Les prêts interbancaires ont chuté de 31% en zone euro

 |   |  520  mots
La Française Danièle Nouy placée à la tête du superviseur bancaire européen aura la lourde tâche de ramener la confiance entre les banques des divers pays de la zone euro. Mais sans mécanisme de résolution bancaire, la mission paraît plus que complexe. (Photo : Reuters)
La Française Danièle Nouy placée à la tête du superviseur bancaire européen aura la lourde tâche de ramener la confiance entre les banques des divers pays de la zone euro. Mais sans mécanisme de résolution bancaire, la mission paraît plus que complexe. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Les prêts entre les banques de la zone euro ont chuté de 31% depuis 2008, signe que la confiance fait terriblement défaut. Les yeux sont désormais rivés sur l'Union bancaire, censée régler le problème.

Décidément, ramener la confiance entre les banques de la zone euro est un enjeu de taille. Car, le repli national dans le secteur est le principal marqueur de l'après crise, à en croire les chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI) rendus publics dimanche.

La confiance fait défaut en zone euro

"Cette contraction est imputable, pour les deux-tiers, aux banques dont le siège se trouve dans la zone euro", a indiqué la BRI dans son communiqué.

Et pour cause, si le mouvement est global, c'est bien la zone euro, en plus du Royaume-Uni, qui tire tout le monde vers le bas. Les prêts transfrontaliers entre banques, qui prennent également en compte les prêts entre banques du même groupe, y ont baissé de 31% depuis 2008, année de la chute de Lehman Brothers qui a provoqué le choc financier le plus important depuis le krach de 1929. Par comparaison, aux États-Unis, d'où est parti la crise financière en 2008, les prêts interbancaires "cross border" n'ont diminué que de 16%.

L'Allemagne au dessus de la mêlée

Cette chute des prêts interbancaires transfrontaliers est le symptôme d'une très importante fragmentation du crédit en zone euro depuis la crise des dettes souveraines débutée en 2011 et les failles importantes qui ont failli emporter le système bancaire espagnol en 2012. Pour preuve, la contraction des prêts interbancaires n'a pas frappé l'Allemagne, alors que les pays d'Europe du Sud et l'Irlande en portent tous les stigmates.

C'est à bout de cette fragmentation du crédit que les autorités européennes entendent venir avec le projet d'Union bancaire. Un premier pilier sera pleinement opérationnel en novembre prochain avec la mise en place d'une supervision unique gérée par la Banque centrale européenne avec à sa tête la Française Danièle Nouy.

Mais le mécanisme est déjà critiqué car il ne surveille que les banques les plus importantes en laissant de côté les petites banques qui détiennent pourtant un grand nombre de créances douteuses. Quant au mécanisme de résolution bancaire, c'est à dire celui qui permet de renflouer les banques pour éviter les chocs systémiques, il peine à se dessiner.

>> Lire "Certaines banques européennes n'ont pas d'avenir" (Danièle Nouy)

Rien n'est encore réglé

Malgré une conjoncture globale moins sombre ces derniers mois, le mouvement de chute des prêts interbancaires transfrontaliers se poursuit dans le monde. Les emprunts dans les économies avancées ont reculé de 2,6% entre fin juin et fin septembre, enregistrant leur plus fort déclin en près de deux ans, bien que le Japon ait constitué une exception notable, avec une hausse de 10%.

Mais, comme le note l'institution de Bâle, en Suisse, la diminution de l'activité interbancaire transnationale est toujours plus prononcée, sur la même période, lorsque l'une des parties au moins se situe en zone euro (-4,2%) et au Royaume-Uni (-7,8%). Signe que le problème européen persiste.

>> Lire La zone euro à l'heure du crash test

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 10/03/2014 à 19:58 :
Pourtant le temps des crédits est inchangé. La baisse des taux vient aussi du fait de l'assurance. Avant le prêteur était l'assureur alors que maintenant...
a écrit le 10/03/2014 à 18:15 :
Pourquoi prendre le risque de prêter aux grecs quand la BCE imprime des milliards aux frais des français? Pas folle la guêpe!
a écrit le 10/03/2014 à 13:28 :
Cela reflète l'état de confiance entre les banques, ca en dit long sur l'estime qu'elles ont d'elle même.
Réponse de le 10/03/2014 à 21:54 :
Effectivement, et ça dure depuis 6 à 7 ans, les torrents de liquidités des instituts d'émission approvisionnant le besoin de contreparties. Le public ignore la montagne de véhicules"
douteux ou virtuels qui se retrouvent dans les fonds qu'on lui fourgue.
Réponse de le 11/03/2014 à 8:42 :
La finance est un monde de voyoucratie et de corruption, dans lequel les politicards se complaisent tels des yennes pour ramasser et se délecter des énormes débordures que leurs laissent ramasser les banquiers corrupteurs.
a écrit le 10/03/2014 à 13:25 :
J'avais dit que 2014 ne serait pas bon. Il est pas bon. Allez , encore 4 ans !!!
a écrit le 10/03/2014 à 12:47 :
les etats unis vivent au dessus de nos moyens ,ils impriment du pk et nous le payons au prix de l or ...
a écrit le 10/03/2014 à 12:10 :
FAUX, archi FAUX, ce sont les États qui ont vécu bien au dessus de leurs moyens en empruntant à tour de bras pendant 30 ans, sans but d'efficience. Le réveil est brutal, très brutal ! Merci aux politiques pour leurs bêtises non assumées (coupables mais non responsables)
a écrit le 10/03/2014 à 11:26 :
Actuellement faut juger des politiques des banquiers les mettres en prisons pour avoir volontairement mis les pays l' Europe en banque route ,

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :