Grèce : la gauche radicale en tête aux élections locales à Athènes

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La Grèce vote ce dimanche pour ses élections locales
La Grèce vote ce dimanche pour ses élections locales (Crédits : reuters.com)
Les Grecs votent ce dimanche pour leurs élections locales. Selon les premières estimations, Syriza arrive en tête à Athènes et dans l'Attique. Une défaite semble se dessiner pour le gouvernement Samaras.

Une semaine avant les élections européennes, on a voté en Grèce ce dimanche pour le premier tour des élections locales. Les électeurs helléniques sont appelés à renouveler les conseils des 325 municipalités et ceux des 13 régions. C'était un test important avant le scrutin européen et alors que la majorité du gouvernement d'Antonis Samaras est extrêmement réduite à la Vouli, le parlement grec.

Syriza en tête dans l'Attique et à Athènes

Selon les premières estimations sorties des urnes, dans la municipalité d'Athènes, le candidat de Syriza,la coalition de la gauche radicale d'Alexis Tsipras, arriverait en tête avec 20 à 24,5 % des voix, devant celui du Pasok (social-démocrate) avec 19 à 23 %. Le candidat Nouvelle démocratie (les Conservateurs d'Antonis Samaras) obtiendraient 15 à 19 % et celui d'Aube Dorée, le parti néo-nazi de 14 à 17 % ! Dans la région de l'Attique, la première du pays, là encore Syriza est en tête avec une avance encore plus large sur le Pasok : 27 à 31 % contre 20,5 à 24,5 %. ND ne pourrait prétendre qu'à 14 à 16 %. 

Dans les deux cas, on se dirige donc vers un ballotage favorable à Syriza contre le Pasok, avec une élimination du parti du premier ministre. Si la tâche au second tour de Syriza sera difficile, car elle a peu de réserve de voix, c'est déjà une défaite pour le gouvernement.

A noter en revanche qu'à Thessalonique, la deuxième ville du pays, le candidat de Syriza arrive en troisième position avec 14 à 16 % des voix, derrière ND (24-28 %) et un candidat Indépendant (36-39 %). Un autre candidat indépendant devance de vingt points celui du centre-droit dans la région de Macédoine centrale, celle de Thessalonique. Le candidat d'Antonis Samaras est devancé aussi au Pirée et à Patras, où le candidat communiste du KKE le devance de plus de sept points.

Pas de test national, mais…

Ces élections ne devront pas être totalement interprétées entièrement comme un test national dans la mesure où les grands partis traditionnels, Pasok et Nouvelle Démocratie (ND), sont plus forts dans ces scrutins qu'au niveau national. Pour autant, il faudra observer le score de ces deux partis et celui des « nouveaux venus » sur la scène politique grecque, notamment Syriza, donné vainqueur des Européennes la semaine prochaine, les néo-nazis d'Aube Dorée et le nouveau parti modéré « le fleuve » (To potami).

Le gouvernement veut-il jouer sur la faible participation ?

La participation sera également un élément important d'analyse. Syriza a accusé le gouvernement d'avoir fusionné les votes européens et locaux pour le deuxième tour afin de profiter de la faible participation de ce dernier scrutin qui mobilise moins les électeurs des partis non traditionnels. En cas de second tour Nouvelle Démocratie-Pasok, beaucoup de votants potentiels pour Syriza ou Aube Dorée pourraient ainsi ne pas se rendre aux urnes. En 2010, la participation aux élections locales étaient passées de 72 % au premier tour à 53 % au second… En tout cas, si les premiers résultats se confirment, ce calcul n'est guère bon puisque les électeurs de Syriza vont sans doute se rendre aux urnes dimanche prochain.

Un référendum sur la privatisation de l'eau à Thessalonique

L'attention se portera aussi sur Thessalonique, la deuxième ville du pays, capitale de la Macédoine. Un collectif citoyen baptisé « SOSte to nero » (sauvez l'eau) tiendra un référendum sur la privatisation de la gestion de l'eau dans l'arrondissement. Cette privatisation, pour laquelle le français Suez Environnement notamment est candidat, est exigée par la troïka, mais fait face à une vive résistance de la population.

Brimades et rejet du référendum par les autorités

Initialement, les 11 maires de l'arrondissement avaient accordé au collectif l'accès aux bureaux de vote et aux listes électorales. Mais les pressions du gouvernement qui a déclaré « illégal » ce référendum les ont contraints à revenir en arrière. Les urnes se situent donc dehors, devant les bureaux. Dimanche matin, on ne signalait aucun incident. L'agence de privatisation a déjà prévenu qu'elle ne tiendrait pas compte de ce référendum et qu'elle poursuivrait le processus de privatisation de l'entreprise de gestion d'eau de la région.

 

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Commentaires
a écrit le 20/05/2014 à 0:39 :
Ce n'est pas la Gauche radicale qui perse, c'est simplement la véritable Gauche. Espèrons qu'il en sera de même en France !
a écrit le 19/05/2014 à 10:53 :
La question n'est pas d'être "Pour" ou " Contre" la sortie de certains pays du Sud de l'Europe. La question est de savoir si le Sud de l'Europe peut garder la même monnaie que BERLIN? La question n'est pas philosophique, mais purement mathématiques. L'Islande et la Suède ont connu une grave crise économique. Ces deux pays s'en sont sortis par une dévaluations de leur monnaie nationale.
Le SUD ne peut pas sortir de la crise sans une dévaluation . Mais cette dévaluation est impossible , donc la sortie de crise également.
Le NORD peut être très content de l'euro! Si l'Allemagne revenait à sa monnaie nationale, celle-ci serait réévaluée de 40% par rapport à l'euros actuel.Imaginons une MERCEDES ou une BMW 40 % plus cher !
La moins mauvaise solution est la sortie de la zone euro de l'ancienne zone DEM (Marks allemands) et la création d'une nouvelle monnaie nordique. l'euro subsisterait pour les autres pays. Le SUD pourrait enfin dévaluer par rapport au Nord, dévaluation indispensable, en évitant l'éclatement de la zone euro avec des dévaluations compétitives des pays du SUD.
a écrit le 18/05/2014 à 22:58 :
Les grecs devraient faire un référendum national sur la question : " voulez-vous rester dans l'Euro ou non ?" ... ca permettrait en plus à chacun de constater les conséquences que cela impliqueraient... et je ne suis pas sur que les grecs seraient gagnants, mais là, ce serait à eux d'assumer !!
a écrit le 18/05/2014 à 21:13 :
La Grèce est l'unique pays de la Grande Construction Européenne des 27-28 qui n'a pas le moindre enjeu partidaire : n'importe quel parti gagne les élections, la situation restera durablement inchangée. D'une part c'est même agréable cette situation car il n'a pas besoin de frais de campagne ni des grands débats télévisés. Pas de stress non plus. C'est une situation que j'appellerais…. olympique ! il y a toute une pléthore de partis, de mouvances, de groupuscules, de mafias de tous bords et tendances, des vieux démons qui, une fois au pouvoir, vont répéter les mêmes schémas de corruption et de débauche politique qui ont amené la Grèce à son actuel état de délabrement économique et social.

D'ailleurs je suis étonné qu'il y ait encore en Grèce une "gauche radicale" car de gauche ils en ont vu de toutes les couleurs. Et le résultat a été le même : Grèce, médaille d'or de la dette publique en Europe, 318,703 milliards d’euros, soit 175,1% du PIB. Et ce n'est pas fini, hélas.
a écrit le 18/05/2014 à 18:31 :
Dans le Traité Transatlantique dont devrait s'occuper notre gouvernement la meme démocratie est a l'oeuvre et comme le dit JB38 cela va mal finir.
a écrit le 18/05/2014 à 18:19 :
"L'agence de privatisation a déjà prévenu qu'elle ne tiendrait pas compte de ce référendum et qu'elle poursuivrait le processus de privatisation de l'entreprise de gestion d'eau de la région."
A force d'aller à l'encontre des désirs et surtout du bon sens des peuples, ça va mal finir.
A force que l'Europe impose à tous les peuples, au Nord comme au Sudles mêmes normes, ça va mal finir.
Réponse de le 18/05/2014 à 23:01 :
Qu'ils fassent un référendum sur une sortie de l'Euro ... et qu'ils en assument les conséquences! On constatera grandeur nature les conséquences, et on sera fixés sur les promesses de ceux qui veulent la sortie de l'Euro de la France en promettant des lendemain qui chantent !!!
Réponse de le 19/05/2014 à 15:20 :
Vous êtes conscient de l'ineptie de comparer la Grèce à la France dans votre commentaire?
Réponse de le 20/05/2014 à 0:41 :
Ce n'est pas une ineptie c'est notre demain si rien ne change !
a écrit le 18/05/2014 à 12:46 :
Cette Europe qui entend donner des leçons de démocratie en Ukraine ou en Russie mais qui ignore le droit des peuples à s'autodéterminer. Vite, sortons de cette UERSS !

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