La bataille de Strasbourg a commencé

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De plus en plus critiqué, le choix de Strasbourg pour accueillir le parlement européen pourrait être remis en cause. Mais seulement en échange d'une contrepartie de taille.

A l'approche des élections européennes du 7 juin, la "guerre du siège" du parlement européen a repris de plus belle. Vieux serpent des mers communautaires, l'abandon de Strasbourg a une nouvelle fois refait surface, alimentant pétitions et crispations. Le mois dernier, les eurodéputés ont adopté un rapport prenant acte du fait que "la pétition sur le siège unique [...] n'a pas encore été entièrement traitée". Cette pétition pro-Bruxelles sur Internet a obtenu plus de 1,2 million de signatures, contre à peine 4.500 pour une autre pro-Strasbourg. Les députés se sont entendus pour que la question soit abordée "en priorité lors de la prochaine législature". Il y a deux semaines, le Bundestag allemand a débattu des résolutions visant à supprimer le siège strasbourgeois.

Le symbole du gaspillage

"Hier, Strasbourg était le symbole de la réconciliation franco-allemande. Aujourd'hui, c'est plutôt le symbole du gaspillage, explique l'eurodéputé libéral Alexander Alvaro. Mais demain, si la France faisait une concession, cela deviendrait le symbole du rapprochement entre l'Europe et le peuple." Ce parlementaire allemand est à la tête d'un groupe d'eurodéputés militant pour un siège unique bruxellois. Fin 2008, il a soumis une déclaration écrite en faveur de Bruxelles à la signature de tous ses collègues. Le texte n'a obtenu le soutien que de 36% de l'hémicycle, alors qu'il faut la majorité pour que l'institution s'en saisisse. Parmi ses plus fidèles appuis?: les Néerlandais, les Irlandais, les Britanniques, les Belges ainsi que les députés des pays scandinaves et baltes.

La meilleure défense restant l'attaque, les maires de Strasbourg et de Kehl ont adressé conjointement à la chancelière, Angela Merkel, une lettre expliquant que la présence à Strasbourg du "pouvoir législatif européen à temps plein marquerait la volonté de fonder une Union européenne originale, moderne et polycentrique".

Isolés au sein de l'Union européenne, les Français se sont longtemps arc-boutés sur les textes officiels qui garantissent la pérennité du statut européen de la capitale alsacienne. Mais ils sont les seuls à appeler le parlement européen "parlement de Strasbourg". Et leur posture est de moins en moins tenable, étant donné les inconvénients en termes de coûts et d'efficacité qu'engendre une institution européenne écartelée entre deux capitales?: même parmi les eurodéputés français les plus réfractaires à toute remise en cause du siège strasbourgeois, certains se disent dorénavant prêts à discuter.

"On pourrait accepter d'en débattre, mais pas avant les européennes", confie l'un d'eux. L'émergence d'une possible contrepartie de taille pourrait faire bouger les lignes. "Strasbourg pourrait devenir à terme la capitale de l'Europe de la défense", murmure-t-on en coulisse.

C'est la première fois qu'est présentée une alternative à la hauteur du symbole et du prestige du parlement européen, ainsi que du volume d'affaires qu'il génère à Strasbourg. Aucune des compensations évoquées jusqu'ici, comme le siège de l'Institut technologique européen, une grande université européenne ou, il y a quelques semaines encore, l'idée d'un musée de l'Europe, n'avait semblé faire le poids.

Un flux d'affaires stable

Aux yeux des eurodéputés français, lâcher du lest publiquement sur Strasbourg a longtemps été considéré comme un "suicide politique".

Mais la perspective d'un troc pour accueillir le siège de l'Europe de la défense change la donne. L'installation d'un véritable quartier général européen offrirait à la ville de Strasbourg un flux d'affaires plus stable que les courtes sessions mensuelles du parlement. Sans compter que ce "QG" donnerait une impulsion déterminante à la concrétisation de l'Europe de la défense, un projet cher à la France.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour

Votre article est à la limite du copier/coller du blog Europe de la Tribune, qui est tenue par des journalistes habitants Bruxelles et qui sont pro Bruxellois :
http://blog.latribune.fr/blogeurope/?p=424

je rprends mes commen
La pétition de Strasbourg est récente, celle de Bruxelles ancienne.
De plus les incertitudes sur l'avenir de la Belgique pousse les Bruxellois à s'intéresser à l'avenir de leur ville. La Belgique est un petit pays donc c'est une grande partie de la population qui a plus l'habitude de se mobiliser pour la ville qui est le centre économique du pays.
Bonjour

