"L'Europe peut mieux coordonner les efforts dans la lutte contre le chômage des jeunes"

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Le chômage des jeunes poursuit son ascension des plus hauts sommets. En avril, les jeunes actifs européens étaient 23,5% à être sans travail. Au point que les dirigeants européens appellent à un conseil européen sur le chômage des jeunes en juin. Mais que peut faire l'Europe ? Christine Erhel, maître de conférence à Paris 1 et chercheuse au Centre d'étude de l'emploi (CEE), fait le point.

LaTribune.fr : Existe-t-il des pays européens où le chômage des jeunes est faible ? Quelles sont les politiques efficaces ?

Christine Erhel.C'est le cas en Allemagne, qui affiche un taux de chômage des jeunes de 7,5% en avril 2013, selon les chiffres d'Eurostat. C'était le cas du Danemark, mais la crise est passée par là. En avril, le taux de chômage des jeunes y était de 12,2%, deux fois plus qu'en 2007. Au Royaume-Uni aussi, le taux était de 20,2% en février, contre 14% en 2007. La moyenne européenne est de 23,5%. Les personnes les plus touchées par le chômage sont celles qui sont peu qualifiées, qui sortent du système éducatif avec peu ou pas de diplômes.

En Allemagne, le faible taux de chômage est dû aux effets positifs de l'apprentissage, qui facilite l'insertion des jeunes dans une entreprise. Et qui apporte une expérience professionnelle. Il s'agit d'une solution qui fonctionne mais qui ne résout pas tous les problèmes. En France, cela se développe, mais il y a des jeunes qui ne trouvent pas d'entreprises où effectuer leur stage.

Il y a également une spécificité pour les pays nordiques : les écoles de la seconde chance, qui restent encore assez peu développées en France. Cela permet un véritable retour en formation pour compenser le manque de diplômes.

A peu près tous les pays européens ont des mesures spécifiques pour les jeunes, avec un mix de formations et de dispositifs qui permettent un accès à l'emploi, par des stage, l'apprentissage.

Qu'est-ce qui peut être développer en temps de crise ?

En matière de chômage des jeunes, la dimension conjoncturelle est très importante. Il augmente fortement lorsque le chômage est élevé.

En période de crise, les dispositifs comme les emplois aidés peuvent faciliter l'insertion des jeunes et réduire leur taux de chômage. Traditionnellement, la Suède a beaucoup recours à ce type de dispositifs. Il s'agit du seul levier dont on dispose vraiment en temps de crise qui ait un effet à court terme. Et qui a un effet bénéfique à plus long terme à condition que l'on mette en place des formations.

Que peut faire l'Union européenne que ne peuvent pas faire les Etats ?

 L'Union européenne peut arriver en renfort sur des dispositifs nationaux. On peut tout à fait imaginer un financement de mesures ciblées sur les jeunes chômeurs. Cela pourrait apporter plus de solidarité entre les pays européens, par un mécanisme de redistribution en interne de l'Union européenne.

L'Europe peut aussi apporter de la coordination. Cela a d'abord une dimension symbolique, mais un outil harmonisé entre les pays peut avoir une portée dans le fonctionnement des politiques de l'emploi. Cela permet d'afficher des priorités en terme de formation, pour préparer les jeunes à la reprise économique. Et cela apporte une dimension dans laquelle chaque Etat ne privilégie pas son intérêt.

Existe-t-il déjà des politiques européennes de lutte contre le chômage des jeunes?

l y a une coordination des politiques de l'emploi via la stratégie européenne pour l'emploi, depuis 1997. Cette stratégie fixe des objectifs en matière de niveau d'éducation. Ce n'est pas formulé en terme de lutte contre le chômage mais avec des objectifs de formation des jeunes peu diplômés.

Les jeunes sont plus mobiles au sein de l'Union européenne que leurs aînés - on parle beaucoup des jeunes Espagnols qui partent chercher du travail en Allemagne. Est-ce que cela ne complique pas une politique européenne?

Cela reste minoritaire. Certes, il y a des départs d'Espagne, mais cela reste un pays avec un taux de chômage des jeunes très élevé, 56,4% en avril. La mobilité ne peut pas tout résoudre, mais elle contribue à un besoin de plus de coordination en Europe. Il y a des pays avec des pertes de population active et des pays avec un afflux. En Espagne, cela va poser problème à l'avenir.

