La BCE ne touche pas à ses taux et attend Rajoy pour agir

 |   |  695  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé son principal taux directeur inchangé, à 0,75% ce jeudi. Quant au dispositif d'intervention sur le marché obligataire, il ne pourra pas être activé tant que l'Espagne ne sollicitera pas l'aide de l'Europe.

A part confirmer ses propos du mois dernier, Mario Draghi, le président du Conseil des Gouverneurs de la BCE n'a pas dit grand chose aujourd'hui. Cela n'a rien d'étonnant. Tant que le gouvernement espagnol ne demandera pas à accéder au programme de soutien européen, le nouveau dispositif d'intervention sur le marché obligataire (OMT) ne pourra pas être activé.

Pas de baisse des taux ni maintenant, ni à court terme

En termes de politique monétaire dite "conventionnelle", le Conseil des Gouverneurs n'a même pas évoqué la possibilité d'une baisse de taux dans les prochains mois, a indiqué Mario Draghi, en réponse à une question posée pendant la conférence de presse. Et pour cause. Prié de dire si une baisse de taux était concevable en parallèle à la mise en ?uvre du programme de rachat d'obligations souveraines annoncé en septembre, Mario Draghi a indiqué que les "mesures de politique monétaire non conventionnelles [entraient] en jeu lorsque les mesures habituelles ne fonctionnent pas pleinement [...] Nous devons voir si nous pouvons remettre en état les canaux de transmission de la politique monétaire." Autrement dit, tant que le programme OMT n'aura pas porté ses fruits, la BCE ne voit pas l'intérêt de toucher à son taux "refi".

A l'issue de la réunion de son conseil des gouverneurs, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé son principal taux directeur inchangé, à 0,75%. Depuis juillet, le taux "refi" stagne à son plus bas niveau historique.

Les bienfaits de l'OMT (virtuel)

Concernant le programme de rachat de dette (désigné par le sigle "opérations monétaires sur titres"), la réticence de l'Espagne à demander de l'aide prive certes la BCE de tout moyen d'action, mais sa simple annonce a "contribué à apaiser les tensions ces dernières semaines", a remarqué Mario Draghi. De quoi selon lui calmer les "craintes de matérialisation de scénarios catastrophes".

 

Morceaux choisis de l'intervention de Mario Draghi

- sur l'inflation

"Le taux d'inflation devrait rester au-dessus de 2 % en 2012, avant de retomber sous ce niveau dans le courant de l'année prochaine". Autrement dit, il resterait à un niveau compatible avec la notion de "stabilité des prix". La BCE a néanmoins noté que la dernière estimation flash de l'inflation à 2,7% était "plus élevée qu'attendu".
 

- sur la croissance

« La croissance économique en zone euro devrait rester faible, avec des tensions persistantes sur certains marchés financiers». «Un niveau élevé d'incertitude» pèse toujours sur «la confiance et le sentiment» des acteurs économiques.


- sur le programme OMT

«Notre décision concernant l'OMT [annoncée début septembre, ndlr] a aidé à soulager les tensions au cours des dernières semaines en réduisant les inquiétudes de voir des scénarios destructeurs se matérialiser.» Les gouvernements doivent continuer à réduire les « déséquilibres budgétaires et structurels et mettre en ?uvre la restructuration du secteur financier.»
«Nous agissons strictement dans le cadre de notre mandat de maintien de la stabilité des prix à moyen terme; nous déterminons notre politique monétaire de façon indépendante et l'euro est irréversible»
«Nous sommes prêts à déclencher l'OMT», dès que les conditions pré requises seront réunies. «Nous sortirions de l'OMT une fois ses objectifs atteints ou si le programme [lié à l'aide européenne, ndlr] n'était pas respecté.»

- sur les banques

«La solidité des bilans des banque» constitue un facteur clé pour la distribution du crédit à l'économie et «la normalisation des canaux de financement», donc pour la transmission de la politique monétaire. «Il est maintenant essentiel que les gouvernements continuent de mettre en ?uvre les mesures nécessaires pour réduire les déséquilibres tant budgétaires que structurels et appliquent des mesures de restructuration du secteur financier», a par ailleurs souligné Mario Draghi.