C?est une ville qui est le centre politique, administratif et économique d?un pays, elle est capitale de la région bruxelloise, de la région flamande, de la communauté francophone et flamande, siège de l?Otan et un des siège européen. Tous un pays soutien Bruxelles, c?est plus de 10 millions d?habitants, la région Bruxelles capitale c?est plus d?1 million d?habitants. De plus les belges parlent plus de ce sujet que les français, l?Union n?est pas un sujet mal maitrisé en Belgique alors que dans les autres pays on en parle mal ou absolument pas. Et pour cause avec la dislocation du pays, beaucoup de bruxellois pensent que la solution pour l?avenir de la ville passe par un district européen donc forcément ils sont plus impliqués par le sujet. Pour Strasbourg, combien de fois j?ai du expliquer que Strasbourg c?est en France à des français, ou que non ce n?est pas une ville excentrée, c?est à côté de l?Allemagne et pas loin de la Suisse, Strasbourg est dans la dorsale européenne (centre économique de l?Europe).
L?état français aide si mal Strasbourg et l?Alsace en général, le TGV Est n?arrive pas réellement à Strasbourg à la bonne vitesse, c?est la ville et la région qui doit passer à la caisse pour terminer le travail sur la partie alsacienne. Sachant que Bruxelles a eu un TGV pour paris bien avant Strasbourg! Un comble on préfère relier paris à une ville étrangère plutôt que certaines villes ou régions françaises.
Les 200 millions d'euros avancés sont à prouver et concerne Luxembourg aussi.
Bruxelles aura le parlement et après quoi?
Bruxelles veut tous les pouvoirs européen, elle veut-être l'unique capitale de l'Union. Ils vont vouloir un jour transférer le conseil de l'Europe, la cour européenne des droits de l'homme, la cour de justice des communautés européennes?
Il n'y a pas que Strasbourg qui a des institutions, il y a Luxembourg et Francfort.

On parle d'une Université européenne sauf qu'il y a déjà la plus grande Université de France. Une capitale européenne de la défense, peu probable sachant que l'OTAN est à Bruxelles et que la majorité des pays européens refusent l'idée d'armée européenne. Si une Europe de la défense était créer à Strasbourg combien de temps avant que les fonctionnaires européens réclame la totalité à Bruxelles parce que l'OTAN y est déjà.
Les rares pays qui croient à cette armée européenne sont favorables à une armée qui soit entièrement dans l'OTAN.

Toutes les compensations ne pourra pas valoir l'intensité et l'image du parlement, car il attire les étudiants, touristes, investisseurs, grâce au parlement les hôtels sont pleins ainsi que les taxis pendant les sessions. Enfin le siège officiel du parlement européen est à Strasbourg pas à Bruxelles, seuls les sessions extraordinaires et les commissions sont normalement à Bruxelles.
Et les autres institutions seront menacés par la voracité bruxelloise et la paresse des eurocrates à se déplacer. On veut le parlement à Bruxelles, pourquoi pas mais les peuples et les journalistes parlent déjà mal de l'Union, on parle de Bruxelles à propos des mauvaises mesures (Libéralisme sans limites) et une Europe technocratique lointaines des peuples. Bruxelles est le lieu des combats communautaires et de l'échec de la régionalisation, la Flandre se sépare petit à petit de la Wallonie et de Bruxelles et discrimine les francophones dans la banlieue Bruxelloise, qu'elle magnifique exemple pour le reste de l'Europe!

L'Europe démocratique c'est celle de Strasbourg. Pourquoi ne pas transférer le parlement en entier à Strasbourg? Trois capitales, une démocratique et des droits de l'homme (Strasbourg), une judiciaire (Luxembourg), une exécutive et administrative (Bruxelles).
L'Afrique du Sud a bien plusieurs capitales! Pourquoi ne pas essayer de faire une Europe multipolaire et non centralisatrice. Oui à une Europe plurielle!
P.S: Je suis Français et Belge (Bruxellois).
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il n'y a pas d'Europe de la défense...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
il faut dire que le choix de Bruxelles , partagee entre flamands et wallons , comme symbole pour le parlement europeen ............ c est de l humour belge !!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Tout à fait d'accord avec Pierre.
Bruxelles a besoin du Parlement européen pour redorer son blason, cette ville est et sera encore le symbole des dissensions entre flamands et wallons ! Quel symbole pour l'Europe ! Les luxembourgeois soutiennent Strasbourg car tant que Strasbourg tient le choc face à Bruxelles, ils seront à l'abri ; le jour où Strasbourg tombera ce sera leur tour d'être attaqué par la vorace Bruxelles qui n'a que l'ambition de devenir un "Moscou" à l'échelle européenne.
Le seul marché qui pourrait être honnête, c'est d'échanger le parlement contre le siège de l'Otan avec ses millers de fonctionnaires internationaux.
Pour finir, quelle honte pour la France d'avoir négligé notre ville à ce point, si la France avait défendu Strasbourg de la même façon qu'elle a défendu Toulouse pour Airbus et investit autant que dans les infrastructures lyonnaises et lilloises (TGV, Eurotunnel et aéroports), on en serait pas là.

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