évoquée.
 

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a écrit le 29/09/2012 à 14:09 :
Cela fait bientôt 40 ans que nous finançons notre bien être par la dette. Nous sommes un couple qui gagnons 6500 euros par mois mais qui en dépense 7000. Ma logique de père de famille me dit que ce système aurait tôt ou tard une fin. Arrêtons de désigner des coupables comme les investisseurs qui nous prêtent de l'argent. Si nous ne vivions pas au dessus de nos moyens ceux-ci n'auraient aucun poids dans la vie politique. Commençons donc par freiner nos dépenses, foutons la paix aux entrepreneurs qui créent de la richesses (si l'on veut de la redistribution) et à terme essayons de rembourser cette fichue dette dont les intérêts sont devenus le premier poste de dépense de l'état.
a écrit le 28/09/2012 à 13:28 :
l'austérité budgétaire généralisée va nous conduire à la catastrophe. l'austérité marche à condition qu'un seul pays à la fois la fasse, qu'il puisse librement ajuster le cours de sa monnaie et qu'il puisse s'appuyer momentanément sur des voisin/client en expansion pour regagner en compétitivté et relancer son industrie et sa propre consommation.
Réponse de le 28/09/2012 à 13:52 :
pas forcément. Ce qui relance lacroissance, c'est la hausse de la productivité. Celle-ci s'obtient par une baisse des impôts, des réglementations et uen hausse de la formation des salariés. donc une austérité bien menée, même pas trous les pays en même temps, débouchera sur la croissance après une nécessaire période de récession. sauf que dans le cas de la France et de l'europe, on augmente les impôts, les réglementations, et on continue à détruire l'école .... Comment voulez vous que cela marche ?
Réponse de le 28/09/2012 à 14:36 :
Bonjour John, vous avez raison sur l'efficacité de l'austérité bien mené, mais en France c'est l'austérité par augmentation continuelle d'impôts... c'est pas la bonne méthode. je reste convaincu que la monnaie unique dans les conditions actuelles reste un obstacle, une monnaie unique suppose une harmonisation des politique économique et donc aussi fiscale, hors nous en sommes loin très loin. c'est en partie pour cela que je ne crois pas à l'efficacité des polituqe de rigueur budgétaire actuellement mise en place.
Réponse de le 28/09/2012 à 15:02 :
Oui ça c'est la théorie. Sauf qu'avec la récession provoquée par l'austérité, les entreprises diminuent leurs investissements, perdent en compétitivité technologique face à leurs concurrents américains et asiatiques et font faillite l'une après l'autre. Super moyen de relancer la productivité et la croissance.
Les rares entreprises qui survivront seront les plus compétitives mais aussi des proies de choix pour le rachat par des fonds chinois ou américains.
Ce que les ordo-libéraux ne veulent pas comprendre c'est que le cycle vicieux de la récession peut durer très longtemps . Pas sûr que les peuples l'accepte, pas sûr que la paix sociale soit préservée, et pas sûr que nous soyons encore en démocratie. Souvenons nous des années 1930...

