Jean-Baptiste de Franssu, le Français qui dirigera la "banque du Vatican"

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Agé de 51 ans, Jean-Baptiste Franssu dirigeait jusqu'à présent son cabinet de conseil en fusions-acquisitions Incipit, basé à Bruxelles. (Photo: Reuters)
Agé de 51 ans, Jean-Baptiste Franssu dirigeait jusqu'à présent son cabinet de conseil en fusions-acquisitions Incipit, basé à Bruxelles. (Photo: Reuters) (Crédits : Reuters)
Le spécialiste de la finance a été nommé mercredi à la tête de l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR), qui gère le patrimoine du Saint-Siège. Il devra assurer la mise en oeuvre de la réforme de ses statuts.

Il remplace à partir de mercredi l'industriel allemand Ernst von Freyberg, choisi par Benoît XVI juste avant sa démission. Et il a du pain sur la planche: nommé mercredi à la tête de l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR), qui gère le patrimoine du Saint-Siège, le financier français Jean-Baptiste de Franssu a pour tâche d'assurer la réforme des statuts de la "banque du Vatican", créée en 1942.

"Je vois ce rôle comme une mission"

Dans le cadre de la série de mesures annoncées par le Vatican pour "améliorer" sa gestion économique, l'institut, qui gère 18.900 comptes et 6,3 milliards d'euros d'actifs, est en effet appelé à se recentrer sur sa mission de "banque commerciale", pour consentir à l'Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa) de reprendre la main sur la gestion des investissements stratégiques. Une transformation voulue par le pape François, qui "a fait savoir que ces changements devraient être réalisés rapidement". Et un objectif que le nouveau président de l'IOR prend très au sérieux:

"C'est un honneur d'être appelé à effectuer les changements jugés aujourd'hui nécessaires pour transformer ultérieurement l'IOR en un fournisseur de services pour l'Eglise", a-t-il commenté dans un communiqué.

"Je vois ce rôle comme une mission", a-t-il ajouté sur Twitter.

Déjà engagé dans la réforme de l'économie du Vatican

Jean-Baptiste de Franssu était pressenti pour le poste. Catholique pratiquant, ce spécialiste de la finance participait depuis quelques mois en tant que membre laïc bénévole au travail du Conseil des quinze, le nouveau conseil économique chargé par le pape François de jeter les bases de la réforme financière du Vatican. Selon La Croix, qui a anticipé sa nomination quelques jours plus tôt, il aurait été initialement "repéré" par l'Espagnol Vallejo Balda, numéro deux de la préfecture pour les affaires économiques et membre de l'Opus Dei.

Agé de 51 ans, marié et père de quatre enfants, l'homme dirigeait jusqu'à présent son cabinet de conseil en fusions-acquisitions Incipit, basé à Bruxelles. Diplômé de Sup de Co Reims, il a commencé sa carrière à la Caisse des Dépôts, puis rejoint Invesco Europe, filiale européenne du groupe américain de gestion d'actifs basé au Texas. De 2009 à 2011, il a également été président de l'Efama (l'Association européenne de la gestion d'actifs) et est depuis 2012  administrateur indépendant de Carmignac Gestion.

Accompagné par son prédécesseur

Malgré son expérience dans la finance, Jean-Baptiste de Franssu ne sera toutefois pas tout seul pendant ses débuts dans sa nouvelle mission. Selon le Vatican, son prédécesseur, Ernst von Freyberg, "a accepté d'effectuer une période de transition pour permettre un passage de consignes adéquat". Assurant que son départ s'explique par la nécessité d'un poste de direction à temps plein, alors qu'il faisait la navette avec Francfort où vit sa famille, celui-ci a confirmé:

"Nous nous connaissons bien, nous avons travaillé ensemble. Je serai là pendant quelques semaines" à ses côtés.

"Continuité" dans l'oeuvre de transparence

Lors d'une conférence de presse, l'ancien et le nouveau dirigeant ont d'ailleurs souligné la "continuité" de leurs mandats, Jean-Baptiste de Franssu étant chargé de mener "la phase 2" d'une réforme déjà engagée par Ernst von Freyberg. Sous le mandat de ce dernier, les quelques 19.000 comptes initiaux de la banque, soupçonnée de participer au recyclage d'argent sale, y compris de la mafia, ont notamment été épluchés: fin juin, il n'y avait plus que 15.495 comptes à l'IOR, selon le journal allemand Die Zeit. Jean-Baptiste de Franssu a pour sa part promis que seuls "les investissements éthiques" pourront transiter par l'IOR et qu'il examinerait dans un délai de 24 mois la gestion des avoirs de la banque.

Pour autant, l'IOR n'en reste pas moins fragile. En 2013, à cause des coûts des réformes engagées mais aussi des pertes de la gestion précédente - assurée par l'Italien Ettore Gotti Tedeschi, brusquement débarqué en 2012 - , le bénéfice net de la banque s'est effondré de 96%, passant en un an de 86,6 à 2,8 millions d'euros.

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Commentaires
a écrit le 30/11/2014 à 11:54 :
Si c'est un Français, nous ne pouvons espérer que le sort du Vatican ne suivra pas ceului de la France, à savoir, la ruine... MDR.
a écrit le 10/07/2014 à 8:51 :
Les Dab au Vatican sont gérés par la Deusch Bank.

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