Le niveau des prix en Allemagne, secret de sa compétitivité

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Selon Eurostat, les prix allemands sont inférieurs en moyenne de 1,3 % à ceux de la zone euro. Ils étaient en 2001 supérieurs de 6,6 % à cette même moyenne...

Beaucoup d?hypothèses circulent sur la force de la compétitivité allemande. Eurostat vient de donner la sienne grâce à une statistique en apparence anodine : le niveau des prix. Le prix moyen d?un panier moyen de produits comparables en Allemagne se situe légèrement (1,8 %) au-dessus de la moyenne de l?Union européenne à 27. L?Allemagne apparaît comme un pays particulièrement bon marché au regard de sa richesse par habitant. Toujours selon Eurostat, en effet, le PIB par habitant allemand se situe, lui, 21 % au-dessus de la moyenne européenne.

De la Slovaquie à la Finlande

Mais les résultats au niveau de la zone euro sont particulièrement intéressants. En 2012, le niveau des prix allemands étaient inférieurs de 1,3 % à la moyenne des 17 pays partageant la monnaie commune. Huit pays de l?UEM affichaient des prix supérieurs. La Finlande affiche le niveau de prix le plus élevé des 17 avec un niveau de prix supérieur de 20,3 %, suivie du Luxembourg (18,1 % plus cher que la moyenne) et de l?Irlande (11,5 % de plus que la moyenne). La France, où les prix sont supérieurs de 5,8 % à la moyenne de la zone euro, arrive en cinquième position. La Slovaquie, Malte et l?Estonie sont les pays les meilleur marché de la zone euro. Entre la Slovaquie et la Finlande, la différence du niveau des prix atteint 73,4 %. !

Fondements de la compétitivité allemande

Ce niveau des prix en Allemagne ne signifie pas seulement que le touriste allemand a un plus fort pouvoir d?achat lorsqu?il se rend ailleurs dans la zone euro, comme le soulignent ce lundi matin la presse allemande (la Süddesutsche Zeitung notamment). Il signifie aussi que les salaires allemands peuvent se permettre d?être plus faibles outre-Rhin (ce qui entretient ce faible niveau des prix) et que les marchés domestiques allemands sont protégés des nouveaux entrants par des niveaux de marge faibles.

On ne s?en étonnera pas lorsque si l'on rappelle le nombre des grands groupes étrangers qui ont échoué sur le marché allemand : Walmart, Gap ou encore Citigroup. Reste que ces deux éléments sont déterminants pour assurer la compétitivité des entreprises d?outre-Rhin à l?export.

L?Allemagne, plus forte baisse depuis 2001

Ceci est d?autant plus vrai que le phénomène s?est renforcé au cours des dix dernières années. En reprenant les données d?Eurostat, on constate ainsi que le niveau de prix a baissé en Allemagne entre 2001 et 2012 de 4,86 %. C?est la plus forte baisse de l?Union économique et monétaire. Parallèlement, ce même niveau des prix a progressé de 2,69 % dans la zone euro. Les baisses enregistrées en Irlande (3,69 %) et à Chypre (1,12 %) sont inférieures et ce sont là les trois seuls pays à avoir connu, en onze ans, des baisses du niveau moyen des prix.

Ailleurs, dans la zone euro, les prix ont augmenté, en moyenne de 2,7 %. En France, ils ont progressé de 4,8 %. Ce qui signifie qu?un Français peut acheter avec un euro gagné voici onze ans 10,7 centimes de moins de marchandises qu?un Allemand. Pour un Grec, la différence atteint 17,7 centimes. On comprend que les uns ont pris l?habitude de réclamer des salaires plus élevés. La différence de compétitivité s?explique aussi dans ce fait.

Baisse récente en Grèce, mais pas suffisante

La conséquence de cette différence est simple : pour rétablir l?équilibre, il faut soir que les prix allemands remontent, soit que les prix des autres pays de la zone euro reculent. Le choix des Européens depuis 2010 s'est porté la seconde proposition. Pour faire pression sur les prix, il n?existe pas de recettes miracle : il faut comprimer les salaires et la demande intérieure. C?est ce qui a été fait dans des pays comme la Grèce où le niveau moyen des prix a reculé entre 2010 et 2012 de 2,9 %.

L?ennui, c?est que l?Allemagne n?a pas, parallèlement, ralenti le rythme. Sur la même période, le niveau des prix allemands a ainsi chuté de 2,4 %, ce qui a ruiné une grande partie des efforts grecs. Voilà qui relativise la potentielle reprise de la consommation allemande. Cette dernière s?est effectuée à des prix toujours plus faible, protégeant ainsi la compétitivité allemande.
 

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a écrit le 25/06/2013 à 11:44 :
je connais pas mal le Rheinland et le Saarland. Pour moi, la raison des prix bas en grande distribution est:

a. le foncier est moins cher en RFA, or c'est une composante majeure du cout d'une grande surface. En effet, malgré une densité supérieure, les prix immobiliers sont plus bas en Allemagne car jamais l'Etat n'a voulu stimuler le surendettement des ménages comme on l'a fait en France.

b. Les salaires de cette branche sont moins chers, ce qui est lié à l'absence de SMIG interprofessionnel en RFA à la différence de la France : les négociations sur les salaires minimums sont faits branche par branche. Il est normal que des branches à plus faibles valeur ajoutée aient des SMIG différents d'autres branches. De plus, l'apprentissage fort développé dans la Distribution permet à plein de jeunes de 16 ans de travailler à mi temps en rayon, pour apprendre le vrai commerce, et ca coute moins cher à l'employeur tout en permettant à des jeunes d'accéder ensuite à des vrais métiers. En France, des centaines de milliers de postes restent non pourvus dans la distribution.

c. les grandes marques nationales sont beaucoup plus faibles en RFA. Dans la plupart des rayons, notamment alimentaires frais, traiteur, laitages, conserves etc vous trouverez des marques leader au niveau du Land en question, voire de quelques Länders, mais pas de taille nationale et n'appartenant en tous cas pas à des groupes agro-alimentaires de taille mondiale comme Unilever, Nestlé ou autre. Ces grosses PME alimentaires sont locales car elles sont souvent propriété de familles fondatrices associées à des banques des Läander (c'est le fameux capitalisme rhénan). Or en France, la plupart des grandes marques nationales appartiennent à des groupes côtés souvent anglosaxons qui exigent une forte rentabilité pour leurs actionnaires, dépensent énormément en marketing et ont des coûts de structure importants. Résultats : les prix sont plus bas en Allemagne.

d. enfin, la distribution est beaucoup moins concentrée en RFA qu'en France ce qui stimule la concurrence.
a écrit le 25/06/2013 à 10:14 :
eh oui, avoir choisit une politique de l immobilier cher en france ou en espagne etait pas une bonne idee. pour payer 1000 ? de loyer, il faut en gagner au moins 2000. fatalement, ca pese sur le prix de revient

Mais comme l immobilier cher a favorise la clientele de l UMP (ie les vieux) il faut pas le dire trop fort
a écrit le 25/06/2013 à 8:59 :
La baisse impressionnante de la population active en Allemagne, qui va lui poser un gros problème sur le long terme, explique la baisse des prix, et notamment des prix de l'immobilier allemand.
Réponse de le 23/08/2013 à 15:07 :
@ Sant: la polulation active allemande augmente. Certes la population vieillie, mais il y a en Allemagne de plus en plus de personnes agées qui sont actives. Parallelement, l'imigration augmente. Il est faux de croire qu'une bonne démographie est toujours positive pour l'économie. Dans le cas de l'Allemagne qui a un taux de chomage qui diminue et qui a reppoussé l'age de la retraite à 67 ans pour réduire le poids des retraites, le vieillissement de la polulation ne pose pas de problème économique. Le viellissement de la population pose en Allemagne seulement un problème au niveau de la sécurité sanitaire des personnes agées et de la gestion des soins à domicile. Mais cela est un autre problème. Associée à un chomage élevé, une forte démographie à une influence négative pour un pays comme la France qui payent un prix social fort (alloc, éducation) pour ses jeunes mais ne peut leurs offrir des débouchés. Une forte démographie associé à un haut taux de chomage élevé est l'une des principales sources de problèmes sociaux et de crise sociale en France. La clé c'est de réduire le chomage en priorité.
a écrit le 25/06/2013 à 8:51 :
malgré les mauvaises langues ci-bas,il y a des centaines des milliers des français,suisses,autri-
chiens,hollandais qui jour par jour vont à faire les courses en Allemagne..
Nier la réalités c'est de la stupidité.
a écrit le 25/06/2013 à 8:32 :
Il y a 20 ans les habitants du pays de Bade venaient faire les courses en Alsace, maintenant c'est l'inverse. Peut-être que les intermédiaires qui s'en mettent plein les poches sont moins puissants de l'autre coté du Rhin d'un coté, mais d'un autre coté quand on emploie des ouvriers bulgares à moins de 400?/mois pour l'élevage de porcs, il est difficile pour les bretons de faire mieux à moins d'employer des clandos payés au lance-pierre.
a écrit le 25/06/2013 à 8:06 :
La compétitivité est liée au rapport entre le cout du travail et le prix de l'énergie.Que faut-il faire pour que nos économistes lisent et comprennent la note n°6 du CAE?Dans les prix,il y a les charges liées aux salaires.Réfléchissez un peu!Rien ne sert d'être les champions dans ce domaine.
a écrit le 25/06/2013 à 7:24 :
C'est bien clair qu'il vaudrait mieux se poser la question pourquoi cela va si mal en France on ne fait rien que de se taper sur la figure, une société du Moyen Âge on se pose encore la question de savoir s'il faut un mariage gay ou pas gay alors que chez les Allemands société protestante est beaucoup plus avancée, le conservatisme forcenée agraire du catholicisme gallican a rendu la société française sclérosée à la française qui s'est concentrée sur la demande sur l'assistanat social on en voit le résultat, la gauche comme la droite dans le même titanic.
a écrit le 24/06/2013 à 23:07 :
Les produits alimentaires et beaucoup d'autres ont toujours été moins élevés chez notre voisin que chez nous... du litre de lait frais @ moins de 75 cents , la plaquette de beurre 1er prix à 99 cents, les laitages, fromages etc...presque tout est moins cher. Je ne parle même pas des autres produits de grande consommation...
Que la différence atteint 2, 3 ou 4% n'est pas très grave, il en est de même aux USA, la force de notre amie c'est son industrie avec des marques mondiales et des exportations à faire pâlir tous les autres européens.... les seuls a avoir une balance + sont d'ailleurs les NL juste après ....
a écrit le 24/06/2013 à 19:45 :
Il n'y a pas de miracle, ces dix dernières années les salaires allemands ont baissé de 7% et forcément les prix ont suivi, mais seulement de 4.9%. Je ne vois pas l'intérêt de ce type de compétition au paupérisme à l'intérieur de l'espace européen, qui ne profite qu'à une minorité de plus en plus restreinte d'allemands riches, car en Allemagne comme ailleurs, la classe moyenne a été décimée.
Réponse de le 23/08/2013 à 15:34 :
@JM57: D'ou tenez vous ces chiffres? L'Allemagne n'a jamais "baissé ses salaires".
Grace à un meilleur climat social et une meilleure gestion du personnel, les entreprises allemandes ont su freiner les hausses de salaires par rapport à la France. Mais en gros les salaires bruts ont fortement augmenté alors que les salaires nets ont plutot stagné mais cela est du à une forte pression fiscale sur le revenu: http://de.wikipedia.org/wiki/Datei:Lohnentwicklung.PNG
Le pouvoir d'achat a fortement souffert de la politique fiscale en Allemagne, c'est une réalité. Cependant, grace à une bonne santé du marché de l'emploi, on peut s'attendre a un nouveau réajustement des salaires bruts vers le haut. Il faut espérer que le CDU décide de baisser les impots sur le revenus qui sont actuellement insoutenables.
a écrit le 24/06/2013 à 18:45 :
Bonjour, ils est claire que cher nous ils y a trop de charge (ou vas tout cette argents ?), car les salaires ne sont pas élevé.... Par compte en Allemagne tout les produits de base sont allemand, très compétitive en qualité et sur les prix..... Il y a quelque différence le prix de la viande de b?ufs est plus chère, tout comme l'électricité? Mais bon le paginer de la ménagère est 30% moins onéreux?. Mais bon en Allemagne, les chômeurs doivent vitre retrouver un travail, il y a mois d?aide sociale, mais le docteur ne coute que 10 euros tout les 3 mois, moins d?étranger, moins de femme seul avec enfants aussi?. Enfin s?est un autre pays?
a écrit le 24/06/2013 à 18:31 :
à... quel prix...... ?.. pour une partie de plus en plus grande de la population allemande....il n'y a pas de salaire minimum... en allemagne.....

le résultat, c'est qu'il y a de plus en plus de pauvres.... et que cette "compétition" se fait au prix de l'affaiblissement des ses voisins..... pas certain qu'à terme, cela soit si profitable que cela à l'allemagne..... d'autre part, on a littéralement industrialisé la production animale...avec des salaires à raz des paquerettes.... sans parler de certaine filières agricole ou les salaires sont de 4 à 6 euros de l'heure.....dit autrement, on fabrique une partie de la compétitivité en produisant des pauvres......
ce qui n'empêche en rien de se poser les bonne questions nous concernant.... mais les prix soit disant "bas" dans notre grande distribution.... ne sont pas si bas que cela, tout en empêchant les producteur de vivre correctement....
a écrit le 24/06/2013 à 17:57 :
Bel exemple de désinflation compétitive. Mais allez expliquer cela en France...
Comment baisser le coût salarial avec le niveau de prélèvement actuel sur le travail salarié (pour payer la dette et le social de tous), et le coût du logement (charges, loyers, prix de l'immobilier).
Le "modèle" français fonce dans le mur.

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