L'embuscade meurtrière du 18 août en Afghanistan fait toujours polémique

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Alors que l'Assemblée nationale doit voter pour déterminer si la France doit prolonger l'intervention militaire en Afghanistan, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a reconnu ce lundi l'existence d'un "compte rendu" américain sur l'embuscade meurtrière du 18 août en Afghanistan. Ce week end, un journal canadien, le Globe and Mail, avait évoqué un rapport secret de l'Otan soulignant les manques dont auraient souffert les soldats français.

Les circonstances de l'embuscade dans laquelle dix soldats français ont trouvé la mort en Afghanistan le 18 août dernier continuent à faire polémique. Hervé Morin, ministre de la Défense, a reconnu ce lundi 22 septembre sur RTL, qu'il existait "un compte-rendu d'un officier" américain de l'Otan sur l'embuscade meurtrière. Il souligne qu'il ne s'agit pas d'un "rapport" mais d'un "compte-rendu parcellaire effectué à chaud le lendemain ou dans les 48 heures après l'opération, à partir des éléments dont disposait cet officier".

C'est un quotidien canadien, le Globe and Mail, qui a fait état samedi 20 septembre, d'un rapport "secret" de l'Otan, pointant le manque de munitions et d'équipements de communication dont auraient souffert les soldats français. L'Otan et les autorités françaises ont démenti, dimanche 21 septembre, l'existence de tout rapport de l'Alliance sur cette embuscade.

Pour Hervé Morin, la découverte de ce "rapport de l'Otan classé secret" à la veille du débat parlementaire, n'est pas une coïncidence. "Derrière tout cela se joue la faiblesse de l'opinion publique occidentale dans le cadre de l'opération que nous sommes en train de mener. Ce que (les talibans) cherchent, c'est à gagner la bataille de la communication pour qu'un certain nombre de pays flanchent. Par la démission d'un certain nombre de pays, c'est toute la communauté internationale qui est en position de faiblesse".

Au-delà de cet épisode tragique, députés et sénateurs devront décider s'ils sont pour ou contre la prolongation de la présence française en Afghanistan. Réunis ce lundi 22 septembre en session extraordinaire, ils vont déterminer si les militaires français restent là-bas. Ce vote est le résultat de la révision constitutionnelle adoptée le 21 juillet dernier qui permet aux parlementaires de se prononcer sur une intervention militaire à l'étranger lorsque celle-ci excède quatre mois.

François Fillon ouvrira le débat à 15 heures à l'Assemblée. Dans son discours, il devrait parler de la piètre image que la France donnerait d'elle-même si elle annonçait qu'elle plie bagages à la suite de la mort de dix de ses soldats, quelques mois seulement après avoir décidé de renforcer son contingent militaire sur place. Pour l'UMP comme pour Nicolas Sarkozy, il n'est pas question de changer de cap.

Le président de la république a tenu à s'en expliquer dans une lettre adressée aux principaux représentants de l'opposition. "Nous n'avons pas vocation à rester éternellement en Afghanistan. Mais nos responsabilités vis-à-vis de la communauté internationale et du peuple afghan font que nous resterons aussi longtemps que nécessaire". Le parti socialiste a fait savoir qu'il ne s'opposerait pas à l'engagement en Afghanistan, mais il est contre "une stratégie qui mène vers une impasse".

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'affaire d'Afghanistan.
Il est est aisé de critiquer "après" mais il ne faut pas oublier la lourde responsabilité du monde politique dans cette triste affaire. Les voyages et les belles cérémonies ne peuvent masquer la triste réalité. Une guerre coûte chèr, très chèr et si on la fait , il faut savoir engager les moyens pour réussir.
Les drones, nous les avions car les Drac ont été livrés en début de cette année mais pas un seul là-bas. Deux hélicoptères en tout et pour tout à ce moment consacrés à la protection d'une personnalité quelconque. Les canons de 155mm , nos beaux "Césars" ne sont pas faits que pour défiler et servir d'échantillons à l'exportation: en théorie, ils auraient pu protéger nos soldats et avec les drones, assurer une couverture quasi instantanée. Mais bien sûr, il y a les mines et les dangers de la route. Alors, autant rester ici et faire savoir à nos bons amis américains que notre présence ne dépasserait pas l'aimable figuration. Nos hommes politiques devraient avoir le courage de vivre une heure ou deux l'angoisse de l'avant-garde: nos hommes auraient peut-être alors le soutien logistique voulu par la situation.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Si on fait la guerre, il faut la faire à fond et pas uniquement en témoignage de fidélité à nos bons amis mais alliés américains. L'Afghanistan est une affaire diablement sérieuse qui eût mérité plus de préparation: certes "le militaire" doit-il obéir aux "politiques" mais si ces derniers ne sont pas avares de belles cérémonies post-mortem: ce n'est pas cela qu'on leur demande mais bien les moyens pour mener une guerre où ils envoient nos soldats. Les drones, nous en avons ( les Drac) depuis le début de cette année, où étaient-ils. Une couvertture d'artillerie par nos excellents 155mm "César", où étaient-ils ou servent-ils uniquement d'échantillonage pour défilés et vente à l'exportation. Regrettable que nos hommes politiques ne soient pas disposés à s'engager dans une avant-garde, dans un défilé rocailleux. Ils changeraient vite d'avis !
a écrit le 08/10/2009 à 13:54 :
vous perdez votre temps et vos soldats pou rien

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