 Plusieurs dirigeants européens appellent à un conseil européen sur le chômage des jeunes en juin. Pourtant le chômage des jeunes a toujours été montré du doigt parce qu'il était plus élevé que celui de l'ensemble de la population. La volonté est-elle véritablement plus forte aujourd'hui ?

C'est une préoccupation partagée par une grande partie des pays européens. Il y a une augmentation du chômage dans la plupart des pays mais le chômage des jeunes pose des défis supplémentaires. Si cela aboutit à une génération sacrifiée, cela aura des effets plus durables sur leur trajectoire, avec un accès à un emploi stable repoussé. Et c'est à craindre en Espagne ou en Grèce (62,5% de jeunes actifs au chômage en février, ndlr). Ce n'est pas le seul problème, mais c'est un point qui concentre l'attention.

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a écrit le 12/06/2013 à 13:22 :
?UE va financer des agents pour contrer les eurosceptiques sur Internet " en vue des élections de 2014.
Le Parlement européen va débourser environ 2,5 millions d?euros environ pour lancer une armée de « trolls » sur Internet, et en particulier les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter pour lutter contre l?euroscepticisme en vue des élections de 2014, qui auront lieu entre le 5 et le 8 juin 2014.

C?est le Daily Telegraph qui a révélé l?information le 3 Février 2013. Le journal a eu accès à des documents confidentiels qui révèlent la planification d?une campagne sans précédent de réorientation de l?opinion publique, avant et pendant les élections de juin 2014.

Au c?ur de cette nouvelle stratégie : « des outils de contrôle de l?opinion publique » destinés à déterminer si certains débats de nature politique ayant lieu entre participants des médias sociaux et autres blogs sont susceptibles d?attirer l?attention médiatique et publique.

Les communicants des institutions parlementaires devront être capables de décrypter les « sujets tendances » au sein des conversations et d?y réagir rapidement, de manière ciblée et pertinente ; il s?agit pour eux de " se joindre aux conversations et de les influencer, par exemple en fournissant des faits et des chiffres déconstruisant les mythes" .

Selon le document mis à jour par le Daily Telegraph, les « trolls » européistes auront pour mission de subvertir le sentiment qu?expriment de plus en plus d?Européens, à savoir que " l?Europe est le problème", et de le retourner, de sorte que chacun en vienne à considérer que la réponse aux défis actuels est " plus d?Europe" , et non pas "moins d?Europe" .
Une attention toute particulière doit être accordée, nous dit-on, aux pays qui ont connu une montée de l?euroscepticisme. La France, qui a massivement rejeté le Traité constitutionnel européen le 29 mai 2005 (55%), devrait donc être particulièrement ciblée par cette campagne de propagande, visant à redresser les jugements inadaptés ? incorrects ? sur la construction si prometteuse de ce « premier empire non impérial » qu?est l?UE, dixit Barroso.

En pleine crise économique, et alors que l?austérité est imposée aux États, l?UE ne devrait pas rechigner sur les moyens de sa propagande, puisqu?une augmentation de près de 2 millions d?euros des dépenses en « analyse qualitative des médias » serait prévue, principalement tirée de budgets pré-existants, et plus de 900.000 euros additionnels devraient être collectés l?an prochain.

http://lejournaldusiecle.com/author/lejournaldusiecle/
a écrit le 12/06/2013 à 12:15 :
Oui l Europe est en échec, c est évident. Regardons simplement la situation de notre voisin : moitié moins de chômage et pas déficit pour plomber la société. Ils n ont pas chaque jour des fermetures de sites. C?est notre système qui déraille complètement. Et qui a envie d aller travailler jusqu à 70 ans alors que certains se payent la retraite à 55 ? La production se réduit c est un fait, les allemands l ont rétablie. On parle de crise, c est qu on fait durer inutilement les souffrances de la population. On nous annonce que nous avons une recherche qui ne produit rien, pourquoi auraient-ils ce droit là alors que les jeunes n ont pas droit au travail ? C est qu en haut lieu on fait des bétises? En Espagne ils doivent rembourser la dette à hauteur de 70 milliards en 2000 contre 170 milliards en 2010, c est une perte énorme pour leur société qui voit fermer services publics et réduire les salaires. En Grèce on apprend qu?ils ferment la tv publique? c est plutôt grave d en arriver là ! Si c est pas détruire la vie? c est un système sado-masochiste d autodestruction.
a écrit le 12/06/2013 à 11:22 :
Connaissez-vous les conséquences perverses de l'application de certains articles du Traité de Lisbonne régissant l'Union Européenne, notamment l'article 63 du Traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne concernant la lutte contre les délocalisations : article qui donne le feu vert aux entreprises européennes pour expatrier les usines dans les pays à bas coût et l'article 32 du traité pour importer sans limitation les produis à bas coûts.

