Grèce : 31 milliards d'euros pour quoi faire ?

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31,5 milliards d'euros devraient bientôt être accordés à la Grèce, à condition que la troïka accepte le plan d'économie grec. Mais à quoi servira cette somme dans une économie déjà à l'agonie.

L?hôtel Kavos Bay surplombe la mer azur et offre une vue imprenable sur Egine, de la petite île à proximité d?Athènes. Cette année, toutefois, ce cadre idyllique n?a pas séduit les touristes. Nikos et Irina Krassas, gérants de cette entreprise familiale, déplorent « une saison catastrophique. » Les propriétaires ont touché 10 000 euros de recettes en 2012. Une somme bien éloignée des 70 000 euros annuels que générait leur entreprise il y a encore 5 ans. « Cet été, l?hôtel était vide, nous avons dû brader les chambres, de 60 euros elles sont passées à 25 euros », raconte Irina. «Nous avons 30 000 euros de coûts divers (communication, paiement du personnel?), 6000 euros d?assurance et 7000 euros d?électricité à payer. » Pour couvrir les dépenses, Nikos a pris un second emploi de chauffeur de bus. Cette année,Kavos Bay a fermé ses portes un mois et demi plutôt, en septembre.

L?anecdote de ce couple n?est pas unique en Grèce. Pour de nombreux propriétaires ou gérants, tout nouvel investissement est impossible depuis deux ans. « L?Etat ne nous donne pas d?aide, les taxes augmentent », signale Irina. « Nous ne pouvons plus acheter de nouvelles fournitures, nous ne pouvons plus entretenir notre bien. »


Economie interne paralysée


En Grèce, les plans de rigueur s?accumulent, mais n?apportent pas les effets escomptés. L?austérité appliquée aux Grecs comprime davantage les rentrées fiscales de l?Etat et contribue à la paralysie de l?économie interne.Les chiffres 2012 sont éloquents. Les investissements bruts de capitaux ont chuté de 19,4% dans le pays.La dépense totale de consommation a reculé de 7,2% au deuxième trimestre 2012.Comme le notent plusieurs analystes économiques, la rigueurpeut s?avérer contre-productive et augmenter la charge de dette d?un pays.


Financer les banques avant de relancer l?économie


Sur la nouvelle tranche d?aide de 31,5 milliards d?euros, qui pourra être débloquée un échange d?un nouveau plan d?austérité, « 25 milliards iront à la recapitalisation des banques (Banque Nationale de Grèce, Alpha bank, Eurobank et Banque du Pirée) », précise un banquier athénien. Les créanciers (UE, BCE et FMI) ont en effet dégagé en février dernier 50 milliards d'euros pour soutenir les banques du pays. Un premier versement de 25 milliards d?euros leur a déjà été octroyé. Une recapitalisation bancaire est en effet essentielle aux yeux de l?UE, afin d?éviter un effet de contagion de la chutes des banques en Europe.


« Le reste de ces 31,5 milliards d?euros sera donné au gouvernement, afin qu?il rembourse ses dettes auprès des entrepreneurs privés, soit 6,5 milliards d?euros », poursuit le banquier athénien. Il plaide : « indirectement, cet argent ira à la relance de l?économie puisque les entrepreneurs pourront rémunérer leurs salariés. » Sur les 130 milliards d?euros de prêts accordés la troïka en février dernier, la majorité sert en réalité à payer les intérêts de la dette grecque (soit les créanciers internationaux).


La grogne sociale monte


Malgré la paralysie économique du pays, seule une faible part est donc allouée à la relance de l?économie. Un constat qui fait naître un fort sentiment d?injustice chez les Grecs. « Nous payons toujours plus pour obtenir ces aides de la troïka, mais nous n?obtenons aucun résultat, on se demande parfois si il y a de l?argent versé? », s?indigne Georgia fonctionnaire au ministère de l?écologie.


Frédéric, un entrepreneur français installé en Grèce depuis 20 ans renchérit : « Les nouvelles mesures d?austérité sont absurdes.La dette ne peut pas être payée avec une activité zéro ! » Depuis plusieurs jours, la contestation sociale monte à Athènes. La capitalechaque jour son lot de protestataires défiler. Lundi prochain, les syndicats grecs ont appelé à une énième mobilisation générale, place Syntagma.
 

 

 

