Sergio Mattarella, un homme "droit" élu président de l'Italie

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Sergio Mattarella (à gauche) en 2011, en compagnie de Giorgio Napolitano, à qui il succède au poste de président de la République italienne.
Sergio Mattarella (à gauche) en 2011, en compagnie de Giorgio Napolitano, à qui il succède au poste de président de la République italienne. (Crédits : Jaqen)
C'est au quatrième tour de scrutin que le juge constitutionnel Sergio Mattarella a été élu président de l'Italie par les grands électeurs italiens. Réputé pour sa droiture, l'homme politique s'est à plusieurs reprises opposé à Silvio Berlusconi, qui s'est opposé à sa candidature.

Les 1.009 grands électeurs, réunis ce samedi 31 janvier pour élire le douzième président de la République italienne, après la démission le 14 janvier de Giorgio Napolitano, sont finalement parvenus à élire un nouveau président à l'Italie. Il aura fallu un quatrième tour de scrutin où la règle de la majorité simple était exigée, tandis que les trois premiers tours où il était nécessaire d'obtenir les deux tiers des voix, n'avaient pas abouti.

Matteo Renzi, le chef du gouvernement italien, a donc réussi à imposer son candidat. Il s'agit de Sergio Mattarella, qui siège actuellement à la Cour constitutionnelle et dont le choix a été unanimement approuvé par les grands électeurs du Parti démocrate (PD) de Renzi.

Silvio Berlusconi avait appelé les élus de son parti Forza Italia à voter blanc à tous les tours de scrutin.  "C'est le candidat sur lequel nous jouons notre crédibilité", a-t-il insisté en prévenant: "Il n'y aura pas d'autre candidat du PD".

Il entre en politique après l'assassinat de son frère

Pour Matteo Renzi, cet ancien démocrate-chrétien, dont il a loué devant les grands électeurs du PD "l'éthique et la moralité", "est l'homme de la légalité". Un portrait partagé par les plus importants titres de la presse italienne qui salue vendredi son intégrité et sa droiture, soulignant par ailleurs que ces traits de personnalité marquent non seulement sa carrière mais aussi son entrée même en politique.

Aujourd'hui âgé de 73 ans, Sergio Mattarella, tout en ayant grandi dans le monde de la politique, n'en avait pas fait son premier choix. Fils de Bernardo Mattarella, un important membre de la Démocratie chrétienne (DC) sicilienne nommé plusieurs fois ministre dans les années 1950 et 1960, Sergio s'oriente initialement vers la carrière universitaire et juridique. Il devient notamment avocat et professeur de droit parlementaire à l'Université de Palerme.

Ce n'est qu'après l'assassinat en 1980 par la mafia de son frère aîné Piersanti, président de la Région de Sicile, qu'il se présente aux élections législatives. En 1983, il est ainsi élu député pour la Démocratie chrétienne. Il débute ainsi un parcours politique qui lui permettra de participer au nettoyage, commencé par son frère, de la DC de la mafia. Il sera nommé ministre plusieurs fois.

Forza Italia au PPE: un "cauchemar irrationnel"

Dès 1990, Sergio Mattarella fait connaître son côté "droit": alors qu'il est ministre de l'Enseignement, il démissionne du gouvernement pour protester contre une loi destinée à renforcer la position de magnat des médias de Silvio Berlusconi, qui aujourd'hui s'oppose à sa candidature. Plus tard, en 1999, Mattarella définira d'ailleurs l'entrée de Forza Italia dans le Parti populaire européen de "cauchemar irrationnel".

En tant que ministre de la Défense de 1999 à 2001, il suivra la participation de l'Italie à l'opération dans l'Otan au Kosovo et il sera l'auteur de l'abolition du service militaire obligatoire.

Renforcement de la stabilité politique du pays

Peu connu du grand public, Sergio Mattarella est pourtant également l'un des acteurs majeurs de la transition entre la "Première" et la "Deuxième République" dans les années 1990. Il est notamment le rapporteur de la loi (dite justement "Mattarellum") qui, en 1993, a réformé le système électoral italien en y introduisant une importante dose de majoritaire, pour donner davantage de stabilité au pays.

Il figure aussi parmi les fondateurs de la formation (le Parti populaire italien, PPI) qui remplacera en 1994 la Démocratie chrétienne, décimée par l'opération judiciaire "Mains propres" contre la corruption et le financement illicite des partis. Il l'arrimera au centre-gauche en soutenant la candidature à Premier ministre de Romano Prodi. En 2007, il participera également à la création du Parti démocrate, auquel il n'adhérera toutefois jamais.

Sorti de la vie politique en 2008, Sergio Mattarella a été nommé juge à la Cour constitutionnelle par le Parlement en 2011. Son élection à la présidence de la République avait déjà été évoquée en 2013. Il est aujourd'hui le premier président de la République italienne issu de Sicile, terre où la légalité reste justement encore une ambition.

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Commentaires
a écrit le 31/01/2015 à 19:18 :
A compter de 70 ans, on ne devrait plus être éligible à une élection quelle qu'elle soit. Mais les oligarques ne cèdent pas comme ça les leviers de commande.
Réponse de le 01/02/2015 à 10:24 :
Ah bon. Et la royauté en GB, c'est quoi Britannicus, le malnommé ? Il faut mieux choisir un autre pseudo...
a écrit le 31/01/2015 à 17:18 :
présidentielle italienne: une momie pour aller de l'avant, on y croit
Réponse de le 01/02/2015 à 4:24 :
Es-ce que vous connaissez la fonction du président en Italie ? Vous préférez le modéle du conseil constitutionnel francais... avec ses pépés prébendés ?
a écrit le 30/01/2015 à 19:02 :
S'ils en veulent pas , ils peuvent nous le refiler !

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