Quand à l'Euro, monnaie de 20 à 25 % trop chère pour la compétitivité française il ne nous permettra pas de redonner des emplois à nos enfants, ni aux personnes de plus de 50 ans, c'est un leurre.

Il ne faut surtout pas oublier le scandale des intérêts de la dette (loi du 3 janvier 1973), un très gros pactole offert aux banques privées qui constitue essentiellement notre dette (1973 à 2010 : 1.150 milliards d'intérêts) et qui met la France en totale dépendance des marchés financiers.

Pierre Yves Rougeyron est l?auteur du livre "Enquête sur la loi du 3 janvier 1973". Ci-joint un entretien éclairant.
http://www.youtube.com/watch?v=8olA...

Tant que la France restera dans l'Europe telle qu'elle est, nous continuerons de couler, aucun programme du PS et de l'UMP ne pourront être applicables (à 80 %) en regard du Droit Européen. Les politiques ont signé tous les traités qui nous mettent en servage et bien souvent sans les avoir lus (cf. La France est-telle finie de J.P. Chevènement pages 38, 39, 40).
Pages 38, 39

Trois cents directives pour déréglementer

Le cap avait changé : on peut dire, pour résumer, que la politique mise en ?uvre par Jacques Delors, devenu président de la Commission européenne en 1984, et par son successeur au ministère de l?économie et des Finances, Pierre Bérégovoy, mit la France à l?heure du néo-libéralisme alors triomphant dans les pays anglo-saxons. Ce que Ronald Reagan faisait aux Etats-Unis et Margaret Thatcher en Grande-Bretagne - La libéralisation financière et la déréglementation des marchés des capitaux. Bérégovoy et Delors le firent en France et en Europe en vertu de «l?Acte unique», avec le soutien mais aussi sous la pression de Thatcher et d?Helmut Kohl. etc ....

"On présenta aux députés français, comme une simple application du traité de Rome, le principe de la concurrence qui devint tout autre chose dès lors que la Commission européenne s?en empara pour l?appliquer en tous domaines moyennant le renfort de la Cour de justice des communautés européennes (CJCE) avec un dogmatisme digne de l?inquisition espagnole. La mystification était complète et elle opère encore aujourd?hui sur beaucoup de bons camarades qui semblent n?y avoir vu que du feu !
a écrit le 12/06/2013 à 11:19 :
Antoine Peillon est l'invité de la matinale de France Inter, Journaliste, il est l'auteur de "Ces 600 milliards qui manquent à la France". (Editions du Seuil) Retrouvez tous les invités du 7/9.

10 minutes très éclairantes, les hauts fonctionnaires placés à des postes clefs par les partis politiques font tout pour que rien ne change,

http://www.dailymotion.com/fr/mychannel/francemusique/1#video=xyricd
a écrit le 12/06/2013 à 9:46 :
Tout est fait pour augmenter la mobilité des jeunes, on pourrai dire le nomadisme des jeunes dans la création dogmatique d'une "Europe"!
Le but n'est pas de les stabiliser ce qui ralentirai la dégradation des États mais au contraire de compliquer la tache des dit Etats dans la gestion de sa population!
a écrit le 12/06/2013 à 9:19 :
C'est facile de parler le problème depuis Bruxelles. Tant que la contribution de chaque l'Etat membre ne baisse pas 50% on ne vois pas la lumière au bout du tunnel.
a écrit le 12/06/2013 à 8:31 :
Les pays qui sont à la traine, n'ont qu'à s'inspirer de ceux ou il n'y a pas beaucoup de chômage des jeunes; Allemagne, suisse, Autriche etc. Ce n'est pourtant pas compliqué, même pour un gouvernement socialiste, mais il faut se remettre en question et c'est là où il y a un problème.
Réponse de le 12/06/2013 à 11:31 :
Connaissez-vous les conséquences perverses de l'application de certains articles du Traité de Lisbonne régissant l'Union Européenne, notamment l'article 63 du Traité sur le fonctionnement de l'Union Européenne concernant la lutte contre les délocalisations : article qui donne le feu vert aux entreprises européennes pour expatrier les usines dans les pays à bas coût et l'article 32 du traité pour importer sans limitation les produis à bas coûts.
Savez -vous que l'Euro, est de 20 à 25 % trop chère pour la compétitivité française, sans oublier le scandale des intérêts de la dette, un très gros pactole offert aux banques privées qui constitue essentiellement notre dette et qui met la France en totale dépendance des marchés financiers.

Pierre Yves Rougeyron est l?auteur du livre "Enquête sur la loi du 3 janvier 1973"
Au nom de la loi je vous endette
http://www.dailymotion.com/video/xzl090_au-nom-de-la-loi-je-vous-endette-enquete-sur-la-loi-du-3-janvier-1973_news#.UbdBZb5OK9I



Excellent cours de géopolitique et de science politique retraçant la période de 1945 à nos jours, parfaitement argumenté, daté et référencé.
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/pourquoi-leurope-est-elle-comme-elle-est
a écrit le 12/06/2013 à 8:07 :
coordination de l'Europe contre le chômage des jeunes, laissez-moi rire
a écrit le 12/06/2013 à 7:52 :
Pipeau habituel... Je cite de mémoire (j'avoue ne pas être allé plus loin): le chômage des jeunes est plus fort en temps de crise, mais si on aide leur embauche, ça s'améliore. Mais pour que cette amélioration ne soit pas un feu de paille, alors ensuite il faut les former... Mais qui sont ces gens? Ils vivent où? Dans quel monde? Si les jeunes sont sur le marché de l'emploi, ce serait bien qu'ils aient une formation, non? Qu'on s'occupe donc de faire de sorte que ce soit le cas, plutôt que de leur farcir la tête avec des théories sociétales fumeuses.
a écrit le 12/06/2013 à 6:18 :
Pour la nouvelle génération c'est bonjour tristesse. Aucune perspective, aucun avenir. Chômage, emplois précaires, déprimes et suicides sont devenus le lot quotidien de ceux qui ont vingt ans aujourd'hui. C'est bien cela l'horreur économique avec ses conséquences désastreuses.
a écrit le 11/06/2013 à 23:41 :
Ecraser l?humanité, je ne suis pas sûr que ça soit le but de la société. On pourrait faire de la croissance ou bien céder la place. Ou peut être aider les gens à trouver un emploi adéquat. Se développe la pauvreté et le chômage.
a écrit le 11/06/2013 à 21:56 :
Il faut arrêter de déglinguer la vie des gens pour le plaisir ! D?un côté on bousille l?industrie, par exemple -50% d?automobiles produites en une poignée d?années, on rend la vie chère et on fait une génération de martyres et on supprime l?emploi public. Il faut manifester.
Réponse de le 12/06/2013 à 9:04 :
Il faut surtout arrêter de voir le monde d'une manière aussi simpliste. Le niveau de production d'une usine ne se décrète pas ! Et ça n'est certainement pas en créant de l'emploi public que l'on va résoudre le problème. En France la charge du public qui englouti chaque année 57% du PIB est l'une des causes principales de l'atonie du privée et de la faiblesse des embauches. Manifestons surtout pour arrêter les solutions faussement faciles. C'est ce que font les français depuis 30 ans avec les résultats que l'on connaît.
a écrit le 11/06/2013 à 21:44 :
Prenez les témoignages sur internet, vous verrez, c?est édifiant. Après les études à l?université ou en école, on pôme les gens dans l?administration. On va même financer des formations bidons mais on n?aide pas les gens à trouver du travail. Il existe des formations qui ne mènent à aucun emploi. Et d?autres pour la recherche mais on n?ouvre pas de postes. On se demande bien pourquoi. Cela fait des chômeurs à vie d?un côté et de l?autre des fonctionnaires à la sécurité d?emploi.
a écrit le 11/06/2013 à 20:42 :
Il n'y a plus te travail.
Les jeunes ne veulent pas se lever avant 10h du matin.
Où est l'avenir de l'Europe, mais surtout de la France, qui, avec son assistanat, rend les jeunes, paresseux et exigeants des aides sociales en tout genre?
Réponse de le 12/06/2013 à 12:18 :
@emi
26 ans c'est vieux ? Levé 6h pour prendre le train à 7h10 pour arriver au boulot à 8h30 c'est quoi ? (Je fais 220km AR/jour)
Et je ne suis pas le seul !

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