L'Allemagne lèverait-elle le pied sur les énergies renouvelables ?

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Les énergies vertes représentent 25% de la production nationale d'électricité. Reuters
Les énergies vertes représentent 25% de la production nationale d'électricité. Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le gouvernement allemand a adopté mardi une réforme pour réduire les coûts de l'électricité mais qui aura pour effet de ralentir le développement des énergies renouvelables.

L'Allemagne serait-elle en train de revenir sur ses "bonnes" résolutions en matière de transition énergétique ? L'argument du coût semble en tout cas avoir pris le dessus sur celui de l'environnement. 

Limiter la production de l'éolien terrestre et de l'énergie photovoltaïque

La réforme de la loi sur les énergies renouvelables adoptée ce mardi par le gouvernement d'Angela Merkel prévoit de limiter l'expansion des énergies éolienne et photovoltaïque : les capacités de production de l'éolien terrestre et de l'énergie photovoltaïque ne pourront augmenter de plus de 2,5 gigawatts par an, et celles de l'éolien en mer seront limitées à +6,5 GW jusqu'en 2020.

Les industriels auront à payer plus pour l'énergie qu'ils consomment mais ils conserveront une bonne partie des avantages qu'ils estiment indispensables pour rester compétitifs. Les ménages devraient de leur côté voir leurs factures d'électricité, parmi les plus élevées d'Europe, augmenter moins fortement.

Ménager les industriels, grands consommateurs d'électricité

Le projet de réforme sonne comme une victoire pour Sigmar Gabriel, le ministre de l'Economie et de l'Energie qui avait pour délicate mission de préserver la croissance du secteur des énergies renouvelables tout en ménageant les industriels, gros consommateurs d'électricité.

Il lui fallait également tenir compte des intérêts de la Commission européenne et des 16 Länder allemands, qui ont des stratégies divergentes en matière de politique énergétique.

Le groupe environnemental Bund a quant à lui critiqué la réforme en dénonçant

"un cadeau aux entreprises aux dépens des citoyens ordinaires."

La transition énergétique menacée par la hausse du coût des subventions

Pour compenser l'élimination programmée du nucléaire en 2022, le gouvernement prévoit de porter la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité à 40-45% d'ici 2025, puis à 55-60% à l'horizon 2035.

La chancelière Angela Merkel a fait de la transition énergétique une de ses priorités après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011 mais elle est aujourd'hui menacée par la forte hausse du coût des subventions accordées par les pouvoirs publics - et supportées pour l'essentiel par les ménages sur leurs factures d'électricité.

La ruée sur les énergies vertes a en outre provoqué une offre excédentaire sur le marché de gros de l'électricité, au détriment de la rentabilité des centrales à gaz et à charbon.

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a écrit le 09/04/2014 à 10:43 :
l'heure de vérité arrive , les allemands ne tolèrent plus de payer si cher une électricité verte et subventionnée sur la consommation électrique , de plus le solaire représente que 4% contre plus de 25 % pour la lignite donc en ce moment c'est la ruée ainsi que le charbon , les allemands sont réticents a payer l'adaptation de leurs réseaux électriques aux normes vertes , les français eux sont encore dans l'utopie complete et l'adaptation des réseaux n'est pas possible sauf a un cout faramineux meme edf le sait bien ..et en allemagne il y'a 4 équivalents a edf ce qui explique que nul ne veut payer la facture ni les entreprises ni les particuliers .. un bel article qui dit la vérité sur l'écologie démagogique
a écrit le 09/04/2014 à 10:07 :
La situation est contrastée entre la France et l'Allemagne: l'une a choisi de dépendre de l'uranium(aujourd'hui importée à 100%) ,la seconde dépendre de la lignite dont la nature l'a richement dotée .Le résultat actuel est que les coûts de production Français croissent inévitablement liés au vieillissement de nos 58 réacteurs et à la mise au norme de sécurité mais les factures restent modérées pour les consommateurs .Quant aux Allemands ,d'autres choix technologiques ont été faits avec pour corolaire des dépenses d'investissement moindres mais des factures alourdies pour les consommateurs. Mais il convient de prendre en compte également le déficit de notre balance commerciale où les produits énergétiques pèsent 80% de la facture ! Dans les ENr il ne faut pas oublier qu'en dehors des émissions de CO2 faibles et des coûts d'exploitation réduits , il y a la préservation du poste balance commerciale contrairement aux produits fossiles importés !
a écrit le 08/04/2014 à 23:00 :
La France a toujours eu une guerre de retard
Aprés la loi NKM sur l'interdiction des gaz schiste ,nous en sommes avec Valls à la transition énergétique vers quoi????
On a l'avantage d'avoir une énergie moins chère ,surtout l'électricité; Gardons ,au moins ,cet avantage .
Si évolution,il doit y avoir , concertons nous entre Européens ,du moins si cette Europe foctionne un peu??
Réponse de le 09/04/2014 à 3:46 :
On ne peut pas garder cet avantage car les 52 réacteurs nucléaires ont plus de 30 ans d'âge moyen et comme la plupart ont été construits à la même période, les mêmes problèmes techniques se posent pour les sécuriser. Et comparer aux énergies renouvelables les coûts sont prohibitifs. Donc il y a lieu de concevoir un nouveau mix énergétique plus moderne à un coût raisonnable mais on évitera pas des augmentations car çà fait des décennies que l'on a pas investi dans la production et le réseau. Mais surtout on a les coûts de démantèlements des plus vieilles centrales et ceux du stockage ultra longue durée des déchets nucléaires.
a écrit le 08/04/2014 à 19:00 :
A ces niveau là ce n'est pas de l'appoint, loin de là !
a écrit le 08/04/2014 à 17:51 :
Deux extraits:

1°) L'Allemagne serait-elle en train de revenir sur ses "bonnes" résolutions en matière de transition énergétique ? L'argument du coût semble en tout cas avoir pris le dessus sur celui de l'environnement.

