Le modèle étatique espagnol remis en question

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Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol, à la tribune de la cinquième Conférence des Présidents des régions, mardi à Madrid. /Copyright Reuters
Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol, à la tribune de la cinquième Conférence des Présidents des régions, mardi à Madrid. /Copyright Reuters
Au cours de la cinquième Conférence des Présidents de la démocratie, le chef du gouvernement Mariano Rajoy et les présidents des régions sont parvenus à un accord global sur le déficit public et ont évité d'aborder l'épineux problème de l'indépendantisme régional.

Au cours de la Conférence des Présidents, qui réunit le chef du gouvernement et les dirigeants des exécutifs régionaux, Mariano Rajoy voulait offrir mardi l'image d'un pays uni. Le défi n'était pas des moindres alors que la politique économique suscite le mécontentement de nombre de régions et que les tensions souverainistes au Pays Basque et surtout en Catalogne ont relancé le débat sur le modèle « autonomique » de l'Etat espagnol. Finalement, Mariano Rajoy est parvenu à un accord global sur la nécessité de réduire le déficit public... tout en évitant de s'engager sur le terrain glissant de la réforme de l'Etat.

Un modèle de financement "complexe et peu transparent"

Le modèle fondé sur l'autonomie institué en 1978 a évolué : « L'Espagne qui avait une structure administrative presque complètement centralisée est devenue l'un des pays les plus décentralisés de l'OCDE », explique l'économiste Ángel de la Fuente dans une analyse pour l'Institut d'analyse économique. Les régions sont notamment compétentes en matière de politiques sociales, soutenues par un modèle de financement « complexe et peu transparent, avec de sérieux problèmes d'équité et d'efficacité, qui ne plaît à personne », estime De La Fuente qui lui reproche d'avoir incité les régions à dépenser sans compter. Elles sont ainsi les principales responsables du dérapage du déficit public en 2011 (9,4% du PIB contre les 6% prévus).

Elections en Catalogne le 25 novembre

Le spectre des mécontents est large : aux deux extrêmes figurent ceux qui réclament une recentralisation des compétences, comme l'ex-présidente de Madrid, Esperanza Aguirre, et ceux qui réclament l'indépendance. Ses espoirs d'obtenir une large autonomie fiscale comme celle dont jouit le Pays Basque ayant été déçus, le président catalan Artur Mas a convoqué des élections pour le 25 novembre prochain, avec en toile de fond la promesse d'un référendum d'autodétermination.

Parallèlement, au Pays Basque, où se tiendront des élections régionales le 21 octobre, se profilent deux vainqueurs nationalistes : le Parti National Basque (PNV) et Bildu, issu de la gauche indépendantiste.

Entre ces deux extrêmes, certains plaident pour le maintien du modèle de l'autonomie avec une amélioration du système de financement régional, d'autres prônent la mise en place d'un véritable Etat fédéral, comme les socialistes.

Le Partido Popular dans le camp des re-centralisateurs

Sans le reconnaître ouvertement, le Partido Popular (PP) fait partie des re-centralisateurs. En attestent la loi sur la Stabilité budgétaire ou la future loi sur l'unité du marché espagnol.

Il se heurte ainsi aux revendications catalanes, mais dispose contre elles d'un argument de poids : la Catalogne a demandé 5 milliards d'euros à l'Espagne pour pouvoir faire face à ses obligations financières d'ici la fin de l'année. La viabilité de l'indépendance catalane est du reste mise en question par les analystes qui soulignent que sa dette est actuellement en catégorie spéculative et les marchés lui sont fermés.

En outre, certains analystes jugent que son PIB chuterait de 25% à 30%, du fait des barrières douanières, de la sortie de l'euro et de l'impact sur les relations commerciales avec l'Espagne. Toutefois, dans ce jeu d'hypothèses, des rapports catalans affirment qu'une Catalogne indépendante serait non seulement viable, mais gagnerait en richesse par habitant.

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