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a écrit le 07/10/2012 à 8:13 :
voila un investissement garantie est très rentable pour les créanciers privées ,d'abord il prettent leur argents a un pays en faillite et gérer sous perfusion dans des conditions rudes
en revanches ces creanciers ont la garantie de se faire rembourser car il y l'euro groupe
derrière?
a écrit le 06/10/2012 à 4:34 :
Fallait pas voter umps
a écrit le 06/10/2012 à 2:15 :
"L?hôtel Kavos Bay surplombe la mer azur et offre une vue imprenable sur Egine, de la petite île à proximité d?Athènes." Cette phrase n'a aucun sens. Merci de vous relire.
a écrit le 05/10/2012 à 23:56 :
Il paraît qu'il y a des réserves de gaz dans le pays.. ^^
a écrit le 05/10/2012 à 22:41 :
Vous axez déjà donné 424 euros pour un premier prêt.
Ensuite 828 euros pour un deuxième prêt.
Ensuite 300 euros pour un troisième prêt.
Par français.
Alors on continue, sachant que vous ne reverrez jamais cette argent ?
a écrit le 05/10/2012 à 20:51 :
Les 2/3 ca doit etre encore pour payer les interets de la dette?
http://www.atlantico.fr/pepites/grace-aux-emprunts-taux-negatifs-dette-grecque-na-rien-coute-lallemagne-437595.html
a écrit le 05/10/2012 à 18:30 :
Nous devons aider les grecs à sortir de l'Euro, il n' y pas d'autre porte de sortie pour le peuple grec !
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est
a écrit le 05/10/2012 à 18:23 :
31 milliards? oui. Contre de la propriété: iles, vignobles, l'or de la banque nationale.
Sinon, ne donnons rien (les grecs de toute facon devraient se rendre compte qu ils sont mis en esclavage par des preteurs; ils devraient se mettre eux-meme en failite avec l espoir de s en sortir dans 30 ans comme l argentine).
Réponse de le 11/10/2012 à 11:38 :
Nous sommes nous aussi liés à des prêteurs soucieux de récupéré leur argent. Nous demanderons la même indulgence que les Grecs dans quelques années.
a écrit le 05/10/2012 à 18:12 :
Au début de ce hold-up que nous appelons crise, j'avais écrit que le grand capitalisme connaissant la surproduction devait s'inventer une pompe à fric, via les obligations d'état vendues par des banques . On le voit aujourd'hui avec la Grèce, la moitié de la somme reçue par les grecques est passée dans les banques étrangères et sûrement mafieuses , mais au fait, nous avons aussi, nous français, prêté aux grecques !
a écrit le 05/10/2012 à 17:43 :
"un mois et demi plutôt, en septembre. " plus tôt ?
a écrit le 05/10/2012 à 17:23 :
Ce qui est étonnant c'est les problèmes qu'engendre l'Euro par rapport aux monnaies nationales! Nous avions des déséquilibres maintenant nous avons des crises! Et de plus personne ne s'en sort!
a écrit le 05/10/2012 à 17:17 :
Une minorité à décidé que la Grèce devait vivre dans un moyenne européenne alors que la majorité du peuple grec voulait respirer..., tout simplement!
a écrit le 05/10/2012 à 15:46 :
L'Union Européenne (aidée de la BCE et du FMI) et l'Euro (monnaie trop forte pour cette économie) tuent la Grèce à petit feu. Ca fait au moins 2 ans que la Grèce aurait dû sortir de l'euro, dévaluer raisonnablement la drachme pour retrouver sa compétitivité sans tuer le peuple avec l'inhumaine et inutile déflation interne qu'il subit (bien supérieure pour ceux qui la subissent à une très forte dévaluation de sa monnaie). Mais non, la profession de foi européiste est plus forte que tout au point que ça vire au fanatisme pour sauver leur veau d'or. Les politicards, qui ont mis tant de crédibilité en jeu sur la défense de l'euro à tout prix, ne veulent pas perdre la face en reconnaissant qu'ils se sont plantés dans les grandes largeur donc c'est la fuite en avant avec le marasme comme conséquence.
a écrit le 05/10/2012 à 15:01 :
Entre le paquet qui sera directement contourné vers la Suisse et le rembourserment d´interets dus aux banques etrangeres., cest bien evident qu´il ne restera pas grand chose de ce paquet de sauvetage pour le peuple et l´economie de base.
Je me demande pourqoui le gouvernement Grec ne fait pas appel a la suisse de retourner en Grece les milliards d´Euro qui y ont ete deposé depuis l´introduction de l´Euro.
Dans une situation aussi grave tous les moyens devraient etre bons et legitimes pour justifier de telles mesure draconienes, Ces milliards planqués en Suisse par ler Grecs riches ne peut etre de l´argent " propre", alors pas de pitié pour ces filous !.

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Réponse de le 06/10/2012 à 20:20 :
La Suisse et la Grèce sont en négociation pour taxer les capitaux grecs déposés, sous secret, dans les banques suisses. Evidemment, cela ne concernera pas les capitaux grecs planqués dans les Antilles, Singapour, les îles anglo-normandes et autres...
a écrit le 05/10/2012 à 14:54 :
Parce que l'on vient de découvrir que la Grèce détient sous son sol des réserves d'hydrocarbures situées qui comprendraient à la fois des gisements de pétrole estimé à environ 1,5 milliard de barils ainsi que du gaz évalué à 3.500 milliards de mètres-cube! Les grecs sont nos amis, il font partie de l'Europe et cela n'a jamais été contesté. Je pense que cela clôt tout débat.
Réponse de le 05/10/2012 à 16:29 :
@ le chirurgien: 1) le "sous sol grec" dont vous parlez est en mer et certainement en dehors des eaux territoriales grecques et dans une pseudo ZEE qui reste à définir. 2) Ce sont des estimations en fonctions d'hypothèses, il faudra attendre les études sismiques puis les éventuels forages d'exploration.

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