2°) La ruée sur les énergies vertes a en outre provoqué une offre excédentaire sur le marché de gros de l'électricité, au détriment de la rentabilité des centrales à gaz et à charbon.

Donc pour résumer, l’électricité verte est trop chère mais moins que celle produite par les centrales thermiques... Y aurait pas comme un problème dans l'argumentation ?
Réponse de le 08/04/2014 à 19:26 :
Pas de problème. La différence est la subvention.
Réponse de le 09/04/2014 à 3:38 :
Cà n'a rien à voir avec la subvention qui n'existe d'ailleurs plus sur le solaire. C'est simplement que l'excédent produit par les énergies renouvelables fait baisser le prix sur le marché spot de l'énergie, au point que les centrales à gaz et charbon ne sont plus rentables en complément des énergies renouvelables. Mais le problème est identifié et c'est un manque d'interconnexion avec les voisins comme la Grande Bretagne etc. meilleure solution économique dans un premier temps que le stockage.
Réponse de le 09/04/2014 à 3:38 :
Cà n'a rien à voir avec la subvention qui n'existe d'ailleurs plus sur le solaire. C'est simplement que l'excédent produit par les énergies renouvelables fait baisser le prix sur le marché spot de l'énergie, au point que les centrales à gaz et charbon ne sont plus rentables en complément des énergies renouvelables. Mais le problème est identifié et c'est un manque d'interconnexion avec les voisins comme la Grande Bretagne etc. meilleure solution économique dans un premier temps que le stockage.
Réponse de le 09/04/2014 à 3:39 :
Cà n'a rien à voir avec la subvention qui n'existe d'ailleurs plus sur le solaire. C'est simplement que l'excédent produit par les énergies renouvelables fait baisser le prix sur le marché spot de l'énergie, au point que les centrales à gaz et charbon ne sont plus rentables en complément des énergies renouvelables. Mais le problème est identifié et c'est un manque d'interconnexion avec les voisins comme la Grande Bretagne etc. meilleure solution économique dans un premier temps que le stockage.
Réponse de le 09/04/2014 à 3:41 :
Cà n'a rien à voir avec les subventions, qui n'existent d'ailleurs plus sur le solaire. C'est simplement que l'excédent produit par les énergies renouvelables fait baisser le prix sur le marché spot de l'énergie, au point que les centrales à gaz et charbon ne sont plus rentables en complément des énergies renouvelables. Mais le problème est identifié et c'est un manque d'interconnexion avec les voisins comme la Grande Bretagne etc. meilleure solution économique dans un premier temps que le stockage.
Réponse de le 09/04/2014 à 11:21 :
Effectivement l’argumentation peut paraitre contradictoire, mais pourtant elle est cohérente.
Le prix de l’énergie électricité « verte » allemande et les autres moyens de production ne sont pas réalisé de la même manière :
- Le prix de l’énergie « verte » est fixe, subventionné et prioritaire sur le réseau par l’état allemand
- Le prix des autres énergies est fixé par le marché (offre et demande) et +/- prioritaire

En conclusion, lorsque y a du vent et du soleil et peu de demande :
Les producteurs d’énergies vertes ont un prix déjà fixé, le réseau est inondé par leur production, cela fait tomber le prix de l’électricité (parfois en négatif).
Les producteurs d’autres énergies ne peuvent donc pas vendre leur production au prix souhaité et doivent donc stopper leurs moyens de production. Ils ne peuvent donc pas amortir le coût de l’usine.

Le prix de gros est donc artificiellement bas financé par le contribuable allemand (pourquoi pas ;-)). Le seul hic, c’est que se passera-t-il quand il n’y aura pas de vent et du soleil et que les centrales gaz, charbon, nucléaire auront toutes fermées car non rentable...
a écrit le 08/04/2014 à 17:39 :
Pas étonnant ! Ce ne peut être que de l'appoint !
Réponse de le 09/04/2014 à 3:49 :
Les énergies renouvelables couvrent de plus en plus 100% des besoins de beaucoup d'endroits au monde et bientôt pays, 95% en Islande, 52% en Suède etc. La notion d'appoint est dépassée.
Réponse de le 09/04/2014 à 10:06 :
En Islande, ils n'ont pas besoin d'éoliennes, ils ont la géothermie qui couvre la majorité de leur besoin de chauffage, quelques centrales pour l'appoint électrique. Ce n'est pas transposable partout.
Réponse de le 09/04/2014 à 10:10 :
@ Polytech Rien à voir, dans tout ces pays ce n'est ni du solaire ni de l'éolien mais de la géothermie ou de l’hydraulique énergie stockable et non intermittente
Réponse de le 09/04/2014 à 10:29 :
En France le sud et l'est est éligible à la géothermie, cette technologie est bien maitrisée maintenant. Son coût n'est pas plus élevé que les autres énergies curieux de ne pas la développer sauf à considérer que l'on à un excédent de production d'électricité.

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