- sur la construction européenne

«La BCE salue la proposition de la Commission du 12 septembre 2012 d'un mécanisme de supervision unique [des banques, ndlr] impliquant la BCE». Pour la BCE, ce mécanisme est «un des piliers fondamentaux d'une union financière et une des étapes essentielles vers une véritable union économique et monétaire».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/10/2012 à 0:31 :
l economie mondiale et americaine vont chuter, le cours du baril va rechuter à 30 dollars comme en 2008 et l economie va repartir naturellement de par la baisse des matèeres premières.
Moscovici pourra alors se feliciter hypocritement d avoir fait baisser le prix de l essence ( il a deja commencer d ailleurs avec la baisse du prix du baril de 117 à 111 euros)
L ideal serait que le domino france ne chute pas avant
.
a écrit le 05/10/2012 à 1:00 :
Où on voit clairement l'influence de la malhonnêteté institutionnelle de la FED sur la BCE: 2% n'est pas la stabilité des prix. Non. 0% oui. Si on tient compte de surcroit du "thermomètre" qui exclus ce qui gêne, compare ce qui n'est pas comparable et autres figures de "lissage" ad infinitum, on a finalement une perte de pouvoir d'achat substantiel. Ce "débasement" de la monnaie est ni plus ni moins une forme d'impôt qui touche tous les actifs et tous les revenus.
a écrit le 04/10/2012 à 21:05 :
Rajoy, politicien typique qu'on rencontre indifféremment en Espagne, en France, en Grèce, attend d'avoir le dos au mur pour se bouger les miches. Mais les dizaines de milliards manquants ne vont pas apparaître par miracle... Avec de tels clowns, nous n'avons pas fini d'aller de crise en crise. Mais quand donc l'Europe sera-t-elle débarrassée de cette plaie ?
Réponse de le 05/10/2012 à 22:36 :
Quelle suffisance ! Comment pouvez-vous croire à une explication aussi simpliste ? M. Rajoy n'a rien d'un clown : c'est sans doute le dirigeant le plus apte de l'Union Européenne, sous ses airs engourdis. Si vous étiez modeste, vous vous seriez renseigné au lieu d'écrire vos sottises : M. Rajoy mène une partie d'échecs contre les technocrates non élus de Bruxelles et Francfort, eux-mêmes alliés aux (ou servis par les) indépendantistes catalans et basques. Faire la demande de soi-disant aide ne serait pas neutre : les conséquences seraient même très lourdes. L'Espagne y perdrait sa souveraineté et sans doute son unité. Or, M. Rajoy tient son pouvoir de son peuple, et pas de MM. Barroso, Von Rompuy, Draghi, Juncker, élus par personne. Dans cette partie d'échecs, il n'a qu'un atout : il peut sacrifier sa Dame, c'est à dire quitter l'Euro, pour préserver son Roi, c'est à dire sa Souveraineté. La BCE devra craquer à un moment ou l'autre, et donner l'aide sans conditions. Car si l'Espagne quitte l'Euro, d'autres suivront, et si l'Euro explose, la BCE et tous les parasites qui en vivent n'auront plus aucune raison d'être. Rajoy est tout sauf un imbécile : sa réputation de pondération et de compétence, bien mieux établie que celles de MM. Aznar ou Zapatero, est méritée. Il mène une partie compliquée, et seuls les ignorants ne voient pas ce qui se trame actuellement.
Réponse de le 26/10/2012 à 14:29 :
à Truk: L'Espagne qui quitterait la Zone Euro, c'est la meilleure de la journée. Si tel était le cas, d'une nous en aurions déjà entendu parler de deux, seul un référendum peut faire sortir un pays de l'Euro, de trois, c'est sür que le Pesos a le vent en poupe . Il n'y a que toi qui puisse croire à des sottises pareilles. En tout cas, tu m'auras bien fait rire.
a écrit le 04/10/2012 à 20:15 :
Et Golman (Sachs) se frotte les mains et attend que ça tombe !!! Draghi est à la manoeuvre et les pigeons vont tous se faire pigeonner...
a écrit le 04/10/2012 à 19:16 :
5 ans a perdre du temps, des taux 0 pour inonder le marché de cash!! le SP 500 est revenu sur ces niveau de 2007... le CAC il est pas vraiment à 6500 pts. Quand le marché US va être mûr pour la dégringolade, ça va donner quoi sur le CAC si on part que de 3500 pts?
Réponse de le 04/10/2012 à 19:37 :
Si rien ne change en France, un petit retour du cac sous 2000 et pourquoi pas vers 1000 n'est pas du tout impossible. En attendant, on peut observer depuis quelques jours la faiblesse très spécifique, très localisée, des actions françaises et, dans une moindre mesure, de la hausse du spread avec l'Allemagne, surtout depuis que le gouvernement a présenté son projet de budget dont les effets vont s'accumuler à la stupide TTF. Pour l'instant, cela ressemble à un coup de semonce. Pas encore la tempête, mais le fond de l'air commence à être glacial.
Réponse de le 26/10/2012 à 14:31 :
Sous 1000? Je ne pensais pas autant. Bon nous verrons bien. Comme vous dites "Pas encore la tempête, mais le fond de l'air commence à être glacial." Nous verrons ce soir à la clôture du Dow jones. Je parie sur aujourd'hui.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :