L'avenir politique de l'Italie suspendu à... celui de sa taxe foncière

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Silvio Berlusconi  ne fait pas partie du gouvernement Letta. Mais en conditionnant son soutien à l'abrogation d'une taxe foncière impopulaire, il peut le faire tomber à tout moment - Copyright Reuters
Silvio Berlusconi ne fait pas partie du gouvernement Letta. Mais en conditionnant son soutien à l'abrogation d'une taxe foncière impopulaire, il peut le faire tomber à tout moment - Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Silvio Berlusconi veut l'abrogation pure et simple de la nouvelle taxe foncière qui agite la péninsule depuis des mois, faute de quoi il retirera son soutien au gouvernement d'Enrico Letta. De quoi replonger le pays dans une situation de blocage politique. Mais cette suppression coûterait cher et ne fait pas partie des priorités pour le nouveau pouvoir.

IMU. Ces trois lettres conditionnent depuis des mois le paysage politique en Italie. Symbole pour les transalpins du mandat de Mario Monti, cette taxe foncière avait été mise en place alors que l'Italie cherchait à maîriser ses dépenses publiques sous l'impulsion de Bruxelles l'an dernier.

L'IMU, quasi responsable à elle seule du blocage politique

Très impopulaire, parce qu'elle fait notamment payer une franchise de 200 euros à tous les ménages propriétaires de leur logement quel qu'en soit la valeur, la taxe IMU était le socle de la campagne de Silvio Berlusconi lors des dernières élections. Principal opposant à cette taxe, le Cavaliere a pu ainsi faire son grand retour sur le devant de la scène, empêchant le centre-gauche de Pier-Luigi Bersani, donné gagnant, de l'emporter. Pendant les deux mois suivants, faute de majorité claire, l'Italie a vécu sans gouvernement.

Après de douloureuses tractations, le PDL de Silvio Berlusconi a finalement accepté de soutenir une coalition menée par Enrico Letta, le nouveau président du Conseil italien. Mais à une condition : que la fameuse taxe soit abrogée. Le chef du gouvernement s'est engagé à revoir le dispositif. Mais l'équation est extrêmement compliquée pour le chef d'un gouvernement dont l'unité repose sur des alliances fragiles.

Gagner du temps pour trouver le meilleur compromis

Pour Enrico Letta, l'heure est à gagner du temps face à son opposant conservateur. Abroger purement et simplement le dispositif coûterait la bagatelle de 23 milliards d'euros. De cela, il n'est pas question. Mais supprimer la partie ne concernant que la résidence principale, ce que réclame Silvio Berlusconi, couterait tout de même 4 milliards d'euros. Dans l'entourage du président du Conseil, on préfèrerait réaménager le dispositif afin de le rendre plus juste. Des pistes ont été évoquées pour un montant de 2 à 3 milliards d'euros.

Pour le moment, il semble que l'on se dirige vers un moratoire pour l'année en cours. Cette semaine, un décret devrait suspendre le volet résidence principale de l'IMU à partir de juin. Mais quelle que soit l'issue des tractations, il faudra mettre la main à la poche. Et il n'est même pas sûr qu'un dispositif remanié ne satisfasse le PDL du Cavaliere. Bref, Enrico Letta marche sur des oeufs.

Pas une priorité sur le plan économique

La situation est d'autant plus compliquée à gérer que les lignes de front sont nombreuses pour le nouveau gouvernement. Vendredi, PierPaolo Baretta, du ministère de l'Économie a fait état de 6 à 8 milliards d'euros à trouver pour boucler le budget de cette année. En détail, en plus du remaniement ou de la suppression de l'IMU, annuler l'augmentation de la TVA prévue en juillet pour soutenir la consommation couterait 2 milliards d'euros.

A cela s'ajoute la question cruciale de la Caisse d'intégration, le principal amortisseur social du pays. Ce dispositif, déjà à cours d'argent, permet de financer une partie du salaire en période de creux pour les entreprises : les aides n'avaient pu être distribuées par l'organisme aux entreprises bénéficiaires en octobre, novembre et décembre dernier. Faute d'un refinancement à hauteur de 1,5 milliard d'euros, les entreprises devront licencier. On parle de 700.000 chômeurs potentiels de plus dès cette année selon un scénario pessimiste.

Le spectre du blocage politique plane toujours sur l'Italie

C'est dans ce contexte de tension extrême qu'Enrico Letta a effectué une tournée européenne lors de laquelle il n'a cessé de marteler qu'il avait besoin de marges de man?uvre pour réussir sa mission de relance de l'économie italienne. En fait, il lui en faut aussi ne serait-ce que pour assurer la survie de son gouvernement. Faute de quoi, si le PDL lui retire son soutien, le pays sera à nouveau bloqué.

Le président de la République Giorgio Napolitano n'aurait alors pas d'autre choix que de dissoudre le parlement et de provoquer de nouvelles élections. Or, dans les sondages, le centre-droit de Silvio Berlusconi est en tête, Mario Monti plafonne toujours à des niveaux très bas, et le centre gauche d'Enrico Letta est en perte de vitesse. En passant pour celui qui aura refusé d'abroger l'IMU, le leader du centre-gauche s'ôterait par ailleurs toute chance de l'emporter dans un pays qui compte plus de deux tiers de propriétaires.

Bruxelles n'a pas d'autre choix que de soutenir Enrico Letta

Consciente de l'échec politique de son poulain Mario Monti et choquée par le résultat des élections de février qui ont vu, en plus du retour du Cavaliere, l'avènement du mouvement contestataire de Beppe Grillo, la Commission européenne s'est dite disposée à soutenir le retrait du pays du dispositif d'infraction pour déficits publics excessifs de l'Italie. A condition d'assurer qu'elle restera en dessous des 3% de déficits sur le long terme.

En réalité, si elle ne veut pas voir les mouvements populistes prendre de l'ampleur en Italie, elle n'a guère de choix : que le fédéraliste Enrico Letta lui présente un plan de route crédible ou pas. Tout ce que peut réclamer Bruxelles dans la situation actuelle, c'est que le chef du gouvernement poursuive les réformes structurelles entamées par Mario Monti... avec les marges de man?uvre que lui offre le contexte politique interne. C'est-à-dire très peu.

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a écrit le 07/05/2013 à 7:53 :
Le pigeon c'est celui qui paie ses impots sur les revenus (4 francais/10) et ses impots locaux et fonciers (une minorité la encore supporte la totalité de la charge)
Réponse de le 07/05/2013 à 10:55 :
1 Français sur 2 ne paie pas d'IR pour votre info , de plus les bas salaires ne rapportent rien a l'état et aux communes dans les divers prélèvements , c'est juste peanut , souvent les bas salaires sont dans des HLM , tant qu'on aura une politique basée sur la misère et les bas salaires cela ne fabriquera que des situations comme on vit en ce moment , quand on voit les tensions dans le secteur locatif , la décrépitude du secteur propriétaire c'est vrai au nom des impôts fonciers , mais tout cela est d'une certaine façon réparable , seulement certains en profitent très bien de la rente immobilière c'est plus facile que d'avoir des salariés
Réponse de le 07/05/2013 à 13:14 :
balzac, détrompez-vous, on peut vivre en HLM et disposer de hauts revenus (cf. quelques personnalités bien connues) ou à l'inverse, ne disposer d'aucun revenu et être propriétaire d'un appartement de plus de 7 millions...
a écrit le 06/05/2013 à 23:36 :
le clown c'est certains d'entre nous qui payont une taxe fonciere élevées dans du neuf ou années 70/80,quand certains payent des impots fonciers derisoires pour des maisons bourgeoises tres bien équipées de centre ville datant des années 20 !!!
il est plus que temps de remettre à plat cet impot qui devient de plus en plus injuste.
Réponse de le 07/05/2013 à 12:36 :
Normal dans ces régions comme dans d'autres la moitié ne paie pas ou peu ces impôts.
a écrit le 06/05/2013 à 19:39 :
La Belgique a montré qu'un pays pouvait très bien fonctionner deux ans sans gouvernement. Il y a toujours un gouvernement de secours à Bruxelles. Si berlu joue à pousser voir si le gouvernement tombe, il est sûr de perdre et pour l'Italie et pour son parti. C'est le bluff du politicien professionnel!
a écrit le 06/05/2013 à 19:19 :
Le clown est de retour , 23 milliards d'euro , déjà que l'Italie s'enfonce chaque jour dans la crise , que les italiens n'ont pas voulus de reformes aux dernières élections , on se dirige vers la dissolution de l'assemblée , il manque plus que l'autre clown de réserve pour clore le ridicule , pauvres italiens une 4eme république stérile , chez nous on a un démagogue qui veut une 6eme république calquée sur la république italienne on voit le résultat sous nos yeux , c'est navrant ..

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