La coalition de Mario Monti au bord de l'explosion

 |   |  528  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La droite, agacée par les propos anti-berlusconiens d'un ministre, a voté contre le gouvernement au Sénat. Le centre-gauche demande des élections anticipées et la démission de Mario Monti.

Ambiance de crise à Rome. Jeudi matin, le ministre du développement du gouvernement Monti, Corrado Passera, a critiqué l?éventuel retour en politique de Silvio Berlusconi. La réponse du parti du Cavaliere, le « Peuple de la Liberté » (Pdl) n?a pas tardé. En fin de matinée, au Sénat, le groupe Pdl a refusé de voter un décret du même ministre. Pour la première fois depuis un an, soit depuis l?arrivée de Mario Monti au palais Chigi, le lieu de résidence de la présidence du conseil, la coalition gouvernementale italienne s?est fracturée.

Le Cavaliere sur le retour

Cette rupture couvait depuis plusieurs jours. Silvio Berlusconi, depuis qu?il a été condamné par un tribunal milanais, a laissé entendre qu?il revenait sur sa décision de quitter la vie politique et il n?a cessé de menacer Mario Monti. Mercredi encore, il affirmait qu?on « réclame son retour en politique. » Un petit jeu qui a agacé les membres du gouvernement Monti qui jouent également une partie serrée pour maintenir l?ancien commissaire européen au pouvoir après les élections.

Berlusconi ? Un risque !

Du coup, Corrado Passera est passé à l?offensive contre le Cavaliere, sur le thème préféré des partisans de Mario Monti : Silvio Berlusconi inquiète les marchés. « Tout signal qui ferait penser que l?Italie revient en arrière au lieu d?aller en avant est contre-productif », a-t-il proclamé. Autrement dit : Berlusconi est l?homme du passé et de la crise, Monti celui de l?avenir et du redressement. On comprend l?ire de la droite italienne qui a annoncé qu'elle s'abstiendrait désormais à la chambre également.

Le centre-gauche veut des élections anticipées

La question est désormais de savoir si le gouvernement Monti pourra survivre à ce vote négatif. A priori, l'absention du centre-droit n'empêche pas le gouvernement d'obtenir la confiance des chambres. Mais l?autre pilier de la majorité Monti, le parti démocratique (PD) de centre-gauche a immédiatement appelé à la démission du gouvernement et à des élections anticipées. Ce serait une aubaine pour lui, car ses récentes primaires, qui ont porté Pier Luigi Bersani à la candidature à la présidence du conseil, soutiennent le parti dans les sondages. Les plus récentes enquêtes le donnent à 30 % des intentions de vote, 38,5 % avec ses alliés. En face, le parti de Silvio Berlusconi ne peut compter que sur 16 à 17 % des intentions de voix, 25,3 % au plus avec l?appui de la Ligue du Nord.

Le spread se creuse

On voit mal ce qui pourrait retenir le PD de se lancer dès à présent dans la course, alors que la droite est désorganisée et que Mario Monti n?a pas encore achevé de définir sa stratégie. Sauf peut-être la crainte du « spread », l?écart de taux avec l?Allemagne. Celui-ci progressait vers 15 heures 30 de 12 points de base, principalement en raison de la hausse de 10 points de base du taux italien à 10 ans à 4,55 %. Or, c'est ce même spread qui, en novembre 2011, avait conduit droite, gauche et centre à s'allier autour de Mario Monti.
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/12/2012 à 4:28 :
En tant qu'allemand et fonctionnaire je me dis que pour le moment, grâce a nôtre excédent de la balance commerciale de 16 Milliards PAR MOIS en moyenne et ceci depuis 17 ans, nous profitons plus que quiconque de l'UE et de l'Union Monétaire, ceci aux dépens des pays moins favorisés que nous. Les quelques petits milliards de que l'Allemagne doit verser à Bruxelles tous les ans ne sont rien par rapport à l'excèdent commercial que nous réalisons grâce à cette petite cotisation. Excèdent commercial énorme qui nous permet d'exporter nôtre chômage vers les pays de l'union monétaire économiquement plus faibles et qui, a cause des traités imposés à l'UE par l'axe franco-allemand, ne peuvent ni empêcher ni taxer l'avalanche de produits Made in Germany qui étouffe et empêche leur propres économies de se développer. Les bénéfices ainsi réalisés dans les pays sur-endettés, y compris la Grèce et son armement, étant souvent réinvestis par nos grandes entreprises hors de la Zone Euro, souvent dans les pays de l'ancien bloc soviétiques que nous sommes en train de coloniser d'ailleurs en rachetant tout ce qui est privatisé, ce qui va nous donner le contrôle économique sur ces pays. Que la Grèce, l'Espagne, le Portugal et autres affichent un chômage des jeunes qui dépasse déjà les 50% n'intéresse ni M Weidmann, ni M Sarrazin, ni ma pomme, en fait cela nous arrange, nous récupérons ainsi l'élite de ces pays, puisque nous manquons de jeunes hautement qualifiés. Quand à M Klaus Regling, qui se dit inquiet pour l'Italie, croyez moi, c'est bien le moindre des soucis des Allemands. L'Italie est destinée à faire partie du tiers monde à plus ou moins brève échéance. Les accords UE ne garantissent pas une qualité de vie similaires dans les pays de l'Union Monétaire, le fait que les pays pauvres deviennent toujours plus pauvres et les pays riches toujours plus riches le prouve. Une sorte de nécolonialisme en somme. Mais le mieux c'est que l'Allemagne peut quitter l'UE le jour ou cela ne sera plus intéressant pour nous d'en faire partie ! Personne ne peux nous en empêcher.
a écrit le 07/12/2012 à 13:25 :
Sans prendre parti pour Berlusconi qui était aussi crédible, intelligent, honnête et utile à l'Italie que Sarkozy l'était à la France, il faut retirer une chose positive de cet article : l'éventuel départ de Monti.
Car ce douteux personnage est, au même titre que l'était Papadémos en Grèce, que l'est l'actuel ministre espagnol des finances ou le nouveau directeur de la Banque d'Angleterre, une vulgaire taupe de Goldman Sachs qui - sous le fallacieux prétexte de placer des soi-disant techniciens non élus (en démocratie, vraiment ??) à la tête des états européens, - fait main basse sur l'Europe et met celle-ci à sac.
Avec leurs politiques génocidaires (oups ! Ils disent "politiques d'austérité". Quelle différence ?) soutenues par une poignée de politiciens dévoyés et d'états-voyous (Merkel en Allemagne, Sakozy en son temps en France et, aujourd'hui, Hollande dans une moindre mesure), ces corrompus à la solde de GM et de quelques financiers et spéculateurs assurent la liquidation de l'Europe (qui, en tant qu'entité, ne mérite certes pas mieux) et des états européens qui en sont les victimes (Grèce en tête). Par la même occasion, sous le prétexte d'une "crise" montée de toutes pièces pour le plus grand bénéfice de quelques-uns, ils transforment les Européens en esclaves. Il suffit de constater que plus de 7 millions d'Allemands sont contraints de travailler à temps plein pour moins de 400 euros par mois (chiffres officiels) pour s'en rendre compte. Il suffit aussi de voir dans quelle situation réelle se trouvent les Grecs qui fraudent certainement moins le fisc que les belges ou les français notamment (plus de 75 % des Grecs sont prélevés à la source pour leurs impôts et lois sociales).
Monti à la casse, c'est une chance pour l'Italie. N'en déplaise à une petite bande de gogos décérébrés, abrutis et aveuglés par une propagande droitière d'un autre âge, qui n'ont pas le courage d'oser penser par eux-mêmes, et qui subissent comme des pitoyables marionnettes sans personnalité, la dictature de la pensée unique. Ceux-là, et ceux-là seulement, méritent pleinement ce qui leur arive et ce qui les attend !
a écrit le 06/12/2012 à 21:47 :
Le génie de Goldman Sachs ne serait-il pas ausi solide que ce que dit pa pub ?
a écrit le 06/12/2012 à 20:57 :
Berlusconi a déjà fait assez de mal. Qu'il reste avec ses "copines"
a écrit le 06/12/2012 à 19:20 :
Franchement je ne sait pas...
a écrit le 06/12/2012 à 17:56 :
décidément les politiques qu'ils soient d'italie ou d'ailleurs ont des comportements incompréhensibles. Comment le PDL peut il encore soutenir berlusconi qui est l'exemple type du politicard , qui ne défend que son propre intérêt et se contre fout éperdument du sort de ses congénères.
a écrit le 06/12/2012 à 17:26 :
En faisant revenir Berlusconi au pouvoir ce monsieur en aurait fini avec ses ennuis judiciaire . Il faut que Mario monti reste sinon ce pays déclinera en emportant l'Europe avec lui. Berlusconi est un profiteur et fait passer ses affaires personnel avant tout . Et en plus c'est le patron d'endemol et des miss France .... Incroyable .
Réponse de le 06/12/2012 à 17:50 :
La voila bien, la démocratie-bazar qui est également celle que nous connaissons depuis la fin de la royauté. Une démocratie à l'américaine serait-elle la solution?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :