Matteo Renzi, nouveau Tony Blair de la gauche italienne ?

Les proches du parti italien de centre-gauche, le Parti démocrate, pourraient élire le maire de Florence à la tête de leur parti ce dimanche.
Maire de Florence, Matteo Renzi est en passe de prendre la tête du Parti démocrate.
Maire de Florence, Matteo Renzi est en passe de prendre la tête du Parti démocrate. (Crédits : Reuters)

Les sympathisants du parti de centre-gauche italien, le Parti démocrate (PD) sont invités ce dimanche à élire dans le cadre d'une primaire leur nouveau leader. Le maire de Florence Matteo Renzi, candidat malheureux l'an passé à la direction de la campagne législative, est donné grand favori.

La force de Matteo Renzi : sa personnalité

Ce jeune loup du parti, âgé de 38 ans, s'appuie surtout sur des qualités de communication. Tribun apprécié, gendre idéal, il insiste sur sa jeunesse et sa supposée indépendance vis-à-vis des caciques du parti, qui sont souvent d'anciens piliers des deux grands partis dont le PD est l'héritier, le Parti Communiste italien (PCI) et la Démocratie chrétienne (DC).

Matteo Renzi soigne son image de leader « à l'américaine » en n'hésitant pas à se promener en bras de chemise comme Barack Obama ou en veste en cuir comme un rocker des années 1960. Ses petites pointes d'humour, sa franchise séduisent les foules. Son idole, son modèle, c'est le Tony Blair de la fin des années 1990 et sa refondation du parti travailliste en « New Labour », plus réformiste.

Positions floues

Mais très concrètement, les positions politiques de Matteo Renzi sont assez floues. Fils d'un élu démocrate-chrétien, un temps collaborateur d'un proche de Silvio Berlusconi, il fut jadis auteur d'un ouvrage titré : « De De Gasperi (le fondateur de la DC) à U2. » Il demande aujourd'hui « moins de dépenses publiques » et « moins de bureaucratie », mais reste suffisamment imprécis pour plaire à droite et à gauche. C'est, du reste, ce sur quoi il espère prospérer : être suffisamment consensuel pour rallier une partie de l'électorat du centre-droit au PD.

Popularité

Et ça marche : dans un paysage politique italien bien terne, ronronnant autour des mêmes figures depuis 20 ans, incapable de se montrer proche des préoccupations des Italiens, Matteo Renzi séduit les foules. Il est actuellement le deuxième homme le plus populaire du pays après le vieux président Giorgio Napolitano qui comme lui fut en son temps, dans les années 1970 et 1980, le chef de l'aile droite du PCI.

Pas de révolution idéologique

Matteo Renzi parviendra-t-il à redresser un PD fragilisé par la très mauvaise campagne de Pier Luigi Bersani, apparatchik du parti, qui l'avait battu aux primaires de 2012, mais qui n'a pas réussi à donner au parti la majorité absolue lors du scrutin de février dernier ? Peut-être. Mais il convient de remarquer que le PD a déjà réalisé depuis longtemps son aggiornamento politique. C'est un parti beaucoup plus centriste que le PS français ou le PSOE espagnol et qui a depuis longtemps intégré les centristes démocrates-chrétiens. Matteo Renzi pourrait donc ne pas apporter grand-chose sur le plan idéologique. Mais il apportera sa popularité et sa personnalité, ce qui, en Italie comme ailleurs, peut faire bouger les lignes.

 

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Commentaire 1
à écrit le 08/12/2013 à 17:28
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La marche sur Rome des jeunes au chômage, 50% ? On nous sort du Vafanculo, du je suis rital et je le reste, gigi et autres guignoleries, elle est où la dolce vita ? On nous sert des coucarachas, ou bien de bons crétins, mauvais chrétiens, qui rendent...

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