Réponse de le 28/09/2012 à 15:20 :
@ RPR : Bien sûr. avec des pays à la productivité différente, si l'on mets une monnaie unique et si les politiques économiques ne visent pas à rapprocher l'évolution de la productivité, il y a forcément divergence et explosion de la zone monétaire à terme. Et donc forcément, les politiques de rigueur ne s'attaquant à ces problèmes structurels, cela ne peut marcher, nous sommes bien d'accord.
Réponse de le 28/09/2012 à 15:21 :
Il est temps de tuer un mythe .. la tendance historique en EUROPE pour la première décennie et, même, pour la période 1995-2010
= Baisse Générale des impôts en pourcentage du PNB
= En particulier, CHUTE continue des taux d?imposition sur le revenu des sociétés..
les chiffres 2010-2012 ne sont pas encore complets mais pour les deux premières années .. le changement le plus substantiel serait la hausse de la TVA - mais la baisse en valeur absolue des recettes des impôts due à la contraction de l'activité..
Sur la meilleure voie à suivre, le débat continue .. mais ce serait plus efficace de débattre sur des bases réelles et non sur des bases mythiques..
Les chiffres sont ici:
http://ec.europa.eu/taxation_customs/taxation/gen_info/economic_analysis/tax_structures/index_en.htm
Réponse de le 28/09/2012 à 15:24 :
@ jeff : c'est quoi un "ordo libéral" ??? décidément, on invente des mots tous les jours. Votre arguments est faux, c'est tout l'inverse. L'austérité par la baisse des dépenses et donc des impôts rend du capital aux entreprises qui peuvent investir, augmenter leur productivité et relancer la croissance. C'est exactement ce qui se passe à chaque fois, cf l'étude de l'économiste italien Alesina à Harvard en 2010 qui montrait que la seule façon de réduire l'endettement public est la baisse des dépenses qui relance la croissance (ce qu'on fait Reagan etThacher, mais aussi le canada en 1994, la suède en 1992, la NZ en 1985, l'australie en 1990, etc etc etc ...) Tant que l'austérité consite à augmenter les impôts sur les forces productives, là nous sommes d'accord, la récession peut s'éterniser. Sans parler du problème de l'euro, cf mon post de réponse à RPR.
Réponse de le 28/09/2012 à 15:27 :
@jeff
Merci jeff .. heureusement que certains se souviennent que l'economie est l'instrument des etres humains qui la crée et non l'inverse ..
Réponse de le 28/09/2012 à 15:48 :
@ courant : dites, vous vous êtes réellement renseigné au lieu de sortir des aneries ? les impôts ne font qu'augmenter en France depuis 30 ans en absolu et relatif. si l'impôt global de certaines multinationales baisse, c'est parce qu'elles sont internationalisées et qu'elles font leurs bénéfices dans des pays à plus faible imposition. Seuls les pays ayant baissé les impôts ont de lacroissance, cad l'Allemagne, la suède, la finlande, l'autriche, etc etc ...Donc la meilleure voie à suivre c'est les baisses d'impôts !!
Réponse de le 28/09/2012 à 16:01 :
nous sommes très fort en Europe pour inventer des impôts tous les 15 jours. je suis horrifié de constater qu'il y a encore des gens capable de justifier ces hausses. la fiscalité ubuesque particulièrement en France est le couteau qui tue lentement mais surement toute initiave, toute entrperise et donc toute activité économique. John a raison dans l'état ou nous sommes aujourd'hui il faut à la fois baisser les dépenses ET les impôts. Et il y a de la marge pour le faire !! c'est le seul moyen de sortir de l'ornière dans laquelle nous nous sommes enfoncés.
Réponse de le 28/09/2012 à 16:11 :
@ courant : "l'économie est l'instrument des êtres humains qui la crée et non l'inverse" phrase parfaitement oiseuse qui ne veut stritement rien dire.
Réponse de le 28/09/2012 à 16:35 :
Eurostat a fait une étude européenne sur la fiscalité. La pression fiscale en France a diminuée entre 2000 et 2008.il ne me semble pas que la croissance ait été au rdv. eurostat n est pas non plus un repère de gauchistes que je sache
Réponse de le 28/09/2012 à 18:47 :
@john galt
Ouvrez donc le lien de mon précédent message ou vous trouverez le fichier Eurostat ANNEX_a.xls
Feuillet 1: ?Table Tot_G: Total Taxes (including SSC) as % of GDP?
FRANCE 1995 to 2010 -0.2 (en texte MOINS 0.2)
FRANCE 2000 to 2010 -1.6 (en texte MOINS 1.6)

les details taxe par taxe se trouvent sur les feuillets suivants
Au fait, Ayn Rand n'etait pas une economiste mais,une bonne scenariste et une tres mauvaise romancière qui à eu l'idée marketing géniale de s'autoproclamer 'philosophe' ....ce qui suggere que meme sur sa strategie marketing , notre BHL national, egalement romancier médiocre, est une fois de plus coupable de honteux plagiat
J'excuse volontiers votre petit laché ad hominem agricole ..c'est vendredi.. ;)
Réponse de le 28/09/2012 à 18:52 :
si l'impôt global de certaines multinationales baisse, c'est parce qu'elles sont internationalisées et qu'elles FONT leurs bénéfices dans des pays à plus faible imposition????
Vous n'avez jamais entendu parler de 'Transfer Pricing'.? Autant que je sache, la demande des iles Cayman n'est pas suffisante pour justifier les benefices enregistres par les 16 000 multinationales dont les HQ sont toutes situées dans le meme immeuble de 3 etages ...sans parler de tous les autres immeubles de 3 étages servant de HQ a plusieurs milliers d'autres

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