Réactions de parlementaires après le discours de Sarkozy

A la sortie, dans la longue Galerie des Bustes aux dalles noires et blanches, les parlementaires sont mitigés, sans surprise. L'UMP Benoist Apparu se réjouit. La socialiste Sandrine Mazetier s'insurge.

Son discours achevé, le président s'en va. "La séance est levée", prononce Bernard Accoyer du haut de son imposant pupitre en chêne. En sa qualité de président de l'Assemblée nationale, c'est lui qui préside le Congrès aujourd'hui. Les applaudissements se taisent, le brouhaha monte, les parlementaires quittent l'hémicycle et les tribunes se vident. D'un geste discret, Carla Bruni emmène sa suite. En habit noir et sabres luisants, les huissiers referment les portes.

Il ne reste bientôt plus qu'une vaste salle muette, imposante, haute de plafond, tendue de rouge et garnies de dorures, dont les fresques aux murs évoquent les Etats-Généraux de 1789. C'est à Versailles qu'est née l'Assemblée nationale ; dans cette pièce chargée de passé, pour la toute première allocution sous la cinquième république d'un président français à son parlement réuni, Nicolas Sarkozy a choisi de parler d'avenir. Quelle sorte de France allons-nous construire après la crise ? Son projet est ambitieux : faire table rase des lourdeurs du passé pour relancer l'économie sur un modèle plus juste, plus tourné vers l'avenir et mieux ancré dans une mondialisation concertée.

A la sortie, dans la longue Galerie des Bustes aux dalles noires et blanches, les parlementaires sont mitigés, sans surprise. "Ce discours a donné des lignes directrices pour les quinze prochaines années, se réjouit Benoist Apparu, député UMP de la Marne. Le président a su éviter le piège de vouloir plaire au sondage en annonçant des mesures instantanées. Les décisions immédiates appartiennent au gouvernement : si les ministres doivent regarder le quotidien, il est important que le président prenne de l'avance en visant le long terme." Avec toutefois quelques précisions sur les sujets d'actualité, dont la réforme territoriale, le Grand Paris et le port du voile.

Ce regard porté au loin ne fait pas l'unanimité. "Tout ce décorum pour un discours aussi creux, c'est vraiment ridicule, déplore Sandrine Mazetier, député socialiste de Paris. Il nous a resservi des idées que sa majorité a déjà rejetées au parlement : par exemple l'interdiction des parachutes dorés, contre lesquels l'opposition a déjà proposé un projet de loi en avril dernier, ou la réforme de l'université, qui est achevée. Ce Congrès a coûté 500.000 euros sans apporter de vraie proposition nouvelle, cela fait cher la conférence de presse".

Sous les grilles du château, quelques manifestants ont planté leurs banderoles. Ils sont moins nombreux qu'en 1789, c'est sûrement bon signe.
 

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Commentaires 2
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Autrefois, sur les marchés, il y avait les bonimenteurs, qui parlaient haut, avec ou sans mégaphone, et cherchaient à attirer la foule, laquelle s'agglutinait bêtement, au sens propre du terme...Les temps ont changé mais les bipèdes sont toujours les...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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oui je suis favorable à l'intervention du président à